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Le gouvernement Ford tâte le pouls des électeurs sur les manifestations

Une firme payée par le gouvernement Ford sonde le public sur les manifestations de camionneurs, a appris Radio-Canada.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, se touche le front lors d'une conférence de presse.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Le gouvernement de Doug Ford continue de se faire plutôt discret sur le blocage du pont Ambassador à Windsor et l’occupation d’Ottawa, mais sonde en coulisses l’humeur du public sur la perception des manifestants et de leurs revendications.

Radio-Canada a obtenu un exemplaire d'un sondage piloté par Campaign Research, une firme employée par le gouvernement Ford et dirigée par Nick Kouvalis, un proche conseiller du premier ministre ontarien.

Le sondage distribué cette semaine demande à des Ontariens de se prononcer sur la vaccination obligatoire, la levée accélérée des mesures sanitaires dans d’autres endroits et les manifestations de camionneurs.

Croient-ils, demande le sondage, que ce qui se passe à Ottawa est un exemple de l'exercice légitime des droits démocratiques?. Croient-ils, au contraire, qu'il ne s’agit plus d’une manifestation légitime, mais d'une occupation?. Coïncidence ou pas, c’est dans ces termes presque exacts que Doug Ford a qualifié la situation à Ottawa, il y a quelques jours.

« Ce n’est plus une manifestation, c’est devenu une occupation. »

— Une citation de  Doug Ford, en point de presse le 4 février

La firme demande aussi aux répondants s’ils croient que les manifestations sont financées par des partisans de Donald Trump [...], qui sont souvent des racistes et des trouble-fêtes, ou s'ils croient plutôt qu’elles sont organisées par des Canadiens, des camionneurs, des agriculteurs et d'autres travailleurs qui sont légitimement contrariés par les restrictions et la vaccination contre le COVID.

Campaign Research effectue des sondages d'opinion publique pour le compte du groupe parlementaire du gouvernement et rien ne prouve qu’ils influencent les décisions de Doug Ford. Le caucus du Parti progressiste-conservateur n'a d'ailleurs pas répondu à notre demande de commentaires. Mais le sondage offre une vitrine sur les considérations du gouvernement dans sa gestion de crise.

Des sources de la garde rapprochée de Doug Ford confient à CBC que le gouvernement Ford espère que la situation demeurera le problème de Justin Trudeau. Jusqu’ici, les manifestants ont surtout dirigé leur colère vers le premier ministre du Canada. Doug Ford et ses ministres semblent éviter de faire trop de vagues.

D'ailleurs, ces sources indiquent que la province songe à devancer la date butoir du 14 mars pour la levée de la plupart des mesures sanitaires en Ontario. Selon le calendrier actuel, les limites de capacité prendront fin le 21 février dans les restaurants, les bars, les cinémas et les gymnases de l'Ontario, mais les grandes salles de spectacle seront limitées à 50 %. Toutes les restrictions de capacité restantes doivent être levées trois semaines plus tard.

Pas trop de vagues

M. Ford a attendu trois jours avant de déclarer que le blocage du pont Ambassador était illégal. La solliciteure générale, Sylvia Jones, n'a pas participé aux deux premières rencontres de la table de concertation tripartite sur la gestion de la situation à Ottawa, selon le ministre fédéral Bill Blair.

Mme Jones a aussi été critiquée par la police d’Ottawa, après avoir affirmé que 1500 agents de la Police provinciale étaient déployés dans la capitale. Son bureau a dû rectifier le tir pour expliquer que les 1500 agents avaient été déployés en rotation d’environ 200 à la fois. La province, dit-il, ne dira pas aux policiers comment faire leur travail, mais elle leur apporte du soutien.

La ministre des Transports Caroline Mulroney a tweeté sur les Jeux olympiques et le Nouvel An chinois, mais a attendu mercredi soir pour sortir de son mutisme sur la crise, après des demandes répétées de CBC/Radio-Canada. Le Code de la route relève de son ministère. La ministre et son chef semblent préférer travailler en coulisses. Mme Mulroney a participé à un appel avec son homologue Omar Alghabra, alors que le ministre fédéral Marco Mendicino a qualifié son appel avec M. Ford d’encourageant.

Les ministres ontariens ont continué cette semaine à tenir des points de presse quotidiens sur tout sauf la crise : la gestion des eaux pluviales à Toronto, l’industrie des courses de chevaux ou alors la distribution de tests rapides dans des pharmacies et épiceries. Pendant ce temps, les usines d’assemblage d’automobiles renvoyaient leurs employés à la maison à cause du blocage à Windsor.

Des camions immobilisés sur le pont Ambassador entre Windsor et Détroit, en raison du blocage.

Des camions immobilisés sur le pont Ambassador entre Windsor et Détroit, en raison du blocage.

Photo : Associated Press / Daniel Mears

Christine Elliott est demeurée archiprudente mercredi, lorsque questionnée sur la fin du passeport vaccinal et du port du masque, deux grandes demandes des manifestants. Elle a refusé de donner une date pour la levée de ces mesures, préférant lancer la balle dans le camp de la santé publique.

Où est Doug Ford, alors que la crise s’enlise?, lui a demandé une journaliste lors de l’annonce sur les tests rapides. Réponse de la ministre : Il est occupé à planifier la relance économique et la campagne de vaccination en Ontario. Plus tard dans la journée, le bureau du premier ministre a envoyé une déclaration écrite aux médias pour condamner les manifestations et réclamer la fin du blocage à Windsor, que le maire décrit comme étant une prise d’otages.

Mercredi soir, M. Ford a Tweeté en disant avoir avoir parlé au téléphone avec le premier ministre Justin Trudeau au sujet des occupations en cours à Windsor et à Ottawa. Nous continuerons à travailler ensemble pour soutenir nos forces policières dans la gestion de ces situations. Nous avons tous les deux convenu que la situation doit prendre fin, a écrit Doug Ford.

L’opposition demande plus d’action

Les trois partis d’opposition ont d’ailleurs demandé plus d'action du gouvernement Ford cette semaine. Les libéraux somment la province de débloquer des fonds d’urgence pour aider les résidents et les commerçants touchés par la manifestation à Ottawa et de poursuivre les organisateurs du convoi de la liberté en justice.

La cheffe du NPD Andrea Horwath demande pour sa part que la province démantèle les blocages de manière pacifique à l’aide d’incitatifs comme la suspension des permis des véhicules impliqués. Le premier ministre Doug Ford ne veut pas agir et demeure absent parce qu'il ne veut pas se mettre à dos les antivaccins, a écrit Mme Horwath dans un communiqué.

Le Parti vert de l’Ontario a quant à lui appelé à une résolution non partisane par une session d’urgence à l’Assemblée législative.

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