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Manifestations de camionneurs : Doug Ford décrète l’état d’urgence en Ontario

Doug Ford en point de presse.

Le premier ministre ontarien Doug Ford décrète l'état d'urgence le 11 février pour tenter d'en finir avec les protestations de camionneurs.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

L'Ontario adoptera des décrets et durcira les amendes pour mettre fin au blocage du pont Ambassador à Windsor et à la protestation au centre-ville d'Ottawa.

Des camionneurs opposés à la vaccination obligatoire et à d'autres mesures sanitaires paralysent le centre-ville d'Ottawa depuis deux semaines, tandis que des manifestants bloquent depuis lundi le passage des marchandises sur le pont Ambassador, entre Windsor et Détroit, le lien transfrontalier le plus achalandé en Amérique du Nord.

Ce n'est plus une protestation, a dit Doug Ford en point de presse vendredi.

Il a qualifié la manifestation à Ottawa de siège et a appelé les protestataires à rentrer chez eux, notant que certains y ont même amené leurs enfants. Le pont Ambassador à Windsor, c'est 700 millions de dollars en échanges commerciaux chaque jour, a-t-il ajouté.

M. Ford, qui fera face à l'électorat en juin, se défend d'avoir tardé à agir.

Il admet avoir fait de la motoneige au nord de Toronto samedi dernier, quelques heures avant que le maire d'Ottawa ne décrète l'état d'urgence, mais assure qu'il continuait à répondre au téléphone et à tenter de dénouer l'impasse.

« Les occupants à Ottawa, ils n'écoutent pas. Et il faut dégager le pont Ambassador. »

— Une citation de  Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

En plus de déclarer l'état d'urgence, le premier ministre Ford dit qu'il va réunir son Cabinet pour adopter de façon urgente des décrets qui feront en sorte qu'il sera abondamment clair qu'il est illégal de bloquer ou de freiner le mouvement de marchandises, de personnes ou de services le long d'infrastructures essentielles.

Il ajoute que ces décrets toucheront la frontière, les autoroutes de la série 400, les aéroports, les ports, les ponts et les chemins de fer.

Les contrevenants s'exposeront à des amendes pouvant atteindre 100 000 $ et jusqu'à un an d'emprisonnement. M. Ford évoque aussi la possibilité de suspendre les permis commerciaux et personnels des camionneurs.

Une source de CBC à Ottawa explique que la frontière est dans le giron du fédéral, mais que les rues bloquées, telles que les voies d'accès au pont Ambassador, relèvent du gouvernement provincial.

Plus tôt cette semaine, la province s'était aussi adressée aux tribunaux pour geler des fonds recueillis par les protestataires grâce à la plateforme de sociofinancement GiveSendGo.

Des bidons d'essence devant des camions stationnés les uns à côté des autres et recouverts de pancartes.

Des camionneurs bloquent le centre-ville d'Ottawa depuis deux semaines.

Photo : Radio-Canada / Alexis Tremblay

De leur côté, des associations de l’industrie automobile, appuyées par la Ville de Windsor, ont obtenu une injonction vendredi après-midi pour mettre fin au blocage du pont Ambassador.

Le blocage a déjà mené à des suspensions de production dans des usines automobiles en Ontario, notamment.

Trop peu, trop tard?

Les partis d'opposition accusent le premier ministre ontarien d'avoir fait preuve d'inaction dans le dossier.

La chef du NPD, Andrea Horwath, dit qu'il aurait dû agir il y a deux semaines à Ottawa.

« Le premier ministre Doug Ford pouvait intervenir pour mettre fin à l'insurrection, mais il a choisi de ne pas utiliser les pouvoirs dont il dispose. »

— Une citation de  Andrea Horwath, chef néo-démocrate

Elle demandait depuis plusieurs jours au gouvernement de suspendre entre autres les permis d'exploitation des camionneurs impliqués dans la protestation à Ottawa.

Le chef libéral Steven Del Duca dit, lui, que le premier ministre a négligé les entrepreneurs et les travailleurs dans la région de Windsor, en jouant le jeu des protestataires. Il ne pense qu'à lui-même et à faire des gains politiques, lance-t-il. 

M. Ford avait affirmé mercredi que les protestations devaient cesser, faisant écho à l'appel du premier ministre canadien, Justin Trudeau. Toutefois, l'Ontario n'avait annoncé aucune mesure additionnelle à ce moment-là.

Geneviève Tellier au huis clos du budget provincial.

La politologue Geneviève Tellier pense que Doug Ford a su tirer son épingle du jeu avec son annonce vendredi.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

De son côté, la politologue Geneviève Tellier, professeure à l'Université d'Ottawa, pense que Doug Ford a réussi à reprendre le dessus dans le dossier vendredi. Elle se dit étonnée positivement par l'ampleur des mesures annoncées.

« Tout le monde maintenant va regarder l'Ontario en disant : "c'est l'exemple à suivre". »

— Une citation de  Geneviève Tellier, politologue

Elle ajoute que M. Ford n'avait pas le choix d'agir dans le cas du pont Ambassador à Windsor pour protéger l'industrie automobile et rassurer les investisseurs.

Washington a aussi appelé le gouvernement Trudeau à mettre fin aux blocages des camionneurs.

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