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Déconfinement progressif au Québec : réjouissance et soulagement en Outaouais

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Les bars vont pouvoir bientôt recommencer à accueillir des clients (archives).

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Radio-Canada

Le gouvernement Legault a dévoilé mardi un calendrier de déconfinement qui doit mener les Québécois à une « vie plus normale » à compter du 14 mars.

Le plan présenté par le premier ministre François Legault s’articule autour de cinq dates en février et mars qui doivent conduire à une levée complète des restrictions imposées aux restaurants, bars, salles de spectacle, casinos, lieux de culte, gymnases et spas de la province, pour ne nommer que ces derniers.

La promesse d’une réouverture à la fin du mois est un vif soulagement chez des commerçants de l'Outaouais.

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Alexandre Leblanc, directeur général du café-bar Aux 4 jeudis

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Alexandre Leblanc, directeur général du café-bistro Aux 4 jeudis et du Piz'za-za à Gatineau, est tout sourire depuis l’annonce. Le premier ministre a dit qu'on était sorti du tunnel la semaine dernière, et là, on a un itinéraire.

Le restaurateur affirme que la meilleure nouvelle, c’est ce plan avec lequel il pourra maintenant travailler. On sait quand on va ouvrir, à quelle capacité, vers où on s’en va, se réjouit M. Leblanc.

Il constate que les employés sont eux aussi ravis. J’ai appelé mes employés qui étaient mis à pied depuis le 20 décembre. Tous m’ont répondu avec un enthousiasme agréable, souligne-t-il.

La prévision d’un retour à la normale dans un mois l’emballe. M. Leblanc prévoit que la levée de toutes les restrictions à partir du 14 mars prochain fera le plus grand bien.

« Lorsqu’on pourra recommencer à danser pour vrai, à ne plus voir le doute planer sur nos établissements et nos entreprises [...] ça va donner un dynamisme et un encouragement à tous les entrepreneurs du centre-ville. »

— Une citation de  Alexandre Leblanc, directeur général des 4 jeudis et du Pizzaza

Alexandre Leblanc poursuit : Il restera une étape importante pour nous, ce sera de pouvoir compter sur le retour de milliers de fonctionnaires au centre-ville. C’est un combat qu’on va continuer à voir au premier plan.

Même emballement chez Emmanuelle Huppé, directrice du bar Ou Quoi Salon urbain.

Elle souligne que lorsque la réouverture sera permise sans restriction, ça fera alors deux ans pratiquement jour pour jour que la pandémie aura débuté.

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La directrice du bar Ou Quoi Salon Urbain, Emmanuelle Hupé

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

La femme d’affaires compte bien profiter des deux prochaines semaines pour être fin prête pour la réouverture.

« On pourra bien se préparer et accueillir nos clients. On s'ennuie beaucoup, les employés sont super heureux. Ça va faire du bien de revoir tout ce monde-là. »

— Une citation de  Emmanuelle Huppé, directrice du bar Ou Quoi Salon Urbain

La « meilleure nouvelle depuis des lustres »

Pour le président de la Chambre de Commerce de Gatineau, Stéphane Bisson, le déconfinement progressif annoncé mardi est la meilleure nouvelle depuis des lustres. Dans une déclaration écrite, il avance qu’il est maintenant temps d'apprendre à vivre avec le virus tout en cessant une fois pour toutes la valse des fermetures-réouvertures.

L’homme d’affaires affirme que les commerçants sont au bout du rouleau, que les dettes s'accumulent, qu'ils doivent enfin recommencer à être profitables.

M. Bisson estime que les restrictions annoncées avant la période des fêtes ont menacé la survie de nombre d'entreprises. Beaucoup d’entre elles ne sont pas encore tirées d'affaire, poursuit-il, en raison du fardeau financier accumulé depuis 2020.

La Chambre de commerce de Gatineau invite maintenant la population à soutenir les restaurants et commerces locaux.

Annie-Pier Caron Daviault, directrice générale chez Vision Centre-Ville Gatineau, estime qu’il faut maintenant un contrat social entre le gouvernement et les commerçants.

Québec doit s'engager à tout faire pour ne pas que ça referme, dit-elle.

Elle soutient également que si une fermeture devait survenir de nouveau, on veut des chiffres précis et les avis de la santé publique devront être publiés. Elle insiste : On veut comprendre pourquoi on ferme les restaurants.

C'est tellement difficile pour un restaurant de devoir fermer, souligne-t-elle, de migrer vers les commandes pour emporter, de rouvrir, de former à nouveau des employés dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre, c’est épouvantable et dramatique pour certains, conclut-elle.

Soulagement et réjouissance chez les Olympiques de Gatineau

C’est une excellente nouvelle, s’exclame Olivier Beauregard, directeur des communications et marketing de l’équipe de hockey des Olympiques de Gatineau.

Ça fait en sorte que la gymnastique avec les détenteurs de billets de saison, de loges VIP, n’aura plus à se faire. Soulagé, il ajoute que l'organisation pourra accueillir tout le monde, au complet, tous en même temps.

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Les Olympiques pourront bientôt accueillir plus de spectateurs au Centre Slush Puppie (archives).

Photo : Dominic Charette Photographe

C’est une annonce qui était attendue par les joueurs, mais aussi les actionnaires, rappelle-t-il, qui ont investi beaucoup d’argent dans la restructuration de l’équipe et le déménagement à son nouveau domicile, le Centre Slush Puppie.

« On est content qu’on va pouvoir enfin remplir les coffres et se concentrer sur le spectacle, et donner le meilleur show en ville de hockey junior. »

— Une citation de  Olivier Beauregard, directeur des communications et marketing des Olympiques de Gatineau

L'allègement des mesures annoncé mardi est visiblement satisfaisant pour Olivier Beauregard. Même si pour les prochains jours l’aréna ne pourra être au maximum de sa capacité, ce scénario sera quand même réalisable bientôt.

Claudine Bourgeois, directrice des communications pour Hockey Outaouais, assure que tout le monde a hâte de jouer et d'avoir du monde dans les gradins.

Elle indique que l’organisation va essayer de prolonger la saison de quelques semaines, pour avoir le plus de matchs possible [...] et voir comment on peut s’arranger avec les séries et la tenue de quelques tournois d’ici la fin de la saison.

La prudence demeure de mise

Le dévoilement du calendrier de déconfinement présenté par le gouvernement Legault prévoit un retour à une « vie plus normale » peut-être un peu trop rapidement, selon le microbiologiste et enseignant en biologie au Cégep de l'Outaouais, Patrick Fillion. Il aurait nettement souhaité une approche plus lente.

Malgré les assouplissements des mesures sanitaires, M. Fillion constate que la situation demeure bien fragile.

Le premier ministre du Québec a présenté un calendrier de déconfinement graduel, qui prévoit la levée de la plupart des mesures sanitaires d'ici le 14 mars. Entrevue avec le microbiologiste Patrick Fillion.

Le scientifique se dit bien conscient des pressions sociales que subit le gouvernement, mais il souligne qu’il y a quand même actuellement plus d’hospitalisations que lors de la première vague de la pandémie.

Il estime que le nombre de décès demeure également préoccupant.

Selon lui, l’annonce du premier ministre Legault donne de l’espoir aux Québécois, ce qui est à ses yeux une bonne chose.

Mais du point de vue scientifique, le professeur au Cégep de l'Outaouais estime que le gouvernement aurait dû peut-être attendre quelques semaines, au printemps, pour faire ces assouplissements-là.

« On doit apprendre à vivre avec le virus, mais il faut faire les choses correctement et non pas simplement répondre à la pression et la grogne populaires. »

— Une citation de  Patrick Fillion, microbiologiste

Il ajoute qu’il faut y aller de façon logique, réfléchie, et déconfiner de façon progressive, afin d’évaluer la situation dans les hôpitaux et éviter les débordements.

La vaccination demeure, selon le microbiologiste, primordiale pour atteindre une certaine immunité collective. Toutefois, le professeur reconnaît du même souffle qu’il faut aussi apprendre à vivre avec le virus.

Patrick Fillion demeure par ailleurs convaincu de l’importance du passeport vaccinal pour lutter contre la transmission de la maladie et de ses variants. Cette mesure pourrait sans doute disparaître, selon lui, vers la fin de l'été.

Avec les informations de Jean-François Poudrier et Rémi Authier

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