•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Washington exhorte Ottawa à mettre fin aux blocages des camionneurs

Chargement de l’image

La situation est tendue aux abords du pont Ambassador.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Les États-Unis demandent au gouvernement canadien d'user de ses « pouvoirs fédéraux » pour en finir avec les barricades installées par des manifestants contre les mesures sanitaires qui entravent la circulation entre les deux pays, notamment aux abords du pont Ambassador, qui relie Windsor, en Ontario, et Détroit, au Michigan.

Un responsable de la Maison-Blanche a confié que des membres de l'administration Biden – dont le secrétaire à la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas – ont discuté avec leurs homologues canadiens de ces blocages. Ils sont mobilisés 24 heures sur 24 dans le but de mettre fin à cette situation rapidement, a-t-il assuré.

Selon ce responsable, le président [Biden] est régulièrement informé de la situation.

Un appel téléphonique devait également avoir lieu jeudi soir entre la conseillère à la Sécurité intérieure, Liz Sherwood Randal, et son homologue canadienne, Jody Thomas.

Chargement de l’image

Le pont Ambassador entre Windsor et Détroit est le principal point de passage entre le Canada et les États-Unis. Il voit passer chaque jour plus de 40 000 travailleurs et touristes, et les camionneurs y font traverser quotidiennement 323 millions de dollars de marchandises en moyenne.

Photo : Getty Images / Cole Burston

Plusieurs agences américaines travaillent avec Ottawa pour trouver ce qu'ils décrivent comme des itinéraires de remplacement et d'autres scénarios de planification.

Les États-Unis auraient d'ailleurs offert le plein soutien du département de la Sécurité intérieure, y compris le Service des douanes et de la protection des frontières, qui serait en contact depuis mercredi avec l'Agence des services frontaliers du Canada.

Radio-Canada a également appris jeudi soir que le ministre fédéral des Transports, Omar Alghabra, avait rencontré son homologue américain Pete Buttigieg plus tôt dans la journée pour discuter des blocages et de l'impact sur l'économie frontalière canado-américaine.

Ces échanges s'ajoutent à la sortie de la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, qui a elle aussi demandé au Canada de mettre fin à la manifestation aux abords du pont Ambassador, qui nuit, selon elle, aux familles de travailleurs du Michigan qui essaient seulement de faire leur travail.

Mme Whitmer estime que les gouvernements locaux, provinciaux et nationaux doivent désamorcer ce blocus économique qui s'est enclenché lundi.

Les coups d'éclat se multiplient

Outre la situation aux abords du pont Ambassador, que Windsor espère régler au moyen d'une injonction, au moins deux autres villes frontalières ont été prises d'assaut par des manifestants – souvent des camionneurs – qui réclament la levée des mesures mises en place pour lutter plus efficacement contre la pandémie de COVID-19.

Si la situation dure depuis plusieurs jours à Coutts, en Alberta, le poste frontalier d'Emerson, au Manitoba, est assiégé depuis jeudi matin.

Et c'est sans compter les rassemblements qui se poursuivent près du Palais législatif du Manitoba, à Winnipeg, et sur la colline du Parlement, à Ottawa. Des manifestants ont en outre perturbé l'aéroport de la capitale, jeudi matin.

Le mouvement a débuté il y a deux semaines alors que de nombreux convois de camionneurs insatisfaits de l'obligation de se faire vacciner pour traverser la frontière canado-américaine se sont donné rendez-vous à Ottawa pour faire entendre leur mécontentement.

Ils ont été rejoints dans la foulée par de nombreux opposants aux mesures sanitaires en tout genre, certains d'entre eux n'hésitant pas à brandir des slogans et des symboles haineux au passage.

Ottawa n'entend plus à rire

L'impatience des élus a d'ailleurs monté d'un cran, jeudi, à la Chambre des communes, lorsque la cheffe de l'opposition officielle et cheffe par intérim du Parti conservateur du Canada, Candice Bergen, a demandé aux manifestants de lever leurs blocages.

Le premier ministre Trudeau, pour sa part, a participé jeudi soir à une rencontre virtuelle avec les chefs des partis d'opposition sur la crise du convoi. Il a également rencontré ses ministres du Groupe d’intervention en cas d’incident, dont Bill Blair et Marco Mendicino, afin de discuter du même sujet.

En se rendant à la Chambre des communes, en après-midi, M. Trudeau avait déclaré aux journalistes que son gouvernement travaillait avec les dirigeants municipaux et le gouvernement de Doug Ford en Ontario pour mettre fin aux barricades qui font du tort aux communautés à travers le pays.

« Nous allons continuer à faire le nécessaire pour mettre fin à ces barricades. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

L'impact de ces manifestations sur l'économie est source de préoccupation. Les constructeurs automobiles au Canada, par exemple, ont réduit leur production alors que les blocages de camionneurs à la frontière accentuent les problèmes d'approvisionnement de pièces pour l'ensemble de l'industrie.

Plusieurs usines des constructeurs automobiles Ford, Stellantis et Toyota en Amérique du Nord ont dû temporairement fermer ou fonctionner à capacité réduite en raison des blocages.

Après GoFundMe, GiveSendGo

Ottawa est également préoccupé par « l'ingérence étrangère » dans ce dossier et le rôle des sites de sociofinancement dans l'organisation de ces manifestations.

Des députés de tous les partis dénoncent le fait que les fonds servant à financer les occupations et qui ont transité par ces sites viennent d’autres pays et soient associés à des groupes ou des mouvements extrémistes.

Les dirigeants de GoFundMe ont d'ailleurs été conviés le 3 mars prochain devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale des Communes.

Le gouvernement ontarien a également reçu jeudi l’autorisation de la Cour supérieure de la province de geler des fonds recueillis pour les camionneurs grâce à des campagnes menées sur la plateforme de sociofinancement GiveSendGo.

Celle-ci a toutefois déclaré sur Twitter jeudi soir que le Canada n'avait absolument aucune juridiction sur la façon dont elle gérait ces fonds.

Tous les fonds pour chaque campagne sur GiveSendGo sont directement versés aux destinataires de ces campagnes, dont celle destinée à appuyer le prétendu « convoi de la liberté » qui paralyse la colline du Parlement depuis deux semaines, a assuré la plateforme.

D'autres capitales visées

Le gel des fonds recueillis sur GoFundMe a créé la polémique aux États-Unis, où de nombreux politiciens, dont l'ex-président Donald Trump, soutiennent ouvertement les manifestants canadiens.

D'ailleurs, la Maison-Blanche a précisé jeudi avoir été avertie de l'organisation d'un convoi de la liberté à Washington au début du mois de mars.

L'administration Biden assure toutefois prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer que ce convoi ne perturbe pas le commerce ou les transports, et n'ait pas d'incidence sur le travail du gouvernement fédéral, des forces de l'ordre et des secours.

Le mouvement des camionneurs canadiens inspire même une mobilisation dans d'autres pays. En Nouvelle-Zélande, par exemple, des manifestants antivaccins sont rassemblés depuis trois jours près du parlement, à Wellington. Jeudi, 120 personnes y ont été arrêtées.

Et puis en France, une page Facebook, également baptisée « Convoi de la liberté » et suivie par plus de 275 000 personnes, appelle les opposants aux mesures sanitaires à rallier Paris dimanche pour faire le siège de la capitale.

Avec les informations de Christian Noël, CBC, La Presse canadienne et l'Agence France-Presse

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !