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L’isolement dans les CHSLD est plus néfaste que la COVID pour les aînés, selon une étude

Une médecin au chevet d'un patient âgé.

L'isolement des personnes âgées qui vivent dans les CHSLD pourrait être plus néfaste que la COVID-19, selon une étude.

Photo : iStock

Radio-Canada

L’isolement des aînés qui vivent dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) peut avoir de graves répercussions sur leur santé. Cependant, le plan de déconfinement annoncé par le gouvernement Legault devrait leur permettre de rompre quelque peu leur isolement.

Les aînés qui résident dans des CHSLD ou dans des résidences privées pour aînés (RPA) ont à de nombreuses reprises été privés d’activités et de sorties durant la pandémie de COVID-19. Sans bénévoles pour les accompagner, plusieurs personnes âgées qui vivent dans un CHSLD ont vu leurs les capacités physiques et cognitives diminuer.

Une étude américaine lors de laquelle 15 000 résidences pour aînés ont été analysées rapporte que les milieux de vie où les mesures sanitaires ont été les plus sévères ont rapporté moins de décès liés à la COVID-19 mais davantage de décès non reliés à la COVID.

Je ne crois pas qu’il soit irrationnel, quand il y a des éclosions ponctuelles, d’avoir des mesures d’isolement de courte durée, croit Fadi Massoud, gériatre à l’Hôpital Charles-Le Moyne. Toutefois, ce que cette étude vient nous montrer, c’est que des mesures de confinement à moyen et à long terme sont vraiment néfastes, insiste-t-il.

De nouveaux assouplissements aux mesures sanitaires sont entrés en vigueur au Québec. À partir d'aujourd'hui, il n'y a plus de limite légale pour les rassemblements privés. En ce qui concerne les visites dans les milieux de vie pour aînés, c'est une bouffée d'air pour les résidents. Ces derniers ont grandement souffert des règles sévères d'isolement, qui laisseront d'ailleurs des séquelles. Reportage de Marie-Isabelle Rochon.

L’isolement prolongé serait néfaste

Le confinement et l’isolement obligatoires des personnes âgées qui ont été en contact avec une personne déclarée positive à la COVID-19 provoquent des ravages, a affirmé Irène Demczuk, membre du comité des usagers du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal lors d’une entrevue à l’émission D’abord l’info.

Plusieurs familles dont un proche vit en CHSLD ont aussi rapporté que des confinements pour des périodes de 10 jours ont été décrétés à des étages entiers lors de la découverte d’un cas de COVID-19.

« Dix jours dans une chambre... Vous savez, une chambre, c’est petit. »

— Une citation de  Irène Demczuk, membre du comité des usagers du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal

L'isolement pourrait ainsi causer plus de décès que la COVID-19 dans certains cas.

Geneviève Leclerc, dont l’époux réside dans un CHSLD, dénonce le fait qu’il ait été isolé dans sa chambre durant deux mois parce que les éclosions de COVID se sont chevauchées.

Il a maigri [et] il ne le dira pas parce qu’il n'est pas capable, mais il n’a plus vraiment le goût de vivre, se désole Mme Leclerc.

Retour des visiteurs en CHSLD

Les règles sanitaires ont été assouplies dans les CHSLD et dans les RPA depuis samedi. Les visites ne sont plus limitées à quelques proches aidants dont les noms figurent sur une liste : elles sont maintenant ouvertes à tous.

Dans les RPA, on permet dorénavant à deux visiteurs d’être présents en même temps dans une chambre pour un maximum de quatre visiteurs par jour.

Dans les ressources intermédiaires et dans les CHSLD, les règles sont un peu plus sévères avec un maximum de deux visiteurs par jour, mais une seule personne à la fois.

Les résidents de ces établissements peuvent aussi recommencer à sortir pour se rendre dans des rassemblements privés.

Néanmoins, les services adaptés à une clientèle plus lourde, avec des patients qui ont des difficultés physiques ou cognitives, sont toujours suspendus.

« On sent que les mesures ne sont pas en phase avec le nouveau contexte, celui du variant Omicron, et avec le taux de vaccination très élevé chez nos aînés. »

— Une citation de  Irène Demczuk, membre du comité des usagers du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal

Les activités et la visite des proches font partie de la santé [des aînés] et sont aussi importantes que le côté physique, et on leur a enlevé ça, s’indigne Mme Leclerc.

L'assouplissement des règles sanitaires imposées dans les milieux de vie pour aînés devraient peu à peu rompre l’isolement des personnes âgées et leur permettre de reprendre le dessus avec une meilleure santé mentale.

Avec des informations de Marie-Isabelle Rochon

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