•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Usine de béton à Rimouski : Sintra pourrait-elle devenir une « bonne voisine »?

Une usine avec des amoncellements de sable et des résidus autour.

L'usine d'asphalte Pavages Laurentiens, filiale de Sintra, dans le quartier Sacré-Cœur, à Rimouski (archives)

Photo : Radio-Canada

L'entreprise Sintra tend la main aux résidents qui habitent dans le secteur de son usine de béton bitumineux dans le district de Sacré-Cœur, à Rimouski. Une rencontre a eu lieu jeudi soir entre des représentants de l'entreprise et les résidents qui habitent à proximité afin de trouver des solutions aux nuisances générées par l'usine mieux connue sous le nom de Pavages Laurentiens.

Odeurs nauséabondes, bruit pendant la nuit, camions qui démarrent avant les heures réglementaires, les résidents du secteur ont pu parler directement de leurs doléances avec les représentants de l'entreprise.

Depuis trois ans, les irritants sont de plus en plus nombreux, explique Gisèle Fournier, qui habite en face de l'usine.

Pour cette rencontre avec les résidents, Sintra ne semble pas avoir pris la chose à la légère. Il y avait neuf personnes de Sintra, dont le grand responsable des usines de l'est de la province, raconte un autre résident du secteur, Yvan Chouinard.

« C'est une volonté de bon voisinage, ç'a été très amical, je dirais. Les doléances ont été exprimées et les gens nous entendaient fort bien. On dirait qu'il y a une volonté d'organiser les choses au mieux possible. »

— Une citation de  Yvan Chouinard, résident du district de Sacré-Cœur

Selon M. Chouinard, l'entreprise s'est montrée ouverte à faire certaines modifications afin de diminuer les impacts des activités de son usine sur la qualité de vie des personnes qui habitent alentour. Sintra n'aurait toutefois pas l'intention de déménager ses activités vers le parc industriel, comme le souhaitent plusieurs citoyens.

Ils nous proposent de nous voir à l'automne pour nous faire des propositions, affirme Gisèle Fournier, qui s'est dite satisfaite de ce premier contact, même si l'entreprise n'a pas pris d'engagements concrets.

Au moment de publier ces lignes, Sintra n'avait toujours pas donné suite à notre demande d'entrevue. Qui plus est, l'accès à la rencontre de jeudi soir avec les résidents avait été refusé aux journalistes.

Le projet d'usine mobile sur le chemin de Lausanne toujours à l'étude

Par ailleurs, Sintra envisage toujours d'installer une autre usine de béton bitumineux dans sa carrière située sur le chemin de Lausanne, à Rimouski. En janvier 2021, la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) avait rejeté la demande de l'entreprise en ce sens, après que des dizaines de résidents se furent opposés au projet.

La CPTAQ mentionnait alors que Sintra n'avait pas fait la démonstration qu'elle ne pouvait établir son usine ailleurs.

Un groupe de manifestants armés de pancartes sont regroupés devant une tour de bureaux.

Des résidents ont manifesté en janvier 2020 afin que le groupe Sintra installe son usine sur le terrain qu'il possède déjà dans le parc industriel et non sur le chemin de Lausanne (archives).

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Sintra a toutefois fait appel de cette décision devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ), qui lui a donné en partie raison. Selon le Tribunal, la CPTAQn’a aucunement motivé sa décision sur la disponibilité d’espaces appropriés, bien qu’il s’agisse d’un aspect essentiel à son analyse et à sa conclusion.

De plus, l'intervention du député de Rimouski, Harold LeBel, crée une appréhension très réelle concernant l’indépendance de [la CPTAQ] dont les fonds sont accordés annuellement par le Parlement, peut-on lire dans le jugement du Tribunal administratif. M. LeBel aurait été considéré comme une personne intéressée dans ce dossier, ce qui constitue une erreur de droit, indique le TAQ.

La CPTAQ devra donc réexaminer le dossier.

Toutefois, même si la CPTAQ changeait son fusil d'épaule, il n'est pas dit que le projet pourrait voir le jour, puisque la Ville de Rimouski a modifié son règlement de zonage en novembre dernier, en interdisant les usines de béton bitumineux et l'entreposage de résidus dans le secteur visé par Sintra pour établir son usine mobile.

Avec la collaboration de Michel-Félix Tremblay

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !