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Des contre-manifestants tentent de bloquer les camionneurs à Ottawa

« Notre ville a été complètement abandonnée », affirme un contre-manifestant.

Des gens manifestent dans la rue.

Dimanche matin, au jour 17 des protestations contre les mesures sanitaires à Ottawa, plusieurs contre-manifestants se sont réunis afin de bloquer un convoi de manifestants.

Photo : Héloïse Rodriguez-Qizilbash

Radio-Canada

Alors que la manifestation en cours contre les mesures de santé publique liées à la COVID-19 en est à sa troisième fin de semaine, des résidents d'Ottawa sont de plus en plus nombreux à s'organiser pour s'y opposer.

Dimanche matin, plusieurs contre-manifestants se sont réunis aux coins de la rue Bank et de la promenade Riverside et à l'intersection des rues Bronson et Fifth, afin de bloquer un convoi de manifestants.

Ils sont restés sur place toute la journée, si bien que des gens du convoi sont restés coincés dans leur camion de longues heures.

Un résident se tient debout devant un camion, au milieu de la rue.

Un convoi de manifestants aux mesures sanitaires qui se dirigeait en direction du centre-ville a été bloqué, dimanche, par des résidents exténués par les protestations qui durent depuis plus de deux semaines, dans la capitale fédérale.

Photo : Radio-Canada

On sent vraiment que nos élus nous ont abandonnés. Nous ne sommes pas en sécurité au centre-ville. Il n’y a personne qui nous garde en sécurité et la communauté a senti le besoin de manifester pour dire : on veut se sentir en sécurité chez nous, a déclaré Omar Bugan, un résident d’Ottawa qui a pris part à la contre-manifestation.

« Je suis tanné de la pandémie personnellement. Je n’aime pas les confinements, je n’aime pas les écoles fermées, je n’aime pas porter un masque, mais ce n’est pas en harcelant les gens du centre-ville d’Ottawa qu’on va arriver à des solutions »

— Une citation de  Omar Bugan, un résident d’Ottawa.

Ce que disaient les participants à ce blocage, c’est qu’ils voulaient reprendre le contrôle de leur ville et qu'ils n’étaient pas satisfaits du travail des policiers, ce qui les a poussés à agir par eux-mêmes.

Des gens manifestent dans la rue.

Des résidents d'Ottawa sont de plus en plus nombreux à s'organiser afin de mettre un terme aux manifestations contre les mesures sanitaires qui paralysent le centre-ville. Dimanche, au jour 17 des protestations, des résidents ont tenté de bloquer la route à des convois venus manifester.

Photo : Héloïse Rodriguez-Qizilbash

Une démarche pacifique, a gazouillé le député provincial néo-démocrate d'Ottawa-Centre, Joel Harden, qui s'est mêlé aux contre-manifestants.

En entrevue avec Radio-Canada, l’élu estime que la police ne fait presque rien pour régler la situation.

Le chef de la police, M. Sloly, dit : "On est là [...], on est présent". Mais franchement, on ne voit rien! [...] Il y a des gens qui sont dans un hot tub sur la colline du Parlement, des gens qui pensent que la ville d’Ottawa, c’est un party pour eux. Mais nous, nous sommes frustrés. Il y a des gens d’ici qui vivent dans un contexte dangereux au centre-ville. Donc, ce matin, on dit : "C’est fini". Oui, vous avez des points de vue, vous avez des plaintes, c’est dur la pandémie, c’est dur la COVID, mais il n’y a aucune raison de rester ici pour deux semaines et de harceler les résidents d’Ottawa. C’est le temps de quitter la ville d’Ottawa maintenant, a demandé M. Harden.

« Deux semaines, c’est trop! »

— Une citation de  Joel Harden, député provincial d’Ottawa-Centre

Interrogé sur la nécessité d'une éventuelle démission du chef du Service de police d'Ottawa (SPO), Peter Sloly, le député néo-démocrate préfère que l'attention soit portée à mettre fin à la situation actuelle.

Est-ce qu’on a des questions sérieuses pour M. Sloly? Oui! Mais pour moi, ce n’est pas le focus, ce matin. Le focus, c’est d'arrêter le convoi.

Une pétition en ligne circule depuis environ une semaine pour demander la démission de M. Sloly et celle du maire de la Ville, Jim Watson. Elle a recueilli près de 4800 signatures, à ce jour.

Une fin de semaine de contre-manifestation

Samedi, ce sont environ 500 personnes qui se sont rassemblées, au parc Lansdowne, à moins de cinq kilomètres de la colline du Parlement, pour manifester contre les centaines de camions et autres véhicules qui sont installés au centre-ville depuis le 28 janvier.

La fin de semaine dernière déjà, un rassemblement similaire, bien plus petit, a eu lieu à l'hôtel de ville d'Ottawa.

Nous devions faire quelque chose pour montrer que nous ne sommes pas contents de la situation actuelle et de la façon dont notre ville a été complètement abandonnée par la police, l'administration municipale et la province. C'est choquant, a lancé l'un des contre-manifestants, Greg Morrow.

Résident de longue date d'Ottawa, M. Morrow rappelle que les résidents sont habitués aux manifestations, mais pas comme celle-ci.

Nous sommes habitués à ce que la police agisse, et c'est ça, pour moi, l'élément le plus choquant, ajoute-t-il, expliquant que les réponses des forces de police dans d'autres villes – où les manifestants n’ont pas réussi à s’installer pour de longs séjours – génèrent encore plus de frustration.

C'est très difficile de voir à quel point il aurait été simple d'empêcher tout cela de se produire. Donc, à l'avenir, j'espère qu'il y aura une sérieuse conversation sur le maintien de l'ordre et la façon d’éviter que de telles choses se reproduisent, dit-il.

Une personne avec un masque porte une pancarte dans une manifestation sur laquelle on peut lire "Community care is freedom".

Ruva Gwekwerere était l'une des centaines de résidents d'Ottawa ayant pris part à une contre-manifestation contre le mouvement en cours au centre-ville, le 12 février 2022.

Photo : Radio-Canada / Natalia Goodwin

Une autre contre-manifestante, Ruva Gwekwerere, raconte qu’elle voulait vraiment faire quelque chose.

Il est évident que notre communauté ne se sent plus en sécurité, a déclaré Mme Gwekerere. Je suis présente, ici, avec beaucoup de groupes différents, de tous les âges, qui disent : "Assez, c’est assez".

Grève de la faim

Deux rassemblements ont en fait uni leurs forces, samedi, l'un organisé par des résidents, l'autre par des syndicats mécontents de la gestion par le gouvernement des mesures de soutien à la pandémie. Ils ont défilé dans le Glebe, sur la rue Bank.

Le contre-manifestant Nazim Khan est arrivé au Canada depuis le Pakistan, il y a 23 ans, en tant que réfugié politique. Il a décidé de ne plus manger tant que les manifestants n'auront pas quitté la ville. Un groupe de manifestants lui a récemment lancé de retourner dans [son] foutu pays, sur la rue Elgin, raconte-t-il.

Je préfère mourir que de voir cette anarchie s’installer dans la capitale de ce grand pays, dit M. Khan, ajoutant ne pas avoir mangé depuis vendredi soir.

Le Canada m'a donné une nouvelle vie, le Canada m'a accueilli et aujourd'hui, ces gens-là déshonorent ce même Canada, qui est devenu mon chez-moi.

Avec les informations de David Fraser, de Natalia Goodwin, de Frédéric Pepin et d'Héloïse Rodriguez-Qizilbash.

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