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Itinérance à Toronto : une « catastrophe humanitaire », s’inquiète un bénévole

Des personnes rassemblées sur le square Nathan Phillips.

Une centaine de personnes se sont rassemblées mardi en mémoire des itinérants morts en 2021 à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Thilelli Chouikrat

Mardi, des intervenants se sont succédé à la place Nathan Phillips pour citer les noms de personnes sans-abri mortes à Toronto en 2021.

Le réseau Shelter & Housing Justice estime que cette même année, le nombre de victimes mortes dans la rue s'élevait à près de quatre par semaine. L'organisme rappelle que 132 sans-abri sont aussi morts au sein d’un refuge en 2021. La Ville estime que 7347 personnes étaient en situation d’itinérance l'an passé.

La Ville dit qu’elle met des gens à l'abri, mais il y a eu 132 morts! Il devrait y avoir plusieurs enquêtes menées là-dessus, s’exclame le porte-parole de la Coalition interconfessionnelle pour lutter contre l'itinérance, Rafi Aaron.

« Je suis bénévole depuis 14 ans, mais (...) je n’avais jamais vu autant de souffrance et de morts »

— Une citation de  Rafi Aaron, porte-parole de la Coalition interconfessionnelle pour lutter contre l'itinérance

Le bénévole rappelle que Toronto compte pourtant de nombreux bâtiments inoccupés.

C’est une crise humanitaire, et la Ville n’est plus en mesure d’y répondre, estime-t-il. Selon lui, elle ne pourra pas non plus fournir une réponse rapide aux besoins des refuges. Il donne l’exemple des masques N95, que viennent à peine de recevoir certaines des structures d’accueil, selon lui.

Intervention du gouvernement fédéral

La Coalition et 85 autres signataires, parmi lesquels des organismes communautaires et des congrégations religieuses, demandent à la Ville de faire appel au gouvernement fédéral et à la Croix-Rouge pour prendre des mesures d’urgence.

Ils ont adressé cette requête en janvier dans une lettre ouverte au maire de Toronto, au chef des pompiers de la Ville, et à la médecin hygiéniste en chef de Toronto.

Ils y déplorent notamment le fort taux d’occupation des refuges, qui s’élevait à 98,5 % en date du 14 février.

Ils souhaitent qu’Ottawa intervienne pour l’ouverture en urgence de 2000 lits d’hébergement et de quatre centres de réchauffement.

Ils demandent également au gouvernement fédéral de recruter du personnel qualifié pour remplacer les travailleurs du secteur en isolement.

Le système ne peut pas dépendre des travailleurs intérimaires, des étudiants et d'autres personnes qui n'ont aucune expérience avec notre communauté, indique la missive.

Les élus ne vont pas sur le terrain

Le maire, les élus sont déconnectés de la réalité [...] Le problème, c’est qu’ils ne vont pas sur le terrain, déplore Rafi Aaron.

Monica Forrester, qui travaille auprès de personnes en situation d’itinérance, s’est également rendue sur la place Nathan Phillips. Elle qui a connu l'itinérance souhaite que le personnel d’intervention soit mieux formé aux dangers auxquels font face certains sans-abri, comme les risques de surdose.

Les surdoses mortelles ont en effet fortement augmenté, passant d'environ une par mois en 2018 à cinq par mois en 2021, selon la Ville.

Selon Mme Forrester, l’isolement entraîné par les mesures sanitaires contre la COVID-19 expose également davantage les résidents des refuges aux surdoses.

La lettre adressée au maire de Toronto demande par ailleurs que le personnel des refuges soit davantage formé à la prévention de ces surdoses, notamment via l’apprentissage de la réanimation cardiopulmonaire.

Alexa Gilmour, de face, au square Nathan Phillips.

Alexa Gilmour, pasteure et bénévole

Photo : Radio-Canada / Thilelli Chouikrat

Alexa Gilmour, pasteure et bénévole depuis 10 ans pour la cause des sans-abri, souhaite elle aussi que davantage de travailleurs communautaires soient recrutés. Les travailleurs de première ligne sont brûlés, explique-t-elle.

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