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Plus de 4000 manifestants ont investi la capitale fédérale, samedi, selon les autorités

Des manifestant devant leur camion.

Samedi soir, les manifestants se faisaient toujours entendre sur la colline du Parlement, pour une 16e journée de protestation contre les mesures sanitaires à Ottawa. Au cours de la journée, les autorités estiment que le mouvement a mobilisé environ 4000 personnes.

Photo : Jean-François Poudrier

Radio-Canada

Selon les estimations de la police d’Ottawa, plus de 4000 manifestants ont investi le centre-ville d’Ottawa, samedi, pour la 16e journée de protestations contre les mesures sanitaires.

Un convoi de 300 véhicules et un convoi de voitures de 20 kilomètres en provenance du Québec ont été gérés en toute sécurité, a fait le bilan le Service de police d’Ottawa (SPO), en soirée.

Centre de commandement

Le SPO a d’ailleurs annoncé du même coup la création d’un centre de commandement intégré, en collaboration avec la police provinciale de l’Ontario (PPO) et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) afin de mieux concerter les efforts des forces de l’ordre sur le terrain.

Nous nous attendons à ce que ce centre de commandement améliore considérablement la capacité de notre service de police à répondre à la situation actuelle dans notre ville. Cette action nous permettra de tirer le meilleur parti des ressources supplémentaires que nos partenaires policiers nous ont fournies, a expliqué le SPO par voie de communiqué.

La police a fait d'ailleurs savoir par voie de communiqué que du jour au lendemain, les manifestants ont fait preuve d'un comportement agressif envers les forces de l'ordre, notamment en refusant de suivre les instructions, en submergeant les agents et en sabotant les efforts d'application de la loi.

Le Service de police d'Ottawa a signalé samedi en journée au moins 26 arrestations relatives à la manifestation qui perdure au centre-ville. La majorité des personnes arrêtées font face à des accusations criminelles. Deux d'entre elles ont été arrêtées pour intoxication dans un lieu public.

Le SPO ajoute qu'il a déployé tous ses officiers disponibles, mais qu'il attend toujours les renforts nécessaires pour mettre son plan à exécution et pour faire cesser cette occupation illégale.

Des policiers dans une foule.

La police d'Ottawa attend toujours des renforts afin de mettre fin à la manifestation qui paralyse le centre-ville depuis plus de deux semaines. Sur cette photo prise vendredi en fin de journée, les policiers surveillaient les manifestants de près.

Photo : Raphael Tremblay

Un total d'au moins 2600 amendes ont été distribuées en rapport avec la manifestation.

Les policiers ont également intercepté un véhicule volé sur le point de rejoindre le convoi, le deuxième dans le contexte de cette occupation.

Le SPO et le ministère des Transports de l'Ontario (MTO) ont pris des mesures conjointes en ce qui a trait aux infractions liées aux camions : trois véhicules ont été mis hors service et 10 chefs d'accusation ont été déposés.

En outre, on compte notamment des infractions au code de la route ainsi que des infractions relatives aux documents et aux fiches journalières.

Troisième week-end

Pour un troisième samedi de suite, des manifestants sont débarqués en grand nombre sur la colline du Parlement à Ottawa. Malgré une forte présence policière, le convoi de camionneurs qui protestent contre les mesures sanitaires ne semble toujours pas près de quitter les lieux, comme c'est le cas à Windsor.

Les klaxons se sont fait entendre au centre-ville samedi en journée, de même qu'en soirée, ce qui va à l'encontre de l'injonction qui en interdit l'utilisation pendant 10 jours.

La foule de manifestants a pris de l'ampleur au cours de la journée et des convois de camionneurs ont rejoint la capitale fédérale en provenance du Québec et de l'Ontario.

Contre-manifestation

En mi-journée, une contre-manifestation s'est déroulée à moins de quatre kilomètres de la colline du Parlement, au parc Lansdowne.

Près de 500 personnes se sont mobilisées en soutien non seulement aux travailleurs de première ligne dans cette pandémie mais aussi aux résidents qui subissent les conséquences de l’occupation depuis plus de deux semaines déjà.

Des drapeaux de divers syndicats et mouvements progressistes se sont mêlés aux pancartes qui dénonçaient l’occupation du centre-ville.

C’est ensemble qu’on est forts, c’est ensemble qu’on est puissants [...]. Ce convoi ne représente ni les travailleurs ni leurs valeurs, a lancé le syndicaliste Alex Silas, un des instigateurs de la marche.

Les organisateurs ont pris soin d’éviter le centre-ville sur leur trajet pour des questions de sécurité. De 50 à 75 bénévoles étaient responsables de la protection des marcheurs, qui ont exhorté les manifestants qui occupent le centre-ville depuis plus de deux semaines à quitter les lieux.

Des manifestants tiennent des pancartes. Sur l'une d'elles, on peut lire « Partez » en anglais.

Les contre-manifestants ont parcouru trois kilomètres pour réclamer le départ des manifestants au centre-ville d'Ottawa et pour exprimer leur soutien aux travailleurs des services essentiels.

Photo : Radio-Canada

La tension monte d’un cran à Gatineau

À Gatineau, de l’autre côté de la rivière des Outaouais, la tension est montée samedi entre les forces de l’ordre, d'un côté, ainsi que des membres et des sympathisants du mouvement de contestation les Farfadaas, de l'autre.

Les membres de ce regroupement et des manifestants occupent un stationnement au coin des rues Laval et Laurier, dans le secteur de Hull, au centre-ville de Gatineau, depuis environ deux semaines.

Les policiers ont empêché les véhicules d’entrer dans le stationnement, maintenant devenu un campement. Ils ont toutefois laissé circuler les piétons.

Des policiers forment un barrage pour empêcher des véhicules de circuler.

Des policiers de Gatineau ont accentué la pression sur des manifestants qui occupent un stationnement du centre-ville.

Photo : SB

Cette mesure a soulevé la colère du leader des Farfadaas, Steeve Charland, qui a accepté de livrer ses commentaires à la caméra.

Un homme accorde une entrevue à l'extérieur lors d'une manifestation.

Le porte-parole du mouvement de contestation les Farfadaas, Steeve Charland.

Photo : Radio-Canada

Si on rentre le plus possible de véhicules ici, les gens vont pouvoir être safe et partir à pied pour aller serrer la main des truckers à Ottawa. Mais on nous empêche l’accès, ce qui crée tout ce brouhaha dans Gatineau [...]. En ce moment, ce n’est pas nous qui créons le chaos, a-t-il dénoncé.

« On est des citoyens canadiens, on a le droit d’association pacifique. »

— Une citation de  Steeve Charland, leader des Farfadaas

La circulation au centre-ville de Gatineau a été perturbée une bonne partie de la journée et en soirée samedi.

La pression s'intensifie sur les manifestants

Par ailleurs, l'étau se resserre de plus en plus sur les manifestants. La Ville d’Ottawa a demandé vendredi une injonction pour mettre fin aux manifestations. Cette injonction donnerait ainsi une plus grande marge de manœuvre aux policiers lors de leurs interventions. Les tribunaux devraient entendre cette requête au cours des prochains jours, a indiqué la Ville.

Cette demande s’ajoute au décret d’urgence annoncé par le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, plus tôt la même journée, qui accorde lui aussi plus de souplesse d'intervention aux autorités.

Rappelons que des résidents ont décidé de prendre le taureau par les cornes en présentant un recours collectif et une demande d'injonction plus tôt cette semaine.

Avec les informations de Catherine Morasse et Nafi Alibert

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