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L’opposition presse le gouvernement Legault de lever l’état d’urgence sanitaire

Christian Dubé s'adresse aux journalistes.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, affirme que l'état d'urgence est toujours nécessaire pour s’assurer du maintien de certaines « règles exceptionnelles ».

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

Radio-Canada

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale reviennent à la charge pour réclamer la levée immédiate de l’état d’urgence au Québec, mais le gouvernement Legault maintient le cap et réitère qu’il veut y parvenir après l’adoption d’un projet de loi qui sera déposé en mars.

En conférence de presse mardi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a plaidé qu’il est nécessaire de procéder de la sorte pour s’assurer du maintien de certaines « règles exceptionnelles », dont celles encadrant le port du masque, le recours au passeport vaccinal et les primes versées aux infirmières.

En matinée mercredi, le Parti libéral, Québec solidaire et le Parti québécois ont tour à tour fait valoir, comme ils le font depuis des mois, que le gouvernement Legault n’a pourtant pas à utiliser la voie législative pour parvenir à cette fin.

L'urgence sanitaire, j'en ai parlé à plusieurs reprises, peut être levée. Ce n'est pas en contradiction avec les mesures sanitaires, a plaidé la cheffe libérale Dominique Anglade. Selon elle, M. Legault s’en accommode, car il aime gouverner seul et avoir les pleins pouvoirs.

Mme Anglade rappelle notamment que la situation actuelle permet au gouvernement d’accorder des contrats de gré à gré de durées variables sans qu’ils soient soumis à un examen public. S'il y a d'autres mesures qui doivent être encadrées, qu'il dépose à ce moment-là un projet de loi pour le faire, a-t-elle dit.

« Tout ça, ça n'a pas sa raison d'être. Point. Donc, cette urgence sanitaire, c'est une manière de gouverner par décret que le gouvernement aime, que François Legault affectionne. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

Du côté de Québec solidaire, le porte-parole en matière de santé, Vincent Marissal, a dit comprendre que des mesures exceptionnelles puissent être maintenues en raison de la situation sanitaire. Selon lui, le gouvernement Legault devrait cependant utiliser une loi transitoire pour y parvenir.

Mais pour ça, de toute façon, avant d’arriver là, ça prend un débat ici, à l’Assemblée nationale, débat que nous n’avons pas. On ne nous a pas fait la grâce de débattre correctement ici de certaines choses, et le gouvernement s’est arrogé toutes sortes de pouvoirs, de chèques en blanc, a-t-il dénoncé.

« L’état urgence tel qu’on le connaît et l’état d’urgence remis, reporté ad vitam aeternam, comme c’est le cas en ce moment, doit cesser, et ça fait un bon moment qu’on le dit, avec un bon débat ici. »

— Une citation de  Vincent Marissal, porte-parole de Québec solidaire en matière de santé

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a aussi fait valoir qu’il est temps de déconfiner la démocratie en levant l’état d’urgence. Il accuse le gouvernement de se livrer à du tataouinage dans ce dossier.

Le cadre juridique normal de fonctionnement de l'Assemblée nationale permet les mesures sanitaires. [...]. La loi prévoit le retrait de l'urgence sanitaire. Il n'y a pas d'obligation de passer par un projet de loi, puis on est ouverts, si jamais il y a des choses à négocier pour la transition, a-t-il dit.

Mais de reporter ça au mois de mars, puis de dire on va ensuite en débattre, puis ça va causer des délais, alors qu'on est prêts à ouvrir à peu près toutes les activités de notre société, c'est complètement inacceptable, a-t-il ajouté.

« J'ai un peu honte, honnêtement. Dans quel univers est-ce qu'on ne discutera pas en public avec des experts, en toute transparence, des décisions importantes pour notre société, mais qu'on va être capables d'écouter le Super Bowl ensemble puis de chanter au karaoké? Ça ne fonctionne pas. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Le ministre Dubé n’a cependant pas bronché lorsqu’interrogé sur les doléances de l’opposition mercredi matin. Il y a plusieurs mesures [dont] on a besoin. Les primes [pour les] infirmières… il faut être capable de pérenniser certaines primes, a-t-il maintenu dans une brève mêlée de presse avant la période de questions. On est en train de préparer un projet de loi qu’on va déposer en mars.

Le renouvellement à répétition de l'état d'urgence sanitaire depuis maintenant près de deux ans est rendu possible par l'article 119 de la Loi sur la santé publique. La Cour d'appel du Québec a récemment rejeté une requête visant à forcer le gouvernement à cesser d'agir de la sorte.

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