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Jeux vidéo : des afro-descendants réclament des avatars qui leur ressemblent

Deux adolescents posent pour la photo. Aaron porte une chemise  à pois. Andy porte une paire de lunettes et un t-shirt de la marque Puma.

Ange Aaron Tiao est en 6e année et Andy Cyril Louis est en 7e année.

Photo : Valérie Sermé; Farah Adrien

Des amateurs de jeux vidéo afro-descendants aimeraient une plus grande présence de la diversité dans les jeux. Ils souhaitent notamment avoir accès à plus d’éléments visuels leur permettant de personnaliser les protagonistes noirs, qui sont, pour l’instant, généralement limités à certains stéréotypes ou clichés.

Andy Cyril Louis a 12 ans et vit à Wendover, dans les Comtés unis de Prescott et Russell. Il essaie toujours de personnaliser son avatar afin qu’il lui ressemble le plus possible.

Je veux choisir des cheveux crépus, mais il n'y en a pas. C’est souvent des cheveux curly [bouclés].

L’adolescent croit que les compagnies devraient faire plus d’efforts pour la représentativité des personnages de la communauté afro-descendante. Ils mettent très peu de détails. C’est vraiment seulement la couleur de peau qu’ils font, dit-il.

« Je trouve qu’il n’y a pas assez de choix. Le nez, le visage, ça a toujours l'air de la même chose [...] C’est mieux de se voir dans un jeu. »

— Une citation de  Andy Cyril Louis, Wendover

Carl-Edwin Michel, président de Northern Arena, a aussi remarqué ce manque de représentativité dans les personnages de jeux vidéo.

Il déplore les stéréotypes qui peuvent y être associés. Malheureusement, souvent on tombe dans le cliché, dit-il. Je ne dis pas que c’est pour tout, mais en majorité c’est comme ça, reconnaît-il.

Portrait d'un homme avec des lunettes et une chemise bleue sur un fond noir qui sourit.

Le fondateur des Canadian Game Awards et de Northern Arena, Carl-Edwin Michel.

Photo : ILICH MEJIA

« Je donne l’exemple du choix des cheveux. On a deux ou trois options. Puis le reste, ce sont des cheveux de Blancs qui [peuvent être] mis de couleur noire que le joueur place sur son personnage noir. »

— Une citation de  Carl-Edwin Michel, président de Northern Arena

Ange Aaron Tiao, un jeune Torontois de 11 ans, joue aux jeux vidéo depuis 5 ans. Il souhaite que les créateurs de jeux vidéo dépassent les caractéristiques physiques des personnages en incluant davantage d’éléments culturels. La musique, les danses, etc., énumère-t-il.

Né au Burkina Faso, ce jeune amateur de jeux vidéo souhaite pouvoir profiter de jeux qui mettent de l’avant la culture africaine.

Vers une progression de représentation de la diversité afro-descendante

De son côté, Daniel Otero-Soca, amateur de jeux vidéo depuis 10 ans, a récemment commencé à travailler dans l’industrie auprès d’un développeur local. Il dit avoir remarqué certaines avancées au niveau de la représentativité des personnages virtuels PANDC (personnes autochtones noires et de couleur). Vous pouvez vraiment voir que les développeurs font des efforts. Il y a des jeux avec plus d’options pour les vêtements, la peau ou les cheveux, pense le jeune homme de 18 ans.

Il croit toutefois que certains jeux qui permettent de personnaliser les personnages devraient avoir plus de fonctionnalités, même s’il est difficile de satisfaire tout le monde.

« Dans les jeux, on peut voir que les personnes de couleur sont de plus en plus représentées de nos jours, avec des accessoires inspirés des personnes que l'on voit dans la vie réelle et dans les films. »

— Une citation de  Daniel Otero-Soca, Toronto

En réponse au besoin de représentation positive de la diversité dans les jeux vidéo, Ubisoft Canada lancera cette année Roller Champions, un jeu vidéo dont la bande-annonce met de l’avant un personnage de la communauté PANDC. La compagnie souhaite donner l’exemple en matière de diversité et d’inclusion.

L’inclusion et la diversité font partie des objectifs de l'entreprise, assure le responsable des relations publiques à Ubisoft Montréal Antoine Leduc-Labelle : Nous avons de plus en plus de gens issus de la diversité qui changent la donne au sein de nos équipes, note-t-il.

Au sujet de la représentativité des personnes noires au sein de la compagnie, le gestionnaire croit qu’il est important de toujours se demander si l’on ne peut pas encore aller plus loin pour être un vecteur de changements.

Carl-Edwin Michel croit qu'il faut miser sur la formation et l'inclusion afin qu’il y ait une plus importante représentation de personnages de la diversité afro-descendante.

Il faut s’assurer que des gens de différentes communautés aient l’opportunité d’apprendre et d’être au courant que c’est une industrie où ils peuvent œuvrer.

Il souligne la méconnaissance ou les idées préconçues de certains membres des communautés culturelles face à l’industrie des jeux vidéo. Travailler dans l'industrie des jeux vidéo, ce n’est peut-être pas la chose la plus connue ou la plus poussée dans les familles.

« Une jeune peut dire à ses parents qu’il va travailler dans l’industrie du jeu vidéo et se faire dire : "Trouve-toi une vraie job." »

— Une citation de  Carl-Edwin Michel, président de Northern Arena

Il croit aussi qu’à défaut d’être représentés parmi les créateurs des jeux vidéo, les jeunes des communautés afro-descendantes n’arrivent pas à s’identifier autrement qu'en consommateurs plutôt qu'en développeurs de jeux vidéo.

« Dans le monde des jeux vidéo, les créateurs sont presque des rock stars. On les met de l’avant. Et souvent, ce qu’on voit, ce sont des hommes blancs. Si le jeune [Noir] ne se voit pas, il ne va pas avoir tendance à penser que c’est un milieu pour lui. »

— Une citation de  Carl-Edwin Michel, président de Northern Arena

Pour pallier ce problème au sein de l'entreprise qu’il préside, Carl-Edwin Michel offre des ateliers pour informer les jeunes afro-descendants des opportunités de carrière dans l’industrie vidéoludique.

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