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Plus de 6 victimes de surdose par jour en 2021 en Colombie-Britannique

Des chaussures accrochées à un pont pour symboliser les victimes de la crise des surdoses.

La crise des opioïdes s'est aggravée au cours des deux dernières années en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms/CBC

L'année 2021 a été marquée par un nombre record de surdoses mortelles, en Colombie-Britannique. Les 2224 décès, soit en moyenne 6 par jour, représentent un nombre « inacceptable », selon le gouvernement.

Le nombre de personnes mortes en raison des drogues toxiques l’an dernier est inacceptable. Nous devons en faire plus pour prévenir ces pertes de vie tragiques, déclarent la ministre responsable de la Santé mentale et des Dépendances, Sheila Malcolmson, et la médecin hygiéniste en chef, Bonnie Henry, par voie de communiqué.

C’est une hausse de plus de 25 % par rapport à 2020, précédente année record, durant laquelle 1765 personnes ont perdu la vie dans la province à la suite de la consommation de drogues illicites.

« Nous sommes dans la pire situation que nous ayons jamais vécue », a déclaré la coroner en chef de la Colombie-Britannique, Lisa Lapointe, lors d’un point de presse, mercredi matin. Les drogues toxiques causent plus de décès que toute autre cause de mort non naturelle.

Le Service des coroners a récemment rendu public le nombre de décès signalés en novembre et en décembre 2021, soit 210 et 215, respectivement.

Par conséquent, chaque jour, 7 personnes sont mortes d’une surdose dans les deux derniers mois de l’année, un chiffre sans précédent.

Alors que la province ajoute de nouveaux services dans le système de santé chaque semaine, la Colombie-Britannique fait face à un nombre grandissant de besoins, disent Mme Malcolmson et la Dre Henry.

Pandémie de COVID-19, crise des drogues toxiques, vague de chaleur, incendies... Nous n’en avons jamais autant demandé à nos travailleurs de la santé et aux familles britanno-colombiennes.

Demande de décriminalisation

La ministre de la Santé mentale et des Dépendances rappelle que le gouvernement a formellement demandé à Ottawa de décriminaliser la possession de petites quantités de drogue en Colombie-Britannique en exemptant la province de l’application d’une partie de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.

Victoria réclame la décriminalisation de la possession personnelle de 4,5 g de drogues illicites ou moins, plaidant qu’une approche répressive est contre-productive et mène les gens à se cacher pour consommer seuls, ce qui augmente les risques de mourir en cas de surdose et décourage les toxicomanes d’aller chercher de l’aide.

Le gouvernement provincial a aussi mis en place des projets pilotes d’approvisionnement sûr en drogue et travaille actuellement à simplifier l’accès à des solutions de rechange pharmaceutiques prescrites par des professionnels de la santé, mais, selon plusieurs groupes de défense des toxicomanes, ces progrès sont trop lents.

Distribution de drogue à Vancouver

Ces groupes de défense affirment que la drogue vendue dans la rue, souvent contaminée par des quantités variables de fentanyl, un opioïde extrêmement puissant, est trop dangereuse.

Des militants qui dénoncent les actions condamnables des différents ordres de gouvernement ont l'intention de distribuer leur propre drogue propre, c’est-à-dire non contaminée, dans le quartier du Downtown Eastside, à Vancouver, mercredi.

[Nous] demandons un accès immédiat à un approvisionnement sûr en drogues et que les responsables de la réponse à la crise des surdoses en Colombie-Britannique soient obligés de rendre des comptes, tout en continuant notre tradition de distribution de cocaïne, d’héroïne et de méthamphétamines sécuritaires, déclarent les représentants de trois groupes de défense des toxicomanes, dont le Vancouver Network of Drug Users (VANDU).

La coroner en chef, Lisa Lapointe, est ouverte à la création de clubs de compassion, où les toxicomanes pourraient se procurer des drogues dures sécuritaires, sur le modèle de ce qui a longtemps existé à Vancouver pour les consommateurs de cannabis à usage médical.

Le conseil municipal de Vancouver a récemment voté en faveur d’une telle initiative, appuyée entre autres par des experts et la régie de santé de Vancouver Coastal, mais cela nécessite aussi, comme pour la décriminalisation, une exemption fédérale.

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