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Heather Stefanson s’oppose à la Loi sur les mesures d’urgence pour le Manitoba

La première ministre du Manitoba, Heather Stefanson, parle aux journalistes lors du discours du Trône, le 23 novembre 2021.

La première ministre du Manitoba, Heather Stefanson, juge que la Loi sur les mesures d'urgence est inutile pour le Manitoba.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

La première ministre du Manitoba juge que la Loi sur les mesures d’urgence invoquée par le gouvernement fédéral est « inutile » pour la province.

Je ne suis pas pour l'application [de cette loi], a déclaré la première ministre lors d’une conférence de presse lundi après-midi.

La situation à Winnipeg est radicalement différente de celle à Ottawa. La situation à la frontière près d’Emerson est très différente de celle de Windsor, a-t-elle ajouté.

Inquiétudes concernant les conséquences de cette loi

Heather Stefanson a dit que cette loi fédérale, qui est invoquée pour la première fois au Canada, est très très sérieuse.

Elle a dit qu'elle était inquiète au sujet des répercussions que pourrait avoir son application au Manitoba. À mon avis, les effets importants et les signaux associés à la Loi sur les mesures d'urgence, jamais utilisée auparavant, ne sont pas constructifs au Manitoba. Nous pouvons gérer la situation avec nos propres lois.

Même avis du côté des forces policières provinciales, si l’on en croit la première ministre. Heather Stefanson a affirmé que la police de Winnipeg et la Gendarmerie royale du Canada (GRC), engagées dans les négociations avec les manifestants, lui ont dit à plusieurs reprises qu’elles pensaient être en mesure de faire leur travail actuel avec les outils dont dispose la province et que l’utilisation de la Loi sur les mesures d’urgence n’est pas nécessaire.

La GRC et la police de Winnipeg ont des discussions avec les manifestants et j’espère que la Loi sur les mesures d’urgence n’enflammera pas la situation, a-t-elle ajouté.

Les blocages se poursuivent sur l’autoroute 75

Parallèlement, les blocages se poursuivaient lundi au Manitoba, aussi bien près de la frontière canado-américaine vers Emerson que dans le centre-ville de la capitale manitobaine, devant le Palais législatif.

La GRC a affirmé être en discussion avec les organisateurs du blocage de l’autoroute 75 afin qu’une voie de circulation soit ouverte pour permettre aux véhicules de traverser la frontière canado-américaine.

L’accès au poste frontalier d’Emerson est bloqué depuis jeudi matin. Des manifestants ont installé des camions et du matériel agricole pour fermer les quatre voies de circulation dans les deux sens, à environ 2 km au nord de la frontière.

Ils voulaient ainsi apporter leur soutien aux manifestations à Ottawa et ailleurs au pays contre les restrictions sanitaires et les obligations vaccinales contre la COVID-19.

La ministre fédérale des Finances, Chrystia Freeland, a estimé lundi après-midi en conférence de presse à Ottawa qu'environ 73 millions de dollars de marchandises par jour ont été touchés par ce barrage.

La GRC estimait qu’environ 75 véhicules bloquaient le passage ce week-end. Les policiers n’ont procédé à aucune arrestation et n’ont pas donné d'amende.

Le gouverneur de l'État du Dakota du Nord, Doug Burgum, a réitéré l'engagement de son administration à assurer la libre circulation et sans entrave des personnes, des biens et des services à la frontière canado-américaine, ce qui est essentiel pour le Dakota du Nord, selon un courriel envoyé à Radio-Canada par son parole-parole.

Une réponse totalement inacceptable , selon Dougald Lamont

Le poste frontalier d’Emerson est l’un des plus fréquentés entre Windsor et Vancouver et est pris en otage, a déclaré le chef du Parti libéral du Manitoba, Dougald Lamont, en réaction aux déclarations de Heather Stefanson.

Il a estimé qu’il était totalement inacceptable que la première ministre et le ministre de la Justice, Kelvin Goertzen, refusent de faire appliquer la loi et de chasser les manifestants.

La province pourrait facilement faire ce que le gouvernement de l'Ontario a fait à Windsor plutôt que de fermer les yeux sur les personnes qui mettent la vie d'autres personnes en danger, a-t-il dit, ajoutant qu'il ne s'agit pas d'une manifestation légale lorsque des personnes sont empêchées d'exercer des activités légales.

À Winnipeg, la manifestation s'essouffle

À Winnipeg, de nombreux manifestants ont quitté le terrain du Palais législatif, ont affirmé les organisateurs du mouvement dans une lettre lundi. Les protestataires campent devant le cœur du pouvoir provincial depuis plus d’une semaine.

À la suite des annonces du gouvernement provincial de vendredi, selon lesquelles la province va lever peu à peu totalement les restrictions d’ici le 15 mars, le Palais législatif n’est plus l’endroit approprié pour se faire entendre, ont-ils écrit.

Cependant, certains manifestants ne comptent pas partir. À l’heure actuelle, un certain nombre de chauffeurs routiers qui font des longues distances prévoient de rester devant le Palais législatif tout en réduisant les nuisances subies par les habitants du secteur. L’équipe chargée de l'organisation de cette manifestation va changer, ont-ils ajouté.

La lettre ne précise cependant pas combien de personnes comptent rester dans le centre-ville de Winnipeg ni les nouveaux responsables du mouvement.

La police de Winnipeg n’a pas indiqué si des amendes avaient été remises aux manifestants jusqu’à présent.

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