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Une demande d’injonction pour mettre fin au blocage du pont Ambassador

Trois manifestants avec des drapeaux devant l'entrée du pont.

La Ville a demandé des renforts policiers à la province et au fédéral pour déloger les manifestants si un juge lui accorde une injonction.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Des associations de l’industrie automobile, appuyées par la Ville de Windsor et la chambre de commerce, veulent obtenir une injonction pour mettre fin au blocage du pont Ambassador entre Windsor et Détroit.

À ceux qui envisagent de se joindre à la manifestation, permettez-moi de dire que vous n'êtes pas les bienvenus ici, a déclaré maire de Windsor, Drew Dilkens, lors d'une conférence de presse jeudi après-midi.

La demande doit être entendue vendredi. Le maire Dilkens espère que la décision suivra rapidement.

La Ville a également demandé aux gouvernements fédéral et provincial un soutien par l’envoi de membres de la Police provinciale de l'Ontario et de la Gendarmerie royale du Canada.

La province a répondu immédiatement, beaucoup de membres de la Police provinciale sont sur place et d’autres sont en route, a-t-il indiqué.

Drew Dilkens parle à des journalistes.

Drew Dilkens, le maire de Windsor, a annoncé que la Ville demande une injonction pour faire cesser le blocage du pont Ambassador.

Photo : CBC / Jason Viau

Hier, j'ai parlé de l'importance d'une résolution pacifique, et je garde toujours espoir que cet objectif puisse être atteint, a ajouté le maire de Windsor.

En soirée, la police de Windsor a annoncé sur Twitter que des policiers de l'extérieur étaient arrivés pour l'aider à mettre fin aux manifestations.

Drew Dilkens a fait savoir que les négociations avec les manifestants continuent, mais qu’elles sont complexes.

Il y a plusieurs parties qui pensent qu'elles représentent les manifestants alors que personne ne les représente, a-t-il affirmé. Il a cité en exemple le blocage de la rue Wyandotte, survenu jeudi matin, alors que la circulation sur cette voie avait fait l’objet d’un accord avec les manifestants mercredi.

Il s'agissait du dernier accès disponible pour circuler sur le pont Ambassador.

Le pont Ambassador entre Windsor et Détroit est donc complètement bloqué jeudi, en dépit des appels des politiciens en faveur d'un démantèlement des barricades. Les policiers municipaux et provinciaux sont stationnés à proximité, mais elles n'empêchent pas les manifestants de se rendre au rassemblement.

Des véhicules immobilisés sur la route; un drapeau canadien en arrière-plan.

Les manifestants réclament la fin de la vaccination obligatoire pour les camionneurs transfrontaliers.

Photo : Radio-Canada / Elvis Nouemsi Njiké

Le pont Ambassador est normalement le lien transfrontalier le plus achalandé de l'Amérique du Nord. La circulation y est partiellement ou complètement interrompue depuis lundi après-midi.

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, et son homologue ontarien, Doug Ford, avaient affirmé mercredi que la manifestation devait cesser.

Selon MM. Trudeau et Ford, le blocage mine l'économie. Les deux hommes avaient discuté ensemble de la situation mercredi soir.

Impact sur l'industrie automobile

À cause du blocage, des constructeurs automobiles ont ralenti ou suspendu la production dans leurs usines ontariennes.

La compagnie Ford indique que son usine de moteurs à Windsor a stoppé sa production, alors que son usine d'assemblage de véhicules à Oakville tournait au ralenti mercredi. Les usines américaines de Ford ne sont pas touchées pour l'instant.

La compagnie dit espérer une résolution rapide pour éviter que la crise n'ait des répercussions sur l'ensemble de l'industrie au Canada et aux États-Unis.

« Cette interruption [de la circulation] sur le pont entre Détroit et Windsor nuit aux consommateurs, aux travailleurs de l'auto, aux fournisseurs, aux communautés et aux compagnies des deux côtés de la frontière, qui ont déjà fait face à près de deux ans de pénuries de pièces à cause de la question internationale des semi-conducteurs, de la COVID, etc. »

— Une citation de  Rose Pao, porte-parole de Ford Canada

De son côté, Toyota indique que ses trois usines en Ontario ne devraient pas assembler d'autres véhicules d'ici la fin de la semaine, à cause de la fermeture du pont et d'autres facteurs.

Le groupe Stellantis affirme pour sa part que ses usines en Amérique du Nord fonctionnent depuis jeudi matin, mais qu'un certain nombre d'usines américaines et canadiennes ont interrompu leur deuxième quart de travail mercredi soir en raison de pénuries de pièces causées par la fermeture du pont Détroit-Windsor.

Près de 2,5 millions de camions empruntent le pont Ambassador chaque année. Plus de 25 % des marchandises échangées entre les États-Unis et le Canada y traversent la frontière.

Des voix s’élèvent des deux côtés de la frontière pour faire cesser le blocage

Mardi matin, la gouverneure du Michigan Gretchen Whitmer a qualifié le blocage du pont d'inacceptable pour les familles et les entreprises du Michigan.

Il est impératif que les gouvernements locaux, provinciaux et nationaux du Canada désamorcent ce blocus économique, a-t-elle ajouté.

Elle a appelé à la coopération entre les gouvernements américain et canadien pour résoudre les tensions.

Le Parti libéral de l’Ontario a par ailleurs publié ce matin un communiqué, intitulé Où est Doug Ford?. Le document rappelle que le blocage du pont Ambassador à Windsor étouffe des lignes d'approvisionnement vitales pour l'Ontario et ferme notre industrie automobile.

Selon Steven Del Duca, le chef du parti, les familles ont peur et nous allons commencer à voir des répercussions de plus en plus graves d'heure en heure [...]. Et encore une fois, quand les choses se compliquent, Doug Ford est introuvable, ajoute-t-il.

Le chef libéral Steven Del Duca.

Le chef libéral Steven Del Duca visitera des communautés touchées par le blocage à Windsor.

Photo : Radio-Canada

Le chef du Parti libéral se rend par ailleurs à Windsor aujourd’hui, pour visiter les communautés les plus touchées par la rupture de la chaîne d'approvisionnement au pont Ambassador.

L'Alliance canadienne du camionnage a quant à elle appelé les autorités à agir pour mettre fin aux blocages qui, selon elle, entraînent des pertes importantes.

Beaucoup de ceux qui manifestent voient leur vie perturbée par certaines politiques, et à leur tour, perturbent, ironiquement, la vie de leurs concitoyens canadiens, a écrit Stephen Laskowski, président du groupe, dans un communiqué.

Au sujet des répercussions économiques du blocage du pont, Stéphanie Parent, une participante à la manifestation de Windsor, a expliqué qu’il s’agissait exactement du but recherché.

Ils vont perdre de l'argent, oui, bien sûr, a-t-elle déclaré. Mais il y a des gens qui sont sans travail [...] depuis que les entreprises ont imposé ces politiques, obligeant leurs employés à se faire vacciner. Tant que cela ne vous affecte pas directement, vous ne comprenez pas vraiment les tenants et aboutissants.

Stéphanie Parent dit qu'elle s'est fait vacciner pour garder son emploi, mais elle ne pense pas qu'elle aurait dû faire un tel choix.

Avec des informations d'Elvis Nouemsi Njiké et de La Presse canadienne

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