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Manifestations à Ottawa : une vitrine pour les groupes présents, explique un expert

Le drapeau d'un groupe de contestation.

Les membres des Farfadass, un groupe de contestation, sont présents et actifs sur la colline de Parlement, depuis le début des manifestations contre les mesures sanitaires.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le mouvement de protestation contre les mesures sanitaires qui paralyse le centre-ville d’Ottawa attire l’attention de partout au pays et même à l’international. Pour les groupes ou mouvements qui protestent devant la colline du Parlement, la fenêtre d’opportunité pour se faire connaître est sans précédent.

Plus de deux semaines après le début de la manifestation dans la capitale fédérale, le chef du mouvement de contestation les Farfadaas, Steeve Charland, dit avoir de bonnes raisons de se réjouir.

C’est devenu un mouvement grandiose, ça a éclaté de nouveau depuis qu’on est ici, a-t-il dit, alors qu’il accordait une entrevue à la caméra de Radio-Canada.

Un homme accorde une entrevue à l'extérieur, lors d'une manifestation.

Le porte-parole du mouvement de contestation les Farfadaas, Steeve Charland.

Photo : Radio-Canada

Selon le leader, son groupe est devenu si populaire qu’il serait en train de s’étendre jusqu’en France.

Si ces propos sont un peu exagérés, il y a toutefois un fond de vérité, croit Martin Geoffroy, directeur du Centre d'expertise et de formation sur les intégrismes religieux, les idéologies politiques et la radicalisation (CEFIR).

Un homme accorde une entrevue par visioconférence.

Martin Geoffroy, directeur du Centre d'expertise et de formation sur les intégrismes religieux, les idéologies politiques et la radicalisation (CEFIR).

Photo : Radio-Canada

Tous les groupes qui sont à Ottawa en ce moment, y compris les Farfadaas, bénéficient d’une fenêtre incroyable au niveau de la publicité que ça leur donne. [...] Ça va entraîner du recrutement parce que sur le plan symbolique, c’est une victoire de groupes marginaux d'extrême droite, dit l’expert.

De 2010 à 2020, les événements liés à l'extrême droite ont augmenté de façon significative au Québec et la pensée complotiste s’est développée pendant la pandémie, explique le directeur du CEFIR.

Ce que nous avons à Ottawa, c’est une collection de groupes. Ils sont capables d’aller recruter des gens dans de nouvelles franges de la population. Mais strictement des franges de la population qui ont cette pensée complotiste avec lesquelles ils peuvent connecter, poursuit M. Geoffroy.

Ce dernier ajoute qu'il n'a pas de mal à croire que les Farfadaas ont pu augmenter un peu leurs rangs. Sauf qu'il se demande combien de temps ça va durer une fois que la pandémie va être terminée et que tout sera redevenu à la normale.

En matière de politique, les partis de droite comme le Parti populaire du Canada et le Parti Maverick profitent aussi de cette fenêtre d'opportunité.

Lorsqu’on parlait de liberté il y a deux ans, les médias traditionnels nous dénigraient, a rappelé Maxime Bernier, le chef du Parti populaire du Canada, qui est allé à la rencontre des manifestants contre les mesures sanitaires lors de la troisième fin de semaine de protestation à Ottawa.

Un homme serre la main à un autre, dans une foule.

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, était présent à Ottawa lors du troisième week-end de manifestation contre les mesures sanitaires.

Photo : Radio-Canada

Sous un chapiteau aux couleurs de sa formation politique, M. Bernier a servi des crêpes aux gens présents dans la foule.

Selon Martin Geoffroy, directeur du Centre d'expertise et de formation sur les intégrismes religieux, les idéologies politiques et la radicalisation (CEFIR), ce genre de sortie peut se traduire par une petite victoire en termes de capital politique, financier et symbolique.

Avec les informations de Catherine Morasse.

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