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Un ministre manitobain demande à Justin Trudeau de calmer le jeu

Certains véhicules peuvent maintenant franchir la frontière au poste d’Emerson au Manitoba

Des véhicules bloquent la route près d'Emerson le 10 février 2022.

Des tracteurs et des camions bloquent la circulation sur l'autoroute 75 et l'accès à la frontière canado-américaine au Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Erin Brohman / CBC

Radio-Canada

Alors que les manifestants qui bloquent le poste frontalier d’Emerson, au Manitoba, laissent maintenant passer certains véhicules, le ministre de la Justice de la province, Kelvin Goertzen, demande au premier ministre Justin Trudeau de « calmer le jeu » pour permettre le retour de la circulation à la frontière.

Selon le préfet de la municipalité d’Emerson-Franklin, David Carlson, les manifestants qui bloquent l’autoroute 75 dans les deux sens depuis jeudi matin laissent maintenant passer des véhicules transportant des animaux, de l’approvisionnement médical et des médecins.

L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a indiqué par communiqué, jeudi soir, que le point d'entrée à Emerson demeurait toutefois ouvert, mais que des retards étaient à prévoir en raison de barrages dans la région.

Environ 50 véhicules, dont des tracteurs et des camions, bloquent la circulation et l'accès à la frontière canado-américaine, selon le porte-parole de la GRC du Manitoba, Paul Manaigre.

Responsabilité du fédéral, selon le ministre Kelvin Goertzen

La province ne compte pas intervenir à la frontière, a indiqué Kelvin Goertzen en conférence de presse, jeudi.

La situation à la frontière doit être réglée par le fédéral, puisque c’est de leur responsabilité, a-t-il déclaré.

Le ministre n’a pas indiqué si le gouvernement était en contact direct avec les manifestants, mais a précisé qu’une lettre leur était parvenue.

Il espère que les manifestants libéreront les voies.

« Je ne suis pas d’accord avec le fait de bloquer la frontière. Tout le monde doit se calmer par rapport à la situation actuelle. [...] Les arguments des manifestants ont été entendus et nous devons avancer maintenant. »

— Une citation de  Kelvin Goertzen, ministre de la Justice

Il rappelle également que la province annoncera, demain, de nouveaux allégements aux mesures sanitaires.

L’administration Biden presse également le gouvernement canadien d’intervenir afin de mettre fin aux blocages à la frontière.

Tenter d’établir un dialogue

Le préfet de la municipalité, David Carlson, croit que le blocage pourrait ralentir les véhicules d’urgence.

Il constate également que la GRC a de la difficulté à entrer en communication avec les manifestants, vu l’absence de dirigeant pour négocier.

Jeudi matin, le porte-parole de la GRC du Manitoba, Paul Manaigre, a déclaré que des équipes de la police fédérale venant de Winnipeg et de Morris se rendaient sur place pour tenter d’établir un dialogue avec les organisateurs.

C'est l'élément essentiel pour démarrer une conversation. On doit commencer du bon pied, et j'espère que des progrès seront réalisés, a-t-il déclaré à l’émission Information Radio de CBC.

Il n’était pas en mesure de dire si les organisateurs des manifestations actuelles étaient les mêmes que dans d’autres protestations organisées ces dernières semaines dans le sud de la province.

Jeudi, les organisateurs du convoi qui bloque la frontière ont déclaré dans un communiqué que leur manifestation n'était pas liée à celle ayant cours devant le Palais législatif à Winnipeg.

Réactions politiques

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) du Manitoba, Wab Kinew, s’est dit extrêmement déçu.

Le fait que la première ministre ne se soit pas présentée aujourd’hui montre un manque de leadership de la part de Mme Stefanson, dit-il.

Le chef du Parti libéral du Manitoba, Dougald Lamont, a dénoncé l’inaction gouvernementale dans un communiqué de presse, jeudi après-midi. Il ajoute que le ministre de la Justice a le pouvoir d’exiger une injonction afin de faire cesser les manifestations dans la province.

Crainte pour la chaîne d’approvisionnement

L’Association canadienne des manufacturiers et exportateurs dénonce la situation actuelle à Emerson.

Le vice-président de l’association, Ron Koslowsky, croit que le blocage pourrait paralyser le flux en approvisionnement et en marchandises d’exportations, tant au Canada qu’aux États-Unis, alors que ce point de passage est très fréquenté en temps normal.

On ne peut pas laisser des gens prendre en otage le pays et notre économie, dit-il.

Ne pas entraver les véhicules d’urgence

Le porte-parole de la GRC du Manitoba a laissé entendre que, si des véhicules d’urgence ne pouvaient pas circuler à cause des blocages, cela pourrait être un problème.

Des manifestants avaient aussi bloqué certaines voies de circulation, il y a quelques semaines, mais il était alors possible d’atteindre la frontière.

Des manifestations semblables avaient lieu un peu partout au Canada à proximité de passages frontaliers pour protester contre les restrictions sanitaires et l’obligation de vaccination fédérale pour les camionneurs.

La semaine dernière, des convois anti-mesures sanitaires ont rendu difficile l’accès au Centre de santé Boundary Trails, situé entre Morden et Winkler.

Il est illégal d'entraver l'accès aux services médicaux dont les gens ont besoin, a ajouté Paul Manaigre. Cela pourrait entraîner des amendes, des accusations criminelles ou le remorquage des véhicules.

La GRC a déclaré cette semaine qu’une telle situation était inacceptable.

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