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Le Nouveau-Brunswick annonce un surplus budgétaire de 487,8 M$

Ernie Steeves donne une conférence de presse.

Le ministre des Finances, Ernie Steeves, a présenté mardi une mise à jour des résultats financiers comprenant un surplus de 487,8 millions de dollars (archives).

Photo : CBC/Mike Heenan

Radio-Canada

Le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Ernie Steeves, a présenté mardi les résultats financiers du troisième trimestre de 2021-2022, qui montrent un surplus budgétaire considérable.

Pour le troisième trimestre 2021-2022, nous affichons un excédent de 487,8 millions de dollars, a annoncé le ministre Steeves durant une conférence de presse donnée en ligne.

Le budget prévoyait un déficit de 244,8 millions de dollars. Le ministre attribue ce revirement à une augmentation sans précédent des recettes fiscales.

Cela est attribuable aux transferts uniques du gouvernement fédéral, aux mesures de soutien sans précédent du gouvernement fédéral pour aider les gens et les entreprises, ainsi qu’aux économies qui rebondissent plus rapidement que prévu à la suite de la pandémie, explique Ernie Steeves.

L'augmentation plus importante que prévu des revenus est attribuable à une hausse de 715,1 millions de dollars en recettes du gouvernement du Nouveau-Brunswick, ainsi qu'à une hausse de 126,8 millions de dollars en transferts fédéraux.

L'édifice de l'Assemblée législative.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick prévoit un surplus budgétaire pour 2021-2022 de 487,8 millions de dollars, une différence de 632,6 millions de dollars par rapport à ce qui était prévu dans le dernier budget.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Parmi les augmentations de recettes du gouvernement provincial, on compte une hausse des revenus tirés de la taxe de vente harmonisée de 293,8 millions de dollars, une hausse de 193 millions en ce qui a trait au revenu des particuliers, et une hausse de 160,6 millions en ce qui a trait au revenu des sociétés.

Pour ce qui est des transferts fédéraux, l'essentiel de la hausse est attribuable à un financement unique en lien avec la COVID-19, ainsi qu'à une augmentation des transferts en santé et en services sociaux.

Le ministre reste prudent

Le ministre Steeves prévient les contribuables que plus de la moitié de la hausse des revenus est de source non récurrente. Au fur et à mesure que l’année a avancé, nous avons intégré des estimations fédérales officielles qui auront une grande portée aux deuxième et troisième trimestres. C’est ce qui a conduit à la forte augmentation des revenus, a-t-il indiqué.

Il a rappelé qu’il ne faut pas s’attendre à de telles mesures de soutien du gouvernement fédéral dans les prochaines années. Il prévoit que la COVID-19 va continuer d’influencer les dépenses alors que les niveaux d'endettement et d’imposition demeurent élevés. C’est pourquoi son gouvernement veut gérer les finances publiques de façon responsable, a-t-il expliqué.

Une clinique de vaccination au Nouveau-Brunswick.

Malgré la pandémie, le gouvernement du Nouveau-Brunswick se dirige vers un nouveau surplus record.

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

La province a dépensé 25 millions de dollars de moins en Santé, en partie parce ce que le lancement de certains programmes a été reporté en raison de la COVID-19.

Fredericton a aussi dépensé 40 millions de moins pour le ministère du Développement social, en partie parce que l'aide fédérale liée à la COVID-19 a permis à la province de dépenser moins en aide sociale.

Le gouvernement Higgs compte dépenser 99,4 millions de dollars de plus qu’il le prévoyait dans son budget en raison des conventions collectives récemment conclues avec ses employés.

Le ministre Steeves prévoit que la dette publique sera de 13 milliards de dollars, ce qui est une amélioration de 470,9 millions de dollars d’une année à l’autre.

L'opposition réclame des investissements dans les services publics

Le député libéral Rob McKee estime que Fredericton devrait profiter des importants surplus budgétaires pour venir en aide à ceux qui en ont besoin.

Les Néo-Brunswickois sont en difficulté présentement pour s’en sortir. On a besoin d’un gouvernement qui a de la compassion, une conscience sociale pour aider les Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises, dit-il.

Rob McKee donne un point de presse

Le député libéral de Moncton Centre, Rob McKee, estime que le gouvernement conservateur du Nouveau-Brunswick pourrait investir davantage en santé.

Photo : CBC

Selon Rob McKee, le gouvernement en fait trop peu pour soutenir les PME et le secteur culturel, durement touchés par les conséquences de la COVID-19. Il souligne aussi l’importance d’investir davantage en santé et en santé mentale, ainsi que dans le logement.

Kevin Arseneau répond à des questions dans un couloir de l'Assemblée législative.

Kevin Arseneau, député du Parti vert de Kent-Nord, presse Fredericton de se servir des surplus pour investir dans les services publics.

Photo : CBC / Jacques Poitras

Pour sa part, le député du Parti vert Kevin Arseneau dit que le gouvernement devrait investir davantage dans les services publics, sous-financés selon lui depuis quarante ans, ainsi que dans les priorités des citoyens.

C’est le temps que le gouvernement fasse preuve d’une solidarité avec les citoyens et les citoyennes après deux ans de demander la solidarité des gens face à la pandémie, de démontrer une preuve de solidarité en investissant de façon importante dans les grandes luttes de notre époque, dont les changements climatiques et dans nos services publics, affirme Kevin Arseneau.

Des erreurs de prévision importantes

L’économiste et expert en politiques publiques Richard Saillant estime que le gouvernement provincial n’a pas tenu compte, en début d’année, des prévisions de croissance du PIB, lorsqu’il a présenté un budget déficitaire.

Cela est survenu en pleine année de négociation de conventions collectives. Une fois ces conventions signées, le gouvernement a ajusté ses estimations à la hausse.

On est arrivés à une entente de principe avec le SCFP et puis après ça on a trouvé 600 millions de dollars supplémentaires sous notre oreiller, c’est 10 % des recettes autonomes du gouvernement à l’intérieur de quelques mois que soudainement on a découvert sous notre oreiller, dit Richard Saillant.

« Le festival des erreurs de prévision se poursuit. »

— Une citation de  Richard Saillant, économiste et expert en politiques publiques
Richard Saillant, devant sa bibliothèque.

Richard Saillant, économiste et expert en politiques publiques, dit que le gouvernement provincial disposait dès le printemps de tous les éléments pour mieux évaluer le réel état des finances publiques.

Photo : Radio-Canada

Selon Richard Saillant, l’erreur de calcul majeure du ministre des Finances serait attribuable soit à une décision de ne pas révéler l’état réel des finances publiques, soit à une méthode de calcul erronée.

N’importe quel économiste chevronné aurait pu prévoir que les recettes allaient augmenter en fonction de l’économie, qui cette année est exceptionnellement en croissance, parce qu’elle reprend du galon, mais aussi parce qu’on a eu une forte inflation, lance Richard Saillant.

Selon lui, ce type d’erreur est grave, surtout lorsqu’il s’agit de décider à quoi serviront les surplus. Le gouvernement, visiblement, décide de sous-estimer ses recettes, de façon à éviter que l’on ait des débats sur comment faire usage des recettes qu’on a en tant que société.

Avec les renseignements de Pierre Philippe LeBlanc, Michel Corriveau et Alix Villeneuve

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