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Tamara Lich et l’argent derrière le convoi des camionneurs

Tamara Lich devant un micro

Tamara Lich, qui a mis sur pied les campagnes de financement pour le convoi, lors d’une conférence de presse à Ottawa le 3 février 2022.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Comme plusieurs leaders du convoi, Tamara Lich n’est pas camionneuse.

Elle était secrétaire du parti séparatiste Maverick quand elle a lancé la campagne de financement du convoi sur la plateforme GoFundMe.

La campagne en question fait maintenant l'objet d'un examen du comité de la Chambre des communes sur la sécurité nationale.

Le Parti Maverick, établi à Calgary, prône la séparation des provinces de l'Ouest canadien. Ce parti fédéral est dirigé par son chef intérimaire, Jay Hill, qui a été leader du gouvernement en Chambre à l'époque de Stephen Harper.

Les millions du convoi

Notre mouvement a grandi au Canada et à travers le monde, parce que les gens ordinaires sont fatigués des restrictions dans leur vie qui semblent maintenant faire plus de tort que de bien, a affirmé, en anglais, Tamara Lich en conférence de presse le 3 février 2022.

Plusieurs experts en sécurité nationale croient plutôt que le mouvement aurait bénéficié d'un apport important d'argent de l'étranger en vue de déstabiliser le Canada.

Des camions bloquent la rue.

Jour 9 de la manifestation des camionneurs à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Michael Charles Cole

À la mi-janvier 2022, Tamara Lich lançait la campagne de sociofinancement sur le site GoFundMe.

Plus de 10 millions $ ont été récoltés avant que le compte ne soit suspendu, le 2 février 2022.

Ce qui frappe c'est l'ampleur de la campagne et la rapidité avec laquelle les fonds ont été collectés, a affirmé Jessica Davis le 4 février 2022 en entrevue à Intrepid, un balado spécialisé en sécurité nationale canadienne.

Brigitte Bureau

Mme Davis est l'auteure d'un livre sur le financement illicite du terrorisme. Elle est aussi une ancienne employée du Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada, l'unité du renseignement financier du Canada, et du Service canadien du renseignement de sécurité.

Selon elle, il serait très étonnant que les dons proviennent uniquement de Canadiens mécontents des mesures sanitaires.

Elle estime que des fonds pourraient venir des États-Unis, mais aussi de pays ennemis.

« Est-ce possible qu'une partie de cet argent arrive d'outre-mer? Je crois que c'est une hypothèse très importante à explorer. »

— Une citation de  Jessica Davis, auteure et ex-employée du Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada

Ces pays rivaux auraient pu diriger la circulation de fonds vers GoFundMe ou amplifier des comptes de réseaux sociaux pour mousser l'intérêt dans la campagne, dans le but de semer la division, explique-t-elle.

Le comité des Communes sur la sécurité nationale se penche actuellement sur une possible ingérence étrangère dans le financement du convoi des camionneurs.

La preuve de cette ingérence n’a pas encore été établie et rien n’indique pour l’instant que Tamara Lich ait une quelconque connaissance des acteurs étrangers qui pourraient s'être infiltrés dans sa campagne de financement.

Les responsables du convoi n'ont pas donné suite à notre invitation à commenter.

La compagnie GoFundMe dit avoir retiré cette campagne de sa plateforme parce qu'elle contrevenait à ses conditions de service, notamment la clause qui interdit la promotion de la violence et du harcèlement. Elle s'est engagée à rembourser les donateurs.

Une capture d'écran du 10 février de la plateforme GiveSendGo

Le 4 février, Tamara Lich a annoncé que la campagne de financement se déplaçait vers le site américain chrétien GiveSendGo avec un objectif de 16 millions $ US. En moins d’une semaine, plus de 52 % de son objectif était atteint.

Photo : GiveSendGo

Tamara Lich a rapidement créé une nouvelle campagne sur le site de financement chrétien GiveSendGo. Une fois de plus, plusieurs millions de dollars ont été récoltés en quelques jours seulement.

Toutefois, le 10 février, le gouvernement ontarien a reçu l’autorisation de la Cour supérieure de la province pour geler des fonds recueillis pour les camionneurs qui manifestent leur opposition à la vaccination obligatoire.

La décision du tribunal vise les campagnes Freedom Convoy 2022 et Adopt-a-Trucker menées sur la plateforme de sociofinancement GiveSendGo.

Dans ses campagnes de financement, Tamara Lich est appuyée de Benjamin Dichter, ancien candidat du Parti conservateur du Canada, dans la circonscription de Toronto-Danforth, en 2015.

Ex-travailleuse du secteur pétrolier

Originaire de la Saskatchewan, Tamara Lich a travaillé durant plusieurs années dans l'industrie du pétrole et du gaz en Alberta, selon la note biographique qui apparaissait sur le site du Parti Maverick jusqu'à tout récemment.

En 2014, elle a perdu son emploi quand la compagnie pour laquelle elle travaillait a dû fermer ses portes. Quelques années plus tard, après avoir vu des familles perdre emploi, maison et espoir, elle a commencé à militer sur la scène politique, selon cette note.

Elle a fait partie des gilets jaunes du Canada et a joué un rôle important au sein du Wexit, mouvement pour la séparation des provinces de l'Ouest.

Elle a siégé au conseil d'administration intérimaire de Wexit Alberta et ensuite au conseil d'administration de Wexit Canada, qui est devenu le Parti Maverick.

Capture d'écran du site web du Maverick Party

Jusqu’à tout récemment, Tamara Lich était secrétaire du Maverick Party, un parti politique fédéral qui fait la promotion de l’indépendance de l’Ouest canadien.

Photo : site web Maverick Party

Elle était jusqu'à tout récemment secrétaire de ce parti, mais a quitté son emploi pour se consacrer entièrement au convoi des camionneurs.

Par ailleurs, les liens qu'entretient Tamara Lich avec des personnes associées à l'extrême droite ont été critiqués, notamment par le Réseau canadien anti-haine.

Mme Lich réfute toute allégation de racisme à l'endroit des membres du convoi.

À titre de femme avec un héritage métis, de mère et de grand-mère, je suis offensée, a-t-elle affirmé le 3 février 2022. La réalité, c'est que les membres du convoi de la liberté sont des citoyens ordinaires qui aiment la paix et qui sont respectueux des lois, soutient-elle.

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