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Manifestation à Ottawa : le maire Watson déclare l’état d’urgence

Une manifestation de voitures et de camions vue de haut.

La manifestation des camionneurs dure depuis 10 jours, à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Reno Patry

Radio-Canada

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, a déclaré l’état d’urgence dimanche dans la capitale fédérale, après 10 jours de manifestation contre les mesures sanitaires.

Dans un communiqué publié en milieu d'après-midi, la Ville d'Ottawa a évoqué le grave danger et la menace à la sûreté et la sécurité des résidents posés par les manifestations pour justifier sa décision.

En plus, je ne comprends pas pourquoi ils manifestent à Ottawa, car les mesures sanitaires émanent des gouvernements provinciaux. C'est là-bas qu'ils devraient aller manifester!, a plus tard décrié le maire Jim Watson.

« Je ne peux vous dire quand ce sera terminé, mais nous voulons que ça cesse, et ce, de façon pacifique. »

— Une citation de  Jim Watson, maire de la Ville d'Ottawa
Une personne qui brandit une pancarte.

Un manifestant devant le parlement à Ottawa, le 6 février 2022.

Photo : Radio-Canada / Michael Charles Cole

Selon la conseillère municipale du quartier Innes et mairesse suppléante, Laura Dudas, la manifestation se devait d'être considérée comme une occupation et le maire a décidé de la traiter comme il se doit.

« L’état d’urgence va nous permettre de demander très clairement que la province et le gouvernement fédéral travaillent avec la Ville d’Ottawa et le Service de police pour mettre fin à cette occupation. »

— Une citation de  Laura Dudas, conseillère municipale du quartier Innes et mairesse suppléante d'Ottawa
Laura Dudas parle dans un micro assise à une table.

La conseillère municipale du quartier Innes, Laura Dudas (archives)

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

L’élue d’Ottawa a indiqué que cette décision n’a pas été prise à la légère, mais qu'il fallait agir et envoyer un message fort à la communauté.

Mon message aux manifestants est de respecter les règlements et lois de la Ville d’Ottawa, de quitter les zones résidentielles de la ville et de s’assurer que, s’ils décident de continuer, cela ne se fasse pas au détriment de la liberté des autres, a-t-elle lancé.

Une demande officielle d'aide logistique et financière devrait être formulée à la province et au gouvernement fédéral lundi matin lors d’un comité d’urgence, a indiqué Mme Dudas.

Une personne manifeste avec un drapeau canadien à la main devant des camions.

Des images de la manifestation des camionneurs à Ottawa, le 6 février 2022

Photo : Radio-Canada / Brigitte Bureau

Un peu plus tôt dans la journée dimanche, le maire Jim Watson avait jugé, en entrevue à la radio locale CFRA, la situation […] complètement hors de contrôle, estimant que ce sont les protestataires qui font la loi alors que les manifestants sont beaucoup plus nombreux que nos policiers.

Opération policière au site de Coventry

Dimanche soir, le Service de police d'Ottawa (SPO) a indiqué dans un gazouillis sur Twitter que toute personne qui tentera d'apporter du support matériel aux manifestants pourrait faire l'objet d'une arrestation.

Peu après, des bonbonnes de propane et les bidons d’essence ont été saisis lors d'une opération policière au site de Coventry, à côté du stade de baseball, en périphérie du centre-ville d’Ottawa.

Au moins 100 policiers étaient sur place et un drone aurait survolé l'endroit avant le déroulement de l'opération, d'après des témoins sur place. Des policiers étaient d'ailleurs positionnés sur les toits aux alentours du site afin d'assurer la sécurité.

Les manifestants qui étaient sur les lieux ont signalé leur mécontentement aux forces de l'ordre. La saisie fait en sorte que les sources de ravitaillement dont disposaient les camionneurs installés au centre-ville ont été entravées.

La police avait préalablement dirigé les camionneurs vers ce site à l’approche de la fin de semaine, afin d’éviter que d’autres poids lourds se retrouvent au centre-ville.

Après dix jours d'occupation et de chaos, l'état d'urgence est déclaré à Ottawa. Hier, la police se disait elle-même dépassée par les évènements. Les manifestants, loin d'être essouflés, poursuivront leurs actions sous le regard silencieux du parlement. Reportage de Marie-Josée Paquette-Comeau

Toutefois, les manifestants ont utilisé le site pour y installer un campement, ce qui a été décrié par plusieurs, notamment le conseiller municipal de Rideau–Rockliffe, Rawlson King, qui déplorait que du matériel inflammable et dangereux se retrouve à cet endroit.

Au courant de la journée de dimanche, le SPO a procédé à sept arrestations et 100 contraventions ont été remises. Le message est fort, on ne veut pas de ça au centre-ville, c'est du sérieux, a dit le maire Jim Watson.

La veille, plus de 450 contraventions avaient été distribuées pour des infractions en lien avec les nuisances sonores, le non-respect des feux de circulation, l'utilisation du cellulaire au volant, l'absence de ceinture de sécurité ou l'emprunt de voies non autorisées pour les camions, notamment.

Une voiture de police.

La nuit de samedi à dimanche a d'ailleurs été marquée par plusieurs rassemblements. Les camionneurs et leurs sympathisants ont occupé les rues du centre-ville d’Ottawa en dansant, en chantant et en scandant des slogans.

Photo : Radio-Canada / Felix Desroches

La manifestation est « organique », disent les manifestants

Les sanctions de la police ont été dénoncées par les organisateurs de la manifestation lors d’une conférence de presse réservée aux médias indépendants et diffusée sur Facebook en journée dimanche, et à laquelle le diffuseur public, notamment, n’était pas convié.

Les organisateurs ont accusé le maire Jim Watson de couper les vivres et d'insuffler un climat de peur parmi les protestataires. À plusieurs reprises, ils ont répété que le mouvement était pacifique et bon enfant.

Les manifestants ont fait valoir que la manifestation était organique, mais que certains individus et groupes ont pu s’y ajouter avec d’autres intentions. Ils ont dit défendre la liberté d’expression et expliqué ne pas pouvoir surveiller tous les participants, sans pour autant dénoncer très clairement les propos de Pat King.

Une personne dans la rue avec une pancarte.

Jour 9 de la manifestation des camionneurs à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Michael Charles Cole

Les organisateurs ont toutefois appelé à signaler tous les comportements agressifs, tout en soutenant que les rassemblements, selon eux, se déroulent majoritairement dans un très bon état d’esprit.

« C’est ridicule de dire qu’on tient cette ville en otage. »

— Une citation de  Les organisateurs de la manifestation des camionneurs

Aux résidents qui s'impatientent face à un mouvement qui s’éternise, ils ont répété leur intention de faire lever les restrictions sanitaires liées à la COVID-19 qui empêchent de nombreuses personnes à travers le pays de pouvoir vivre et travailler normalement, ont-ils dit.

Les organisateurs ont dit être prêts à parler avec le gouvernement et à collaborer avec les forces de l’ordre pour assurer la sécurité de la manifestation.

Pause temporaire des klaxons

Une pause des klaxons avait d'ailleurs été demandée par les organisateurs du mouvement, dimanche, entre 9 h et 13 h, par respect pour le jour du Seigneur, pour les membres de notre armée qui se sont sacrifiés et qui continuent de se sacrifier pour notre liberté, de même que pour les hommes et les femmes qui font un superbe travail pour nous protéger, avaient-ils indiqué dans un communiqué diffusé par Freedom Convoy 2022, samedi soir.

Des camions bloquent la rue.

Des camions qui bloquent une rue au centre-ville d'Ottawa, le 6 février 2022.

Photo : Radio-Canada / Michael Charles Cole

Les organisateurs voulaient également exprimer leurs condoléances aux familles des travailleurs qui ont perdu la vie lors de la récente explosion du réservoir Eastway à Ottawa, en référence à cet accident qui a fait six morts sur le chemin Merivale, le 13 janvier.

Certains klaxons se sont toutefois quand même fait entendre, dimanche matin, ont indiqué plusieurs sources à Radio-Canada.

Des manifestants montrent des drapeaux devant la colline Parlementaire à Ottawa.

Des images de la manifestation des camionneurs à Ottawa, le 6 février 2022

Photo : Radio-Canada / Brigitte Bureau

Le camp du parc de la Confédération évacué

Lors de leur point de presse dimanche, les organisateurs de la manifestation ont semblé déterminés à poursuivre leurs activités, alors que certains participants ont aménagé des camps de fortune à travers la ville, ces derniers jours.

Celui installé au parc de la Confédération a toutefois été démantelé, dimanche.

Ce matin, on a pris la décision de déménager au centre Coventry, a expliqué un de ses instigateurs, Ronald Marenger, de SOS Québec, en entrevue à Radio-Canada, alors que plusieurs s'inquiétaient notamment de la présence de produits inflammables dans le camp de fortune.

Une cabane en bois sur un camion avec des gens autour.

La cabane en bois construite dans le parc de la Confédération a été déplacée dimanche.

Photo : Radio-Canada / Joe Tunney

Je viens d’ici, je connais la valeur du parc, je connais le canal Rideau, j’ai un grand respect pour le parc de la Confédération. Alors on a décidé de redonner le parc à la Ville d’Ottawa et de le nettoyer comme il faut. Je maintiens mon soutien aux camionneurs, mais je respecte les citoyens, a-t-il expliqué.

« On a amené la paix et puis, pour préserver la paix, on va redonner le parc à la Ville. »

— Une citation de  Ronald Marenger, de SOS Québec

M. Marenger dit qu'il soutient les camionneurs, mais que l'initiative de collecter et distribuer des dons dans le parc avait avant tout un objectif humanitaire.

Deux hommes en entrevue dehors en hiver.

Ronald Marenger, de SOS Québec (à droite)

Photo : Radio-Canada

On était prêts à réagir dans un but humanitaire avec de la soupe chaude, des vêtements, tout ça. On avait fait un feu. On était en accord avec les autorités. On est là pour protéger les gens, a-t-il dit, précisant avoir été dépassé par le nombre de dons de toutes sortes obtenus de la part des résidents d'Ottawa.

Avec les informations de Rosalie Sinclair, de l'Agence France-Presse et de la Presse canadienne

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