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Le Canada connaît la plus forte croissance démographique du G7

Des gens marchent sur un trottoir en ville. Plusieurs sont masqués.

La population canadienne a augmenté de 5,2 % entre 2016 et 2021, principalement en raison d'une immigration soutenue.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Selon les données du dernier recensement de 2021, le Canada compte aujourd’hui 37 millions d’habitants, soit 5,2 % de plus qu’il y a cinq ans, ce qui en fait le pays ayant connu la plus forte croissance démographique parmi les pays membres du G7.

D’après les premières données publiées mercredi matin par Statistique Canada, la population canadienne a crû de 1,8 million d’individus depuis le dernier coup de sonde national, en 2016.

En 2021, le Canada comptait 36 991 981 d'habitants.

« La population du Canada croît à un rythme deux fois plus élevé que les États-Unis. »

— Une citation de  Patrick Charbonneau, analyste principal au Centre de démographie de Statistique Canada

C'est essentiellement à l'immigration que l'on doit cette croissance, souligne le démographe Patrick Charbonneau. En fait, quatre personnes sur cinq qui se sont ajoutées à la population canadienne entre 2016 et 2021 étaient issues de l'immigration.

La croissance naturelle de la population, soit les naissances moins les décès, ne représente, elle, que 15 % de la croissance démographique observée au pays depuis cinq ans.

Comme on s’y attendait, la pandémie a eu un effet notable sur la courbe démographique canadienne. Après avoir enregistré une croissance record de 583 000 personnes (+1,6 %) en 2019, la population canadienne a connu en 2020 son taux de croissance le plus bas depuis un siècle.

Entravée par la fermeture prolongée des frontières pour tenter de protéger le pays de la pandémie de COVID-19, la croissance démographique n’aura été que de 0,4 % en 2020, soit un gain de 160 000 personnes. Mais, même en dépit de la pandémie, le rythme de croissance démographique du Canada est demeuré le plus élevé du G7, souligne Statistique Canada.

Statistique Canada vient de dévoiler les principaux constats du recensement 2021. On apprend que les villes canadiennes se densifient, et que l'immigration est le moteur principal de la croissance démographique au pays. Reportage de Jean-Philippe Hughes

Les Maritimes dépassent les provinces de l'Ouest

C'est au Yukon qu'on a enregistré la plus forte croissance démographique au niveau national depuis 2016, avec une augmentation de 12,1 % de la population de 2016 à 2021.

Parmi les provinces, ce sont l'Île-du-Prince-Édouard et la Colombie-Britannique qui ont connu la croissance la plus forte, avec des hausses respectives de 8 % et de 7,6 %.

« C’est la première fois depuis les années 1940 que les Maritimes ont eu un rythme de croissance plus rapide que les Prairies. »

— Une citation de  Patrick Charbonneau, analyste principal au Centre de démographie de Statistique Canada

Sur papier, la population des Maritimes a augmenté de 4,7 % contre 4,6 % dans les Prairies ces cinq dernières années. Il s'agit par ailleurs de la croissance démographique la plus élevée dans les Maritimes depuis 1970.

En plus d’avoir connu une augmentation marquée de l’immigration, les Maritimes ont gagné au niveau de la migration interprovinciale. Il y a plus de gens qui déménagent dans les Maritimes pour y vivre que l’inverse, explique le démographe Patrick Charbonneau.

Terre-Neuve-et-Labrador, de son côté, a vu au contraire sa population diminuer de 1,8 % au cours de la même période.

La perte de poids démographique se poursuit au Québec

De jeunes filles brandissant des drapeaux du Québec sont assises dans la rue pour assister au défilé de la Fête nationale.

Le pourcentage de personnes vivant au Québec dans la population canadienne est passé de 23,2 % à 23 % au cours des cinq dernières années.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

En dépit d’une augmentation de 4,1 % de sa population, qui se chiffrait à 8 501 833 lors du recensement, en 2021, le Québec continue de perdre du poids démographique au Canada par rapport aux autres provinces.

En 2021, les personnes qui vivent au Québec représentaient 23 % de la population canadienne contre 23,2 % en 2016. Cette tendance observée lors des 10 recensements précédents se poursuit donc. La croissance démographique du Québec demeure inférieure à celle du pays, qui était de 5,2 % au printemps 2021.

À titre de comparaison, la population de l'Ontario a crû de 5,8 % au cours des cinq dernières années, principalement en doublant le nombre d'immigrants accueillis par rapport au recensement précédent.

Le Québec n'est pas le seul dans cette situation. Les provinces atlantiques ont aussi perdu du terrain, avec un poids démographique qui est passé de 6,6 % à 6,5 % de la population canadienne entre les deux derniers recensements.

Les Canadiens s'urbanisent

Les chercheurs de Statistique Canada constatent que les Canadiens sont de plus en plus nombreux à vivre dans les grandes régions métropolitaines du pays, qui étendent rapidement leur territoire.

En 2021, 27 des 37 millions de personnes recensées au Canada vivaient dans l'un des 41 grands centres urbains du pays, souligne Statistique Canada. En clair, trois Canadiens sur quatre vivent aujourd'hui dans des régions métropolitaines.

Un passant dans un quartier de tours à condos à Toronto.

Les trois quarts des Canadiens vivent aujourd'hui dans les 41 grandes agglomérations urbaines du pays.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

C’est à l’immigration, encore une fois, qu'on doit cette forte croissance des centres urbains. « Plus de 9 nouveaux immigrants permanents sur 10 s'installent dans une région métropolitaine (RMR) », note Statistique Canada. Une tendance qui est cependant compensée dans les grandes villes par une augmentation des migrations vers les banlieues.

Si on regarde les migrations internes dans les trois plus grands centres urbains du Canada, il y a plus de gens qui quittent les villes vers la périphérie [...] mais de façon générale, l'immigration réussit à compenser ces pertes-là, explique le démographe Patrick Charbonneau.

Pour preuve, souligne Statistique Canada, pour la première fois en six recensements, aucune RMR au Canada n'a connu une diminution de population de 2016 à 2021.

Pour ce qui est de Montréal et Toronto, la population des deux RMR a augmenté de façon similaire entre 2016 et 2021, soit de 4,6 %. Ce qui les situe très loin derrière les villes de Kelowna, Chilliwack et Kamloops, qui affichent des taux de croissance respectifs de 14 %, 12,1 % et de 10 %.

Fait à noter, pour la première fois en 25 ans, Calgary ne fait plus partie des cinq RMR affichant les taux de croissance démographique les plus élevés.

Croissance beaucoup plus lente dans les régions rurales

Alors que les villes se remplissent sous l’effet de l’arrivée de dizaines de milliers d’immigrants au pays chaque année, dans les régions rurales, la croissance démographique est nettement moins forte.

En mai 2021, un peu plus de 6,6 millions de personnes vivaient dans une région rurale au pays, soit 0,4 % de plus qu’au recensement précédent, alors que la croissance des régions urbaines était de plus de 6,3 % au cours de la même période.

Par conséquent, le poids démographique des personnes vivant en milieu rural continue de diminuer au Canada. Pour un neuvième recensement consécutif : il est passé de 18,7 % en 2016 à 17,8 % en 2021, peut-on lire dans les documents de Statistique Canada.

Or, cette baisse aurait pu être plus marquée encore si ce n'avait été de l'arrivée de la pandémie, souligne l'agence fédérale.

Étant donné qu'un plus grand nombre de Canadiens peuvent maintenant travailler à domicile à cause de la pandémie, la population de certaines régions rurales a augmenté, alors qu'un plus grand nombre de personnes ont quitté les centres urbains, en particulier au Québec et en Ontario, dit-elle

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