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Plusieurs provinces disent non à la Loi sur les mesures d’urgence

Les gouvernements du Québec, du Manitoba, de la Saskatchewan et du Nouveau-Brunswick estiment que son recours n'est pas justifié, contrairement à ceux de l'Ontario et de la Colombie-Britannique.

Des manifestants sur une autoroute bloquée menant vers Toronto.

Le pont Ambassador, l'un des principaux axes de circulation de l'Ontario a été bloqué pendant plusieurs jours par des manifestants contre les mesures sanitaires.

Photo : La Presse canadienne / Aaron Lynett

Radio-Canada

Les dirigeants de plusieurs provinces ont exprimé lundi leur opposition au recours à la Loi sur les mesures d'urgence, préconisé par le premier ministre fédéral Justin Trudeau pour mettre fin aux blocages qui persistent dans différentes villes.

En conférence de presse avant une discussion téléphonique avec ses homologues fédéral et provinciaux, le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, avait dit ne pas savoir ce que M. Trudeau allait y proposer, mais s'était montré intéressé par une intervention accrue d'Ottawa.

« Je vais soutenir le gouvernement fédéral et toutes ses propositions pour ramener la loi et l’ordre dans notre province, pour stabiliser nos entreprises et nos liens commerciaux avec le monde. »

— Une citation de  Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

Mais le premier ministre du Québec, François Legault, s'est opposé catégoriquement à l'application dans sa province de la Loi sur les mesures d'urgence qu'a mise de l'avant Justin Trudeau lors de leur conférence téléphonique.

Après 18 jours de siège à Ottawa, le gouvernement Trudeau invoque la Loi sur les mesures d'urgence. Il ne veut pas appeler l'armée en renfort, mais souhaite donner plus de pouvoirs aux policiers. Le point avec Christian Noël.

Un tel choix risquerait de mettre de l'huile sur le feu, alors que les services de police maîtrisent la situation au Québec, a affirmé M. Legault, en point de presse, sans attendre que M. Trudeau fasse sa propre annonce.

« Comme premier ministre du Québec, j'ai été très clair avec M. Trudeau : on ne veut pas d'une Loi des mesures d'urgence fédérale au Québec. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

De l'avis de M. Legault, il revient aux provinces de décider de l'application de cette loi sur leur territoire : Ça devrait être seulement dans les provinces où les premiers ministres le souhaitent.

Le premier ministre caquiste a reconnu qu'il ne peut pas empêcher Ottawa d'imposer la Loi sur les urgences au Québec, mais il a ajouté qu'il s'agirait là d'une décision politique.

François Legault.

François Legault, premier ministre du Québec (archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Toutefois, M. Legault a dit croire aux efforts du gouvernement fédéral pour mettre fin aux blocages qui ressemblent plutôt à des sièges.

Je comprends qu'il y a un problème particulier en Ontario, en particulier à Ottawa, et on est bien prêts à supporter ce qui est nécessaire d'être fait par le gouvernement de l'Ontario et le gouvernement fédéral, et évidemment aussi le gouvernement municipal de la Ville d'Ottawa, a-t-il dit.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a fait écho aux propos de François Legault.

Il a affirmé dans un communiqué, tout juste avant la déclaration de M. Trudeau, que le gouvernement fédéral doit obtenir l’accord explicite des provinces et du Québec avant d'imposer une telle loi.

« Le Bloc québécois est réfractaire à l’extrême à l’idée que des soldats armés foulent le sol québécois, surtout dans la mesure où le Québec semble mieux contrôler la situation. »

— Une citation de  Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a abondé dans le même sens que son homologue québécois. Il a jugé inopportune l’invocation de la Loi sur les mesures d'urgence, d’autant plus que la fin de la pandémie est en vue, d'après lui.

« Je ne crois pas que ce soit nécessaire d’invoquer des mesures supplémentaires à ce moment-ci. »

— Une citation de  Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick

Le premier ministre albertain, Jason Kenney, a lui aussi rejeté le recours aux mesures d’urgence, en arguant sur Twitter que son gouvernement dispose des outils juridiques et des ressources opérationnelles nécessaires pour maintenir l’ordre sur son territoire.

« L’application de la Loi fédérale sur les mesures d’urgence aggrave une situation déjà tendue. »

— Une citation de  Jason Kenney, premier ministre de l'Alberta
Jason Kenney parle dans un micro.

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney (archives)

Photo : La Presse canadienne / Larry MacDougal

Son homologue de la Saskatchewan, Scott Moe, a utilisé le même canal social pour dire que son gouvernement n'appuiera pas le fédéral, même si les blocages sont illégaux.

L’application de la Loi sur les mesures d'urgence ne se justifie pas, parce que la police dispose déjà d’outils suffisants pour faire respecter la loi et lever les barrages, comme elle l’a fait en fin de semaine à Windsor, a-t-il fait valoir.

« Si le gouvernement fédéral va de l'avant avec cette mesure, j'espère qu'elle ne sera invoquée que dans les provinces qui la réclament, comme la loi le permet. »

— Une citation de  Scott Moe, premier ministre de la Saskatchewan

La première ministre manitobaine, Heather Stefanson, a elle aussi fait savoir, par communiqué, qu'elle n'est pas du tout convaincue que la Loi sur les mesures d'urgence devrait être appliquée dans sa province, où la situation est maîtrisée par les forces de l'ordre.

Nous pouvons gérer la situation avec nos propres lois, a-t-elle affirmé. Elle a ajouté que les services de la police et de la justice travaillent en étroite collaboration et fournissent des conseils à son gouvernement.

« La situation de Winnipeg est radicalement différente de celle d'Ottawa. La situation à la frontière d'Emerson est aussi très différente de celle à Windsor. »

— Une citation de  Heather Stefanson, première ministre du Manitoba

En Colombie-Britannique, c'est un autre son de cloche qui s'est fait entendre : le ministre de la Sécurité publique de la province, Mike Farnworth, a appuyé le recours à la Loi sur les mesures d'urgence.

Le ministre de la Sécurité publique, Mike Farnworth, debout devant des microphones lors d'une mise à jour des inondations en Colombie-Britannique, le 28 novembre 2021.

Le ministre de la Sécurité publique, Mike Farnworth (archives)

Photo : Radio-Canada

D'après M. Farnworth, les manifestants contre les restrictions sanitaires tiennent l’Ontario et le reste du pays en otages économiques.

Le point de vue de la Colombie-Britannique, c’est que, si le gouvernement fédéral croit qu’il a besoin de pouvoirs d’urgence pour gérer la situation […] nous soutenons les mesures qu'il estime devoir mettre en oeuvre pour faire face à la situation dans l'Est, a-t-il dit.

Avec des informations de La Presse canadienne

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