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« Toutes les options sont sur la table » pour mettre fin aux barricades, dit Trudeau

Le premier ministre Trudeau en conférence de presse, vu en contre-plongée.

Le premier ministre Justin Trudeau a lancé un avertissement à ceux qui participent aux manifestations antigouvernementales dans le pays.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le gouvernement Trudeau avertit les protestataires qui bloquent les points de passage à la frontière canado-américaine et qui campent sur la colline du Parlement pour faire entendre leur mécontentement par rapport aux mesures sanitaires que « les conséquences » vont « s'aggraver » s'ils persistent dans leur action.

L'intervention policière visant à les déloger se déroulera de manière progressive et sera de plus en plus robuste, a déclaré le premier ministre en point de presse vendredi après-midi.

M. Trudeau a pris la parole après s'être entretenu plus tôt dans la journée avec le président américain, Joe Biden, dont l'administration est inquiète de la tournure des événements en sol canadien.

Le premier ministre a demandé aux manifestants de rentrer chez eux, tout en menaçant à demi-mot les camionneurs, qui représentent une partie importante des protestataires.

Vous ne voudriez pas perdre votre permis d'exploitation, avoir un dossier criminel qui pourrait avoir un impact sur votre gagne-pain et même sur votre capacité à vous déplacer vers les États-Unis ou ailleurs, leur a-t-il lancé.

« Toutes les options sont sur la table : cette activité illégale doit cesser, et elle va cesser. Bien sûr, je ne peux pas trop en dire sur les détails de l'opération, car hélas, nous craignons la violence. Mais nous prenons toutes les précautions possibles. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Concernant plus particulièrement le convoi de camionneurs à Ottawa, M. Trudeau a dit vouloir protéger les enfants présents parmi les manifestants tout en assurant le bien-être des citoyens qui sont assiégés.

Le premier ministre n'a pas évoqué de lui-même le recours à l'armée pour régler la situation. Mais il a fini par admettre que cette option n'était pas exclue lorsqu'un journaliste lui a posé la question directement. Il s'agirait, a-t-il dit, d'une solution de dernier, dernier recours. On ne veut jamais déployer l'armée contre des civils.

Pour Justin Trudeau, la solution la plus simple demeure que les manifestants quittent d'eux-mêmes les barricades qu'ils ont dressées et qu'ils rentrent chez eux. Leur message a déjà été entendu, a-t-il souligné.

État d'urgence déclaré et injonction pour débloquer le pont Ambassador : Yasmine Mehdi résume les événements du 11 février en Ontario.

Le premier ministre a toutefois été clair sur ses intentions : Les frontières ne peuvent pas et ne vont pas rester bloquées, a-t-il soutenu, et son gouvernement allait continuer de travailler avec les municipalités et les provinces pour mettre fin aux blocages, a-t-il ajouté.

Avec le président Biden, M. Trudeau a notamment discuté des faux appels en provenance des États-Unis qui ont inondé la ligne 911 à Ottawa, mais aussi de la présence de ressortissants américains parmi les manifestants et de la provenance des fonds recueillis sur les sites de sociofinancement pour aider les convois.

Selon lui, la moitié des sommes reçues par les organisateurs du mouvement proviennent du sud de la frontière.

Les États-Unis s'impatientent

À Washington, la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a confirmé en point de presse vendredi après-midi que le président Biden et le premier ministre Trudeau avaient effectivement parlé ensemble de la situation à la frontière, plus tôt dans la journée.

Les deux hommes, a-t-elle dit, se sont entendus pour dire que les actions des individus qui entravent les voyages et le commerce entre les deux pays ont des conséquences directes importantes sur la vie et les moyens de subsistance des citoyens.

Le président américain est notamment préoccupé par le fait que les entreprises et les travailleurs américains doivent, en raison de ces blocages, composer avec des ralentissements de production, des heures de travail réduites et des fermetures d'usines, a expliqué Mme Psaki.

Le premier ministre Trudeau aurait promis d'agir rapidement pour faire appliquer la loi, a-t-elle déclaré.

Un homme agite un drapeau canado-américain.

La mobilisation se poursuit aux abords du pont Ambassador, à Windsor.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

La fin de semaine s'annonce mouvementée

Pendant ce temps, sur le terrain, la tension continue de monter à l'aube d'un nouveau week-end de manifestations contre les mesures sanitaires, notamment à Toronto et à Montréal.

Le premier ministre Trudeau a toutefois servi un avertissement, vendredi, à ceux qui seraient tentés de venir grossir les rangs des contestataires. Si vous rejoignez les manifestations parce que vous en avez assez de la COVID, vous devez maintenant comprendre que vous enfreignez les lois, a-t-il averti.

Les blocages se poursuivent néanmoins près de la frontière canado-américaine, au pont Ambassador, qui relie Windsor et Détroit, mais aussi à Coutts, en Alberta, et à Emerson, au Manitoba. Sans compter la présence de nombreux camionneurs à Ottawa, à Winnipeg et – depuis vendredi matin – à Fredericton, au Nouveau-Brunswick.

Un homme entre dans une toilette portative.

Des toilettes portatives ont été installées au bénéfice des manifestants devant le bureau du premier ministre, à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Devant l'impasse qui persiste et l'ampleur des dommages qu'ils causent à l'économie de sa province, le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a décrété l'état d'urgence, vendredi, en vue d'augmenter les amendes et d'introduire des peines d'emprisonnement pour les personnes refusant de quitter les blocages.

Des injonctions ont également été demandées pour mettre fin aux manifestations d'Ottawa et de Windsor. Cette dernière, qui entrave l'accès au pont Ambassador – le plus important point de passage entre le Canada et les États-Unis – a été accordée vendredi après-midi.

L'Assemblée nationale du Québec, pour sa part, appelle à une désescalade des tensions, alors que la première ministre du Manitoba, Heather Stefanson, interpelle Ottawa pour mettre fin aux manifestations à la frontière.

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