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Québec se penche sur la reprise des compétitions dans l’enseignement supérieur

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La ministre de l’Enseignement supérieur du Québec, Danielle McCann (archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

La Presse canadienne

La ministre de l'Enseignement supérieur du Québec, Danielle McCann, a laissé poindre une lueur d'espoir pour la reprise des compétitions sportives aux niveaux collégial et universitaire.

Bien qu'elles soient permises dans les sports d'élite, les compétitions sportives demeurent interdites dans le secteur de l'enseignement supérieur.

Interrogée lundi lors d'une conférence de presse virtuelle portant sur la création de l'Observatoire sur la réussite en enseignement supérieur (ORES), Mme McCann a dit que cette question est présentement à l'étude.

Je sais que ma collègue [la ministre déléguée à l'Éducation] Isabelle Charest travaille beaucoup là-dessus avec la santé publique. On n'est pas tout à fait rendus là encore, mais il y a des discussions à cet effet, ça je peux vous le confirmer certainement. Évidemment, je suis ça de très près. Encore une fois, on espère que ça va ouvrir éventuellement, dans pas très longtemps, a-t-elle déclaré.

Un mouvement avec les mots-clés OnVeutJouer a été lancé la semaine dernière par les Patriotes, l'équipe de hockey de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), qui se voit incapable d'amorcer sa saison en même temps que deux de ses rivaux d'association dans la ligue universitaire de l'Ontario. Les Gee-Gees d'Ottawa et les Ravens de l'Université Carleton pourront en effet s'affronter à compter du mercredi 9 février, mais pas les trois autres équipes québécoises de leur division, soit celles de l'UQTR, de McGill et de Concordia.

Un observatoire pour améliorer la réussite

Quant à l'annonce de la création de l'Observatoire, Mme McCann a expliqué que son objectif est d'améliorer les taux de diplomation aux niveaux collégial et universitaire.

Elle a expliqué que l'on vise à rehausser le taux de diplomation au niveau collégial, qui est présentement de 64 %, à 70 % d'ici cinq ans. Au niveau universitaire, ce taux est de 80 % au baccalauréat et on souhaite l'amener à 84 % sur la même période.

La ministre a fait valoir qu'il y a beaucoup de chercheurs au Québec, mais que le défi est de concrétiser le fruit de leurs travaux sur le terrain. Il nous faut un observatoire comme celui que l'on crée aujourd'hui, pour faire le trait d'union entre les chercheurs et les praticiens pour nous donner un autre levier pour augmenter le taux de diplomation chez nos étudiants en enseignement supérieur.

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Les athlètes étudiants des Patriotes de l'UQTR demandent à Québec de pouvoir recommencer la compétition.

Photo : Patriotes de l'UQTR

Même mission, plus de moyens

L'Observatoire ne sera pas un nouvel organisme à proprement parler, mais sera plutôt issu de la transformation d'un organisme existant, en l'occurrence le Consortium d'animation sur la persévérance et la réussite en enseignement supérieur (CAPRES).

La mission, les objectifs et les activités des deux organismes se ressemblent étrangement, mais l'Observatoire bénéficiera de huit employés plutôt que les deux embauchés actuellement par le Consortium. La ministre McCann a ainsi annoncé un ajout de 2,85 millions de dollars sur trois ans pour soutenir, entre autres, cet accroissement de personnel.

Le CAPRES, qui a pour mission d'œuvrer au développement d'une culture de l'accessibilité, de la persévérance et de la réussite en enseignement supérieur au Québec, selon son énoncé de mission, cédera donc sa place à l'Observatoire à compter de l'automne prochain. L'Observatoire sera ainsi intégré au Plan d'action pour la réussite en enseignement supérieur du gouvernement Legault.

Réussite et pénurie de main-d'œuvre

L'accessibilité est essentielle, a fait valoir la ministre, qui veut permettre notamment un plus grand accès à l'enseignement supérieur aux groupes qui sont actuellement sous-représentés. Quant à la réussite, c'est un enjeu social majeur, d'autant plus qu'elle constitue une voie de solution importante pour résoudre la pénurie de main-d'œuvre actuelle.

La présidente du CAPRES, Caroline Lessard, a expliqué que les nouveaux moyens qui seront accordés à l'Observatoire permettront de produire davantage d'outils de vulgarisation, plus faciles d'accès que des rapports de recherche parce que ce qu'on entend sur le terrain, c'est que les gens ont besoin des informations, mais ils ont peu de temps à consacrer à la lecture.

Accueil favorable

La présidente de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ), Lucie Piché, accueille positivement cette annonce, bien qu'elle s'interroge sur la transformation du CAPRES. Je n'ai pas vraiment compris pourquoi il fallait transformer la structure existante. Le CAPRES est un organisme qui existe depuis 20 ans et qui a donné de bons résultats. Alors que cette dernière s'interrogeait sur le maintien de l'indépendance du nouvel Observatoire, le bureau de Mme McCann a précisé à La Presse canadienne que celui-ci conservera la même indépendance que le CAPRES.

Mme Piché ajoute toutefois que le syndicat est tout à fait partant pour participer à ce chantier sur la réussite et que d'intensifier les efforts de diffusion de la recherche sera un élément clé pour y parvenir.

On manque de données et elles sont souvent difficiles à trouver quand il y en a. [...] D'avoir une structure qui organise et publicise ces données et les rend accessibles, ça va certainement être très intéressant.

Pour ce qui est de rehausser les taux de diplomation, toutefois, elle y voit une vue de l'esprit, du moins à court terme. On sort de deux ans de pandémie. Pensez-vous vraiment qu'on peut augmenter les taux même de 1 % ou 2 % cette année en sortant de pandémie comme ça? On a tout un rattrapage à faire sur une cohorte au complet. Ça fait deux ans que nos jeunes, du primaire à l'université, sont en pandémie. Ce n'est pas vrai qu'on peut, comme ça, rattraper tout ça.

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