Hausse de l’évaluation foncière : les locataires pourraient en payer le prix
« La situation est en train de devenir une crise et pas seulement dans les grands centres au Nouveau-Brunswick », croit un député.

Des propriétaires de logements craignent qu'en fin de compte ce soient les locataires qui paient la facture, à la suite d'une hausse importante des évaluations foncières (archives).
Photo : Reuters / Sergio Perez
Prenez note que cet article publié en 2022 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Des propriétaires d’immeubles à logements du Nouveau-Brunswick dénoncent la hausse considérable de leur évaluation foncière. Ces augmentations sont beaucoup plus élevées que prévu et atteignent même 75 % dans certains cas. Les propriétaires craignent qu'en fin de compte ce soient les locataires qui paient la facture.
À l’automne dernier, les propriétaires d’immeubles à logements s’attendaient à ce que leur évaluation foncière augmente de 5 % à 10 %. Cette hausse de l'évaluation signifie aussi une augmentation des taxes de la propriété.
À la mi-janvier, certains d’entre eux ont eu la fâcheuse surprise de constater que ces augmentations étaient beaucoup plus élevées.

Hervé Arseneau est propriétaire d'immeubles à logements dans la région Chaleur.
Photo : Radio-Canada
C’est le cas d’Hervé Arseneau, propriétaire des Appartements Madisco, une entreprise de Beresford qui gère 426 logements répartis dans une quarantaine d’immeubles entre Petit-Rocher et Bathurst.
On s’est aperçu que la majorité des propriétés ont augmenté de 40 % à 75 % dans certains cas
, dit-il.
Selon Hervé Arseneau, ce sont les locataires qui risquent d’en payer le prix.
Je ne suis pas ici pour dire que les propriétaires sont malmenés. C’est pas ça, c’est les locataires. C’est eux autres qu’il faut que l’on protège.
La nature de la business est telle que l’on a des dépenses qui rentrent, il faut qu’on les refile aux locataires avec une marge de profit pour le propriétaire. Sinon, on ne peut pas arriver
, lance-t-il.
Il s’inquiète donc pour plusieurs locataires qui verront probablement leur loyer augmenter. Il tente de faire sa part et a envoyé une lettre au premier ministre Blaine Higgs pour exprimer son mécontentement.
Des actions concrètes demandées
Le député de Restigouche-Chaleur, Daniel Guitard est inquiet. Il a rencontré quelques propriétaires d'immeubles à logements de sa région qui ont vu leur évaluation foncière augmenter.
La situation est en train de devenir une crise et pas seulement dans les grands centres au Nouveau-Brunswick, mais à la grandeur même, dans nos régions rurales, comme dans le coin ici. Beaucoup de nos citoyens, la population âgée, vivent sur des revenus fixes et les propriétaires de logements n'auront pas le choix d’augmenter et vont passer la facture au citoyen
, soutient-il.

Daniel Guitard, député de Restigouche-Chaleur
Photo : Radio-Canada
Daniel Guitard ne s’attend pas à ce que le gouvernement provincial gèle l’augmentation de la valeur foncière des propriétés, mais demande au premier ministre Blaine Higgs de trouver des façons d’aider les citoyens.
Le gouvernement pourrait être plus chirurgical et aider directement les personnes qui ont des difficultés
, propose-t-il.
Le porte-parole de l’Association des propriétaires d’appartements du Nouveau-Brunswick, Willy Scholten, craint que de telles augmentations aient des répercussions sur le développement immobilier dans la province. Il croit que le gouvernement provincial ne se soucie guère des locataires.
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De son côté, Service Nouveau-Brunswick souligne que l’augmentation de l’évaluation foncière n’est pas unique à la province.
Le marché de l'habitation a connu une croissance importante dans tout le Canada depuis le début de COVID-19, et le Nouveau-Brunswick ne fait pas exception
, peut-on lire dans un courriel envoyé par une porte-parole de Service Nouveau-Brunswick, Jennifer Vienneau.
Service Nouveau-Brunswick rappelle que les propriétaires qui croient que la valeur imposable de leur propriété est trop élevée – que ce soit un immeuble à logements ou une résidence unifamiliale – peuvent soumettre une demande de révision et ont jusqu’au 28 février pour le faire.
D’après un reportage de Mario Mercier...
