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Critique envers Trudeau, Joël Lightbound ne présidera plus le caucus québécois du PLC

Joël Lightbound parle en point de presse.

Joël Lightbound est depuis 2015 député libéral de la circonscription de Louis-Hébert à la Chambre des communes.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Quelques heures après avoir jeté un pavé dans la mare en écorchant la gestion de la crise sanitaire par son gouvernement, le député de la circonscription fédérale de Louis-Hébert, Joël Lightbound, quitte ses fonctions de président du caucus québécois du Parti libéral du Canada (PLC).

M. Lightbound avait convoqué les médias mardi matin pour déplorer la politisation de la pandémie. Il a dénoncé des politiques qui, selon lui, divisent inutilement, alors que le Canada compte un des taux de vaccination les plus hauts du monde.

Le député de la région de Québec souhaite que le gouvernement adopte une feuille de route quantifiée et quantifiable pour en finir avec les restrictions sanitaires qui sont de son ressort.

Selon lui, il ne faut pas nécessairement lever toutes les restrictions immédiatement, mais il faut savoir, selon des barèmes précis et quantifiables, à partir de quel moment les mesures vont tomber.

Joël Lightbound marche dans un corridor du Parlement.

Joël Lightbound affirme que le caucus libéral était au courant de sa sortie de mardi matin.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

M. Lightbound estime également que la population n'arrive plus à comprendre l'utilité des mesures, parce que les gouvernements ne les expliquent plus. C'est beaucoup plus facile d'accepter quand au moins on comprend, surtout que ces restrictions ont des conséquences bien réelles dans la vie des gens, souligne le député.

La vaccination obligatoire des camionneurs en est un bon exemple, soutient-il. C'est une politique qui présentement va à l'encontre des recommandations récentes de l'OMS et pour laquelle on n'a aucun chiffre quant à ce qu'on tente d'accomplir d'un point de vue épidémiologique.

Le député a tenu à préciser qu'il n'a participé à aucune des manifestations de camionneurs qui ont fait ou font toujours grand bruit – littéralement – depuis 10 jours à travers le pays.

Il a d'ailleurs demandé aux camionneurs et à leurs sympathisants qui occupent la ville d'Ottawa de bien vouloir se relocaliser sans délai et a condamné sans réserve les dérapages dégoûtants de certains.

Un malaise connu au sein du caucus libéral

Même si c'est la première fois depuis mars 2020 qu'un élu brise les rangs du PLC au sujet de la pandémie, Joël Lightbound n'a pas remis en question son allégeance, mardi. Je peux vous assurer que je ne changerai pas de parti, a-t-il dit. J’ai trop de respect pour mes électeurs pour changer de bannière.

Selon le député, il existe un espace pour la dissidence au sein du Parti libéral. J’ai fait valoir mes positions de manière extrêmement claire au sein du caucus, a-t-il assuré, disant espérer pouvoir continuer de faire pression à l'interne pour que le gouvernement adopte une approche différente.

D'ailleurs, d'autres députés pensent comme lui, dit-il.

« Si je suis le seul à m’exprimer publiquement aujourd’hui, je peux vous assurer que je ne suis pas le seul à éprouver un malaise à différents degrés avec la direction qu’a décidé de prendre le gouvernement. »

— Une citation de  Joël Lightbound, député libéral de Louis-Hébert

M. Lightbound a toutefois annoncé sur Twitter mardi après-midi qu'il entendait quitter ses fonctions de président du caucus québécois du PLC. Le député assure que cette décision est la sienne. En coulisse, il explique qu'il ne se sentirait pas en position de se faire la voix du caucus, étant donné le désaccord qu'il a exprimé.

Sa démission a été confirmée sur le même réseau social par le whip en chef du PLC, Steven McKinnon, qui a précisé que M. Lightbound resterait membre du caucus libéral, puisqu'il avait réitéré sa pleine confiance dans le gouvernement.

Financer les systèmes de santé provinciaux

Par ailleurs, Joël Lightbound a évoqué mardi la hausse des transferts en santé comme l'une des humbles pistes de solution qu'il propose pour sortir de la crise sanitaire. De telles négociations devraient être entamées sans délai, selon lui.

La position actuelle du gouvernement me semble intenable, a déclaré le député de Louis-Hébert. D’une part, on dit qu’on ne négociera pas les transferts tant que la pandémie ne sera pas terminée et, du même souffle, on dit que la pandémie va durer des années.

M. Lightbound a rappelé qu'Ottawa dépensait un demi-milliard de dollars par semaine au Québec en prestations de confinement depuis le début de la vague Omicron, le tout dans l'espoir de protéger le système de santé de la province. Or, il en coûte un milliard par semaine au gouvernement Legault pour faire fonctionner ledit système.

C'est la quadrature du cercle, a dénoncé le député. Il me semble qu'on peut faire preuve de plus de vision et de plus d'ingéniosité.

Un cadeau du ciel pour l'opposition

De retour sur la colline du Parlement après avoir contracté la COVID-19, le premier ministre Trudeau a déclaré en mêlée de presse, avant la période des questions de l'après-midi, qu'il comprenait la frustration du député Lightbound. Mais on va continuer à faire le travail nécessaire en équipe, a-t-il pris soin de préciser.

L'heure qui a suivi a été particulièrement pénible pour les libéraux, qui ont essuyé aux Communes un barrage de questions de la part des conservateurs, qui ont fait leurs choux gras de la sortie de Joël Lightbound, mardi.

Leur cheffe par intérim, Candice Bergen, a déclaré que ses troupes ne pourraient être davantage d'accord avec le député, et a imploré le premier ministre de suivre la science et de mettre fin aux mesures.

Je suis extrêmement heureux d'entendre les conservateurs pour une fois parler de suivre la science, a répondu Justin Trudeau en soulignant que plusieurs députés de l'opposition officielle choisissent de ne pas être vaccinés et débattent sans cesse de l'efficacité des mesures sanitaires – des mesures qui ont sauvé des vies.

« La façon dont on va en finir, c’est en suivant la science. Ce n'est pas en jouant à des jeux politiques comme le font les conservateurs. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

M. Lightbound ayant déclaré qu'une décision [avait] été prise d'adopter une approche qui divise et qui stigmatise, le nouveau lieutenant politique des conservateurs au Québec, Luc Berthold, a aussi tenté de savoir si oui ou non M. Trudeau avait lui-même pris la décision de diviser la population pour gagner une élection.

Les décisions prises par le gouvernement visaient à garder les gens en sécurité, pour pouvoir passer au travers de cette pandémie, lui a répondu le premier ministre.

Enfin, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a lui aussi fait référence aux propos de M. Lightbound sur les transferts en santé pour redemander au gouvernement de tenir un sommet sur le financement des soins de santé.

Cette proposition a été aussitôt écartée par le premier ministre Trudeau, qui a fait valoir que ces discussions continuent avec les provinces et rappelé que les transferts fédéraux en santé avaient atteint 43 milliards de dollars en 2021 – une somme non négligeable, selon lui.

Avec les informations de Louis Blouin et de La Presse canadienne

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