•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le projet Bay du Nord cause des divisions au sein du Cabinet Trudeau

Le gouvernement fédéral doit approuver, ou non, un important projet d’exploitation pétrolière au large de Terre-Neuve-et-Labrador.

Portrait en gros plan du ministre de l'Environnement Steven Guilbeault devant une affiche de la COP26 à Glasgow en Écosse.

Le ministre de l'Environnement du Canada, Steven Guilbeault, fait face à un choix délicat.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

La décision est délicate et controversée. Radio-Canada a appris que le projet d’exploitation pétrolière Bay du Nord cause des divisions au sein du conseil des ministres de Justin Trudeau.

Le gouvernement fédéral doit-il approuver ou rejeter ce mégaprojet de forage au large de Terre-Neuve-et-Labrador? Autour de la table du Cabinet, des ministres ont choisi leur camp.

Selon nos informations, la vice-première ministre, Chrystia Freeland, est en faveur du projet, qui doit générer d’importantes retombées économiques pour la province de l'Atlantique. Sans surprise, le ministre Seamus O’Regan, qui représente une circonscription terre-neuvienne, le défend aussi.

À l’opposé, plusieurs ministres de l’Ontario, du Québec et de la Colombie-Britannique croient plutôt qu’il faut dire non à Bay du Nord.

Ces points de vue divergents n’ont rien pour faciliter la tâche du ministre de l’Environnement, Steven Guilbeault, pris dans un étau, entre les intérêts économiques d’une province en difficulté financière et ses propres objectifs climatiques. En théorie, il doit approuver ou rejeter le projet d’ici le 6 mars, mais il ne serait pas étonnant que cette date butoir soit repoussée à la demande du Cabinet, selon une source bien informée.

Des ministres craignent qu’un feu vert à Bay du Nord discrédite les promesses faites par le gouvernement libéral en matière de stratégie climatique. Justin Trudeau s’est notamment engagé à plafonner les émissions du secteur pétrolier et à atteindre la carboneutralité en 2050.

Plusieurs élus ont toujours en mémoire le spectre de l’achat du pipeline Trans Mountain, en Alberta.

Le projet Bay du Nord, de la norvégienne Equinor, vise à extraire de 300 millions à 1 milliard de barils de pétrole sur 30 ans à compter de 2028.

L’entreprise soutient que ce projet serait le plus faible en émissions par baril au Canada.

Un navire flottant de production, de stockage et de déchargement.

Le navire flottant de production, de stockage et de déchargement que l'entreprise norvégienne Equinor utiliserait pour extraire le pétrole extracôtier à 500 km à l'est de Terre-Neuve

Photo : Gracieuseté - Equinor

Les options de Steven Guilbeault

Trois options s’offrent à Steven Guilbeault : approuver, refuser ou négocier avec Terre-Neuve-et-Labrador. Selon nos informations, plusieurs scénarios sont envisagés.

En échange d’une approbation, Ottawa pourrait réclamer de la province qu’elle limite sa production dans l’avenir ou qu’elle mette fin, purement et simplement, à l’exploration pétrolière après Bay du Nord.

Terre-Neuve-et-Labrador pourrait aussi s’engager à mettre fin dans quelques années à l’exploitation d’autres plateformes pétrolières qui sont actuellement en activité. Des permis d’exploitation arriveront à échéance au début de 2030.

Le gouvernement Trudeau doit se prononcer d'ici un mois, le 6 mars, sur un projet majeur d'exploitation pétrolière au large de Terre-Neuve : le projet Bay du Nord. Reportage de Louis Blouin

Un test de crédibilité

Les militants écologistes attendent le gouvernement Trudeau de pied ferme. Approuver Bay du Nord serait une grave erreur, selon Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace Canada.

Ce serait un très mauvais signal. M. Trudeau renierait ses belles prétentions de prendre la crise climatique au sérieux. Ce serait totalement incohérent avec les engagements climatiques du Canada, explique M. Bonin.

« C’est un véritable test de crédibilité pour ce gouvernement qui dit prendre au sérieux la crise climatique. »

— Une citation de  Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace Canada

À Ottawa, le Nouveau Parti démocratique se demande comment le gouvernement Trudeau pourrait faire cadrer Bay du Nord dans sa stratégie climatique.

Le ministre Guilbeault doit remettre son plan pour atteindre ses objectifs de 2030 et 2050. Est-ce qu’un tel projet peut rentrer dans ce plan-là? C’est au gouvernement libéral et à M. Guilbeault d’en faire la démonstration, a déclaré le député Alexandre Boulerice.

Le bureau du ministre de l’Environnement a préféré ne pas accorder d’entrevue pour le moment, puisque la décision n’est toujours pas prise.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !