Au moins 25 % des camionneurs à Ottawa ont des enfants à bord, selon la police
Plusieurs enfants prennent part à la manifestation à Ottawa, et ce, depuis le jour un, selon la police (archives).
Photo : Radio-Canada / Michael Charles Cole
Des quelque 418 camions stationnés au centre-ville d’Ottawa, environ un sur quatre a des enfants à bord, a indiqué mardi le chef adjoint du Service de police d’Ottawa (SPO), Steve Bell.
Cela veut dire qu’il y a au moins une centaine d’enfants qui prennent part à la manifestation.
En conférence de presse, Steve Bell a souligné son inquiétude par rapport à ces jeunes manifestants. Est-ce que les besoins de base de ces enfants sont comblés? Ont-ils accès à des douches? Est-ce qu’ils ont froid?
, s’est-il questionné, en ajoutant avoir sollicité la Société de l’aide à l’enfance d’Ottawa afin de se pencher sur la situation.
De leur côté, la Société de l’aide à l’enfance d’Ottawa dit avoir reçu plusieurs signalements par rapport à la présence d’enfants sur les lieux de la manifestation, et affirme collaborer étroitement avec la police, sans toutefois mentionner s’il y a des interventions directes auprès des manifestants.
« Nous sommes inquiets par rapport à l’exposition possible au monoxyde de carbone, mais aussi à l’exposition répétée aux gaz qui s’échappent des véhicules. »
De plus, le chef adjoint admet que la présence d’enfants sur les lieux peut compliquer le démantèlement de la manifestation qui, par ailleurs, s’étire à Ottawa depuis 12 jours.
L'organisatrice de la branche québécoise du convoi de camionneurs, Joanie Pelchat, assure que les besoins de tous les manifestants, dont les enfants, sont comblés.
On a des centaines et des centaines [...] de bénévoles. On a des gens tellement généreux qui ouvrent leur maison aux camionneurs, à leur famille. L'organisation a loué des chambres d'hôtel
, mentionne-t-elle.
Les besoins sont vraiment comblés. C'est comme quand les gens partent en camping l'été avec leurs enfants
, renchérit Mme Pelchat. On fait vraiment en sorte que personne ne manque de rien.
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Le ravitaillement des camions se poursuit
Malgré une opération policière qui a permis la saisie de plusieurs bidons d’essence et de propane au site de Coventry en fin de semaine dernière, le ravitaillement se poursuit au centre-ville.
Le SPO
avait durci le ton il y a quelques jours en annonçant son intention de saisir tout matériel dangereux, dont des bidons d’essence et de propane qui permettent aux camionneurs de demeurer sur place. Lundi, la police avait même publié un autre avis selon lequel toute personne se promenant avec un bidon à essence pourrait être arrêtée et interrogée.Or, plusieurs manifestants qui ont été arrêtés par la police transportaient de l’eau dans leur bidon d’essence, ce qui complique le travail des agents sur place, a souligné le chef adjoint Steve Bell. Les 1800 agents de police supplémentaires demandés par le SPO vont aider à effectuer ce genre de vérifications, a ajouté M. Bell.
À 12 h mardi, la police d'Ottawa avait procédé à 23 arrestations en lien avec la manifestation. Et avec les services municipaux, plus de 1300 contraventions avaient été remises depuis le début de la manifestation.
Le corps policier mène 85 enquêtes criminelles en lien avec les événements. L'une d'entre elles concerne un incident impliquant un manifestant qui aurait heurté une voiture de police. Personne n'a été blessé, a précisé le SPO
.Toujours pas de date de fin
La police s’est montrée floue mardi en ce qui a trait à la façon dont elle allait mettre un terme à cette manifestation, qu’elle qualifie d’ailleurs d’occupation
.
Questionné à plusieurs reprises sur la question de savoir si la police avait un plan précis pour sortir les camions du centre-ville, le chef adjoint a répété que plusieurs avenues étaient envisagées
et qu’ils évaluaient encore les diverses formes d’aide dont ils avaient besoin.
Par exemple, il a évoqué une aide possible d’experts en assurances, d’experts de Transports Canada, de spécialistes en immatriculation de camions lourds, ou même d’une aide juridique supplémentaire.
En ce qui a trait à la possible intervention de remorqueuses, le chef adjoint a aussi expliqué que certains camions avaient enlevé leurs pneus et que d’autres avaient modifié leurs freins afin d'immobiliser leur camion, ce qui pose un défi supplémentaire
.
Avec les informations de Frédéric Pepin