•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Archives

Dany Laferrière, un pont sur les chemins de Petit-Goâve, de Montréal et de Paris

Chargement de l’image

Dany Laferrière compte parmi les plus grands écrivains du Québec et d'Haïti.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Grâce à ses livres, l’auteur d’origine haïtienne Dany Laferrière a pu relier l’univers de la Perle des Antilles à celui de la Belle Province et de la francophonie internationale.

Un début fracassant

« Dany Laferrière, j’avais hâte de vous rencontrer. »

— Une citation de  Denise Bombardier, 1985

L'animatrice Denise Bombardier interviewe l'auteur Dany Laferrière.

Le 8 novembre 1985, c’est une l’animatrice de l’émission En tête plutôt amusée, Denise Bombardier, qui reçoit en entrevue le jeune auteur Dany Laferrière.

Dany Laferrière est invité par Denise Bombardier parce qu’il vient de publier un livre au titre quelque peu iconoclaste, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, dont les propos semblent fortement intriguer l’animatrice.

Durant cette entrevue, Dany Laferrière expose des conceptions assez fantasques et fantaisistes des rapports entre femmes blanches et hommes blancs, sur le sexe sans amour et sur les fantasmes interraciaux.

Coup de canon dans l’univers littéraire, la prose de l’auteur est comparée par certains critiques à l’œuvre des écrivains américains Charles Bukowski et Henry Miller. Il n’a laissé aucun lecteur indifférent.

Son propos dérange, fait rire et séduit.

De Petit-Goâve à Montréal

Dany Laferrière est né à Port-au-Prince, en Haïti, en 1953.

Fils d’un opposant au régime dictatorial de François Duvalier, il est envoyé à l’âge de quatre ans chez sa grand-mère à Petit-Goâve pour être protégé de possibles représailles politiques.

Petit-Goâve et sa grand-mère Da constitueront plus tard une source d’inspiration pour l’auteur qui choisit de s’exiler à Montréal en 1976 après qu’un de ses amis a été assassiné par les tontons macoutes.

L’autre grande source d’inspiration littéraire lui est venue de la ville de Montréal.

La journaliste Pascale Nadeau interviewe Dany Laferrière dans le Carré Saint-Louis de Montréal.

Le 13 mai 1992, Dany Laferrière raconte son Montréal à la journaliste Pascale Nadeau dans une entrevue présentée au Montréal ce soir.

Il parle notamment du carré Saint-Louis, que l’auteur considère comme le cœur de la métropole.

Dany Laferrière souligne aussi que le racisme est moins marqué à Montréal que dans d’autres villes nord-américaines.

Il apprécie beaucoup par ailleurs le quartier autour de la rue Saint-Urbain.

Ce n'est cependant pas le cas des hivers québécois qu’il fuit à cette époque pour se réfugier sous le chaud soleil de Miami.

Une œuvre foisonnante et récompensée

L’œuvre de Dany Laferrière est constituée d’une vingtaine de romans, de documentaires et d’adaptations cinématographiques.

En 2009, il est le premier auteur haïtien et le second Québécois (après Marie-Claire Blais), à obtenir le prestigieux prix Médicis.

Ce prix récompense notamment un livre qui se caractérise par son audace littéraire.

Reportage du correspondant Maxence Bilodeau sur le prix Médicis 2009 décerné à Dany Laferrière suivi d'une entrevue de l'animatrice Céline Galipeau avec le récipiendaire.

Le 4 novembre 2009, le correspondant Maxence Bilodeau est présent lorsque le jury annonce le nom du lauréat du prix Médicis.

Dès le premier tour de scrutin, le livre de Dany Laferrière L’énigme du retour a reçu la majorité des voix, comprend-on dans le reportage que présente Maxence Bilodeau au Téléjournal le 4 novembre 2009.

Dans une entrevue qu’il accorde à l’animatrice du Téléjournal Céline Galipeau, Dany Laferrière décrit sa joie de recevoir ce prix qui récompense le risque littéraire.

Ce prix va augmenter son lectorat, et ce qui importe, pour un écrivain, c’est d’être lu par le plus grand nombre possible.

Il confie aussi que, candidat au prix Renaudot, il aimerait bien obtenir ce dernier (il ne l'a finalement pas reçu).

Ainsi, dit-il presque en boutade, je pourrais donner un prix à Haïti et un autre prix au Québec, les deux pays qui m’habitent, ajoute-t-il.

Le 12 décembre 2012, il est élu à l’Académie française et devient le premier immortel originaire d’Haïti.

Reportage du journaliste Jean-François Bélanger sur l'entrée de Dany Laferrière à l'Académie française

Sa réception officielle fait l’objet d’un reportage au Téléjournal, le 28 mai 2015, du correspondant Jean-François Bélanger.

Dans une boutade, Dany Laferrière affirme que s’il est le premier Québécois invité à faire partie de l’Académie française, c’est parce qu’il est le premier à avoir envoyé une lettre de candidature!

Sous les ors de la coupole de l’auguste institution, le nouvel immortel fait, comme c’est la coutume, l’éloge de celui qui occupait le siège avant lui.

Il rend également hommage à sa patrie d’adoption en utilisant notamment des vers du poète québécois Gaston Miron.

L’académicien qui le reçoit, le Libanais Amin Maalouf, confirme que l’arrivée d’un écrivain venu des Amériques a longtemps été souhaitée dans l’enceinte.

Cette réception fait particulièrement chaud au cœur de Dany Laferrière, car beaucoup de ses proches assistent à la cérémonie.

D’importantes délégations de dignitaires québécois et haïtiens sont aussi venues assister à son intronisation.

C'est une belle réussite pour un homme qui a su, grâce à ses mots, présenter une synthèse de la richesse de la Perle des Antilles et de la Belle Province à l’ensemble du monde.

Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.