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Québec présente son calendrier de déconfinement

Luc Boileau (flou, à gauche), François Legault avec un léger sourire au centre et Christian Dubé (flou, à droite), à la table de la conférence de presse.

En compagnie de Luc Boileau, directeur national de santé publique par intérim (à gauche), et Christian Dubé, ministre de la Santé (à droite), le premier ministre François Legault a annoncé un retour à une « vie plus normale » le 14 mars.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

À l'heure où les signes d'impatience pandémique se multiplient, le gouvernement du Québec a dévoilé mardi un calendrier de déconfinement qui doit mener les Québécois à une « vie plus normale » à compter du 14 mars. « Il va falloir apprendre à vivre avec le virus », a résumé le premier ministre François Legault.

Le plan présenté par le premier ministre Legault s’articule autour de cinq dates en février et mars qui doivent conduire à une levée complète des restrictions imposées aux restaurants, bars, salles de spectacle, casinos, lieux de culte, gymnases et spas de la province, pour ne nommer que ces derniers.

Le calendrier de déconfinement en bref :

À compter du 12 février

  • Abolition de la limite légale pour le nombre de personnes permises dans les rassemblements dans les résidences privées. Par contre, la santé publique recommande un maximum de 10 personnes ou un groupe provenant d’un maximum de trois adresses différentes;
  • Le nombre maximum de personnes permises à la même table dans les restaurants et les salles à manger passe à 10 personnes par table ou un groupe provenant de trois adresses différentes;
  • Levée des restrictions sur les visiteurs dans les CHSLD et les RPA. Deux visiteurs pourront être présents en même temps dans une chambre pour un maximum de quatre visiteurs par jour.


À compter du 14 février

  • Réouverture des salles de sport et des spas à 50 % de leur capacité et reprise de la pratique des sports pour les adultes;
  • La tenue de parties dans les sports d’équipe sera désormais permise;
  • La limite des spectacles extérieurs passe à un maximum de 5000 personnes.


À compter du 21 février

  • Tous les commerces pourront ouvrir à 100 % de leur capacité;
  • Retrait de la limite de 500 personnes imposée aux salles de spectacle qui ne pourront cependant remplir leurs salles qu’à 50 % de leur capacité.


À compter du 28 février

  • Les tournois et les compétitions sportives pourront recommencer à avoir lieu;
  • Le télétravail ne sera plus obligatoire, mais seulement recommandé par la santé publique;
  • Les lieux de culte et les salles de spectacle pourront rouvrir à 100 % de leur capacité à l’exception du Centre Bell et du Centre Vidéotron;
  • Réouverture des bars et des casinos à 50 % de leur capacité d’accueil, mais sans danse ni karaoké.
  • Les restaurants et les bars devront fermer à 1 h, et le dernier service sera offert à minuit.


À compter du 14 mars

  • Retour de la danse et du karaoké dans les bars et les casinos.
  • Les restaurants, les bars et les grandes salles – comme le Centre Bell – vont pouvoir rouvrir à 100 % de leur capacité d’accueil.

« Ça veut dire que le 14 mars, l’essentiel des mesures sanitaires va être levé, donc on va revenir à une vie plus normale. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

« Il va falloir apprendre à vivre avec le virus », dit François Legault.

Le masque et le passeport maintenus partout

Aucune mesure de protection personnelle contre le virus, comme le port du masque, la désinfection et la distanciation sociale, n’est modifiée dans ce plan de déconfinement présenté par Québec. Toutes, y compris le passeport vaccinal, demeurent en place jusqu’à nouvel ordre.

Ce qui nous permet de faire le déconfinement, beaucoup, c’est l’espace dans les hôpitaux qu’on a créé, mais aussi le fait d’avoir un passeport vaccinal et le masque, a expliqué le ministre de la Santé, Christian Dubé, aux côtés du premier ministre Legault et du directeur national de santé publique par intérim, Luc Boileau.

M. Dubé ne s'est cependant pas avancé sur la possibilité que le passeport nécessite trois doses de vaccin.

« Nous ne prévoyons pas lever le port du masque actuellement, ça demeure une mesure très efficace pour réduire la contagion. […] Et nous souhaitons qu’il reste ainsi au moins jusqu’au 14 mars. On verra par la suite. »

— Une citation de  Luc Boileau, directeur national par intérim de santé publique du Québec
Une grande table avec des étudiantes assises, elles portent un masque.

Le masque et les autres mesures individuelles seront maintenus au moins jusqu'à la mi-mars, assure le gouvernement Legault.

Photo : Radio-Canada

Levée prochaine de l'urgence sanitaire

En ce qui a trait à l’état d’urgence sanitaire qui est maintenu depuis des mois au Québec par le gouvernement, François Legault a annoncé que son gouvernement prévoyait le lever en mars prochain.

Le ministre Dubé travaille actuellement au dépôt d’un projet de loi qui mettrait fin à cet état d'urgence, tout en maintenant certaines mesures toujours nécessaires.

Dépendamment de ce qu’on fait avec les masques, le passeport vaccinal, les primes aux infirmières… il va rester des raisons d’utiliser l’urgence sanitaire, a expliqué le premier ministre. Ce qu’on regarde, c’est pour déposer en mars un projet de loi qui viendrait encadrer ce besoin d’avoir des règles exceptionnelles.

« Ce n’est pas notre objectif de continuer à garder indéfiniment l’urgence sanitaire. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Rappelons que l'article 119 de la Loi sur la santé publique autorise le gouvernement à renouveler l'état d'urgence sans obtenir l'accord de l'Assemblée nationale. Une situation qui irrite l'opposition et plusieurs organismes qui accusent le gouvernement de profiter de la crise sanitaire depuis des mois pour gouverner par décrets et imposer des mesures plus politiques que sanitaires en contournant les mécanismes démocratiques en place.

Augmentation des hospitalisations à prévoir

Conscient de l'éventualité d'un rebond important du nombre de cas et d'hospitalisations à la faveur des mesures de déconfinement qui s'additionneront jusqu'à la mi-mars en cette fin de vague Omicron, le Dr Luc Boileau a reconnu qu'il y a beaucoup d'incertitude de ce côté-là.

Pour l'instant, nos calculs montrent que c'est un risque qui est réel d'avoir une augmentation, mais qui ne nous inviterait pas à reculer sur les mesures qui sont là, a-t-il soutenu.

Ce qu'on estime, c'est qu'avec la levée de plusieurs mesures qui ont eu lieu déjà depuis quelques semaines et celles qui sont annoncées aujourd'hui, on devrait avoir soit un plateau qui devrait s'installer pour les hospitalisations et peut-être une remontée. Mais nous calculons que la remontée ne devrait pas être à la hauteur de ce que nous avons connu, a ajouté le chef de la santé publique québécoise par intérim.

Plus de prévisibilité

L'annonce de ce calendrier de déconfinement était très attendue des Québécois, notamment des milieux d'affaires, touristiques, hôteliers, municipaux et culturels, où l'on réclame depuis des semaines plus de prévisibilité de la part du gouvernement dans sa gestion de la situation sanitaire.

Au Conseil du patronat, on a soupiré de soulagement dès la présentation du calendrier mardi après-midi, heureux que le gouvernement commence à faire confiance aux citoyens et aux employeurs.

« On nous donne enfin le plan détaillé, étape par étape, qu'on réclamait. La fermeture de l'économie ne doit plus être le premier réflexe après deux ans de pandémie. »

— Une citation de  Conseil du patronat du Québec

Le Conseil se réjouit également de la fin annoncée du télétravail obligatoire à compter du 28 février. Les employeurs auront la flexibilité nécessaire afin de s'adapter à la situation, se félicite le CPQ.

À Québec, les réactions ne se sont pas fait attendre dans les rangs de l’opposition où la cheffe libérale, Dominique Anglade, a déploré l’absence d’un plan à plus long terme.

Le PM commence à s'ouvrir les yeux, mais nous n'avons toujours pas de plan à long terme. À la prochaine vague, on va encore gérer à la petite semaine, s’est désolée Mme Anglade sur son compte Twitter.

Chez Québec solidaire, le chef parlementaire du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, a déploré pour sa part que le gouvernement Legault annonce aux Québécois qu’ils devront désormais vivre avec le virus sans toutefois leur donner les outils pour le faire.

Rien n'a été annoncé pour améliorer la ventilation dans les écoles, pour distribuer massivement des masques N95 et pour relancer le dépistage PCR, a-t-il rappelé.

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