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Les manifs de camionneurs vont-elles accélérer le déconfinement en Ontario?

Le sort du passeport vaccinal, notamment, est en suspens dans la province.

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Toronto a été le théâtre d'une manifestation de camionneurs le 5 février.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

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Le premier ministre Doug Ford dit qu'il comprend la « frustration » des protestataires alors que des rassemblements contre la vaccination obligatoire et les restrictions sanitaires se multiplient en Ontario.

M. Ford fera face à l'électorat en juin prochain et il marche sur des œufs actuellement, affirmant que les camionneurs ont le droit de manifester, tout en se disant personnellement en faveur de la vaccination.

La vaccination obligatoire des camionneurs transfrontaliers relève du fédéral, pas de l'Ontario.

Mais les manifestations organisées au cours des derniers jours non seulement à Ottawa, mais aussi à Toronto et à Windsor montrent que la grogne touche aussi des mesures provinciales comme le passeport vaccinal.

L'épidémiologiste Raywat Deonandan, professeur à l'Université d'Ottawa, dit qu'il est normal que la province lève des restrictions, compte tenu du taux élevé de vaccination et de la baisse des infections et des hospitalisations.

Il craint toutefois que cela ne se fasse trop rapidement dans le contexte actuel.

« La politique risque d'accélérer le processus [de déconfinement] à un rythme inapproprié, alors que les manifestants crient victoire pour des changements qui allaient se produire de toute façon. »

— Une citation de  Raywat Deonandan, épidémiologiste

Le professeur Deonandan cite l'exemple du passeport vaccinal, qui est encore utile, selon lui. En fait, il pense que l'exigence pour le passeport devrait être de trois doses de vaccin, plutôt que deux.

Mais à cause des pressions politiques, ce ne sera vraisemblablement pas le cas, dit-il.

Le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario, le Dr Kieran Moore, a évoqué la fin du passeport vaccinal la semaine dernière, mais sans fixer de date. Il affirme, tout comme le premier ministre Ford, qu'il faut apprendre à vivre avec le virus.

Échéancier flou

Selon le plan de déconfinement présenté en janvier par M. Ford, l'Ontario doit annuler le 21 février les limites actuelles quant au nombre de clients dans les magasins, les restaurants et les centres d'entraînement, notamment.

Le 14 mars, les restrictions d'achalandage seraient levées dans tous les lieux publics, mais le passeport vaccinal continuerait à être exigé.

En point de presse mercredi, la ministre de la Santé, Christine Elliott, n'a pas voulu préciser ce qui se passerait après cette date.

« On ne planifie pas pour l'instant éliminer le passeport vaccinal et le masque. »

— Une citation de  Christine Elliott, ministre de la Santé de l'Ontario

Elle a ajouté que ces mesures ne seraient pas en place pour toujours, mais tout en disant qu'il était prématuré selon elle d'abandonner le passeport vaccinal et le masque. Elle a cité entre autres la propagation du nouveau sous-variant BA.2, qui serait encore plus contagieux que la souche originale d'Omicron. Nous devons être prudents, a-t-elle dit. Nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge.

De son côté, le Dr Moore organise habituellement un point de presse chaque jeudi pour faire le point sur la pandémie.

Impatience du public

L'épidémiologiste et professeur à l'Université de Toronto David Fisman craint lui aussi que des considérations politiques portent ombrage à la santé publique.

Il y a beaucoup d'impatience, les sondages montrent que le public est de plus en plus favorable à un retour à la normale, dit celui qui a critiqué fréquemment le gouvernement Ford durant la pandémie.

« Les politiciens pourraient utiliser la levée des restrictions pour faire des gains politiques. »

— Une citation de  David Fisman, professeur à l'École de santé publique Dalla Lana de l'Université de Toronto

Oui la situation sanitaire s'améliore en Ontario, dit-il, mais il souhaite que la province continue à lever les restrictions prudemment et par étapes.

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Le politologue Peter Graefe pense que le premier ministre Doug Ford sera réélu en juin.

Photo : Radio-Canada

Le politologue Peter Graefe, professeur à l'Université McMaster de Hamilton, rappelle que le gouvernement Ford avait déjà signalé dans le discours du Trône l'an dernier qu'il chercherait à lever les restrictions avant les élections.

Le variant Omicron a ralenti les plans du premier ministre. Selon le professeur Graefe, les manifestations des derniers jours confirment qu'il serait préférable politiquement pour M. Ford de faire sauter le passeport vaccinal, par exemple, avant le début de la campagne électorale.

« [Doug Ford] a fait des sorties contre les manifestants à Ottawa, mais du même souffle, il disait qu'il y avait ce droit de manifester à Toronto en fin de semaine, tant que les gens obéissent à la loi. Donc, il doit sans doute craindre de perdre un certain nombre de votes du côté des partis de droite qui s'opposent aux mesures sanitaires. »

— Une citation de  Peter Graefe, politologue

Cela dit, il ne pense pas que la question des restrictions sanitaires sera un enjeu majeur lors de la prochaine campagne électorale, sauf peut-être à Ottawa, où la manifestation des camionneurs dérange de nombreux résidents.

Le professeur Graefe affirme que Doug Ford a été sauvé par la pandémie en fin de compte, qui a pu le sortir d'une incompétence assez importante au début [de son mandat].

Sa cote de popularité n'est pas aussi reluisante qu'elle l'était au début de la pandémie, mais M. Graefe s'attend à une réélection du chef progressiste-conservateur en juin, à la tête d'un gouvernement minoritaire ou majoritaire.

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