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Pierre Poilievre se lance dans la course à la chefferie conservatrice

Pierre Poilievre parle debout devant des drapeaux.

Pierre Poilievre est député conservateur de la circonscription ontarienne de Carleton depuis 2015. Dans une vidéo diffusée samedi sur Twitter, il annonce sa candidature à la direction du Parti conservateur du Canada.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le député Pierre Poilievre a annoncé qu’il se lance dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada. Il en a fait l’annonce dans une vidéo diffusée sur Twitter samedi.

M. Poilievre, qui est député de la circonscription ontarienne de Carleton depuis 2015, espère ainsi succéder à Erin O’Toole, qui a été démis de ses fonctions mercredi.

Il a été remplacé par Candice Bergen, qui occupe la fonction de cheffe intérimaire de l’opposition officielle à Ottawa.

Vous êtes le patron, et je serai candidat pour devenir premier ministre afin de vous redonner le contrôle de votre vie, a indiqué M. Poilievre dans la vidéo.

Il souhaite faire du Canada le pays le plus libre au monde, ajoutant que les citoyens devraient avoir la liberté d’élever [leurs] enfants avec [leurs] propres valeurs, et de faire leurs propres choix en matière de santé et de vaccination.

M. Poilievre s’en prend du même souffle au gouvernement de Justin Trudeau, qui attaque selon lui nos petites entreprises, camionneurs et travailleurs.

Le gouvernement essaie de museler quiconque ose critiquer, notamment avec des lois qui contrôlent ce que vous regardez ou dites sur l’Internet, explique-t-il dans sa vidéo.

Le candidat à la chefferie conservatrice estime que ceux qui ont le pouvoir, les gouvernements, les médias contrôlés par l’État, les groupes d’intérêts, les grosses corporations, vont se battre pour le garder.

S’il est élu, M. Poilievre dit vouloir faire du Canada un pays où le gouvernement est le serviteur, et où les citoyens sont les maîtres.

Pierre Poilievre parle debout aux Communes.

M. Poilievre croit que « le gouvernement devient trop gros et trop contrôlant ».

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

M. Poilievre, qui est porte-parole conservateur en matière de Finances aux Communes, est le premier à se porter candidat pour devenir chef du PCC et succéder à Erin O’Toole.

En 2020, il avait convoqué les médias pour annoncer qu’il se lancerait dans la course, avant de se raviser.

Erin O’Toole destitué de son poste de chef conservateur

L’annonce de M. Poilievre survient après la destitution de M. O’Toole, qui a été évincé la semaine dernière de son poste de chef du PCC et de chef de l’opposition officielle à la Chambre des communes.

M. O’Toole avait été soumis à un vote de confiance. Selon les résultats du vote, 73 députés conservateurs ont refusé d'appuyer M. O'Toole, alors que 45 élus étaient prêts à lui donner une seconde chance.

M. O'Toole était chef du PCC depuis sa victoire contre l'ex-ministre Peter MacKay lors d'une course au leadership qui s'est conclue en août 2020. Il avait succédé à Andrew Scheer, poussé à la démission après avoir échoué à renverser les libéraux aux élections d'octobre 2019. M. O’Toole a fait de même aux élections tenues en septembre 2021, qui ont permis à Justin Trudeau de se faire réélire.

En attendant l’élection d’un nouveau chef au terme d'une nouvelle course à la direction – qui sera la troisième depuis le départ de Stephen Harper après sa défaite électorale de 2015 –, les conservateurs seront dirigés par Candice Bergen.

Un caucus divisé

De nombreux détracteurs d'Erin O'Toole lui reprochaient son incapacité à exprimer clairement ses positions. Après avoir fait volte-face sur la taxe carbone et sur les armes à feu, il avait une fois de plus changé son fusil d'épaule, la semaine dernière, en dénonçant le comportement de certains manifestants à Ottawa.

Plusieurs députés de l’ouest du pays n’ont pas aimé le recentrage qu’Erin O’Toole a tenté d'effectuer au sein du parti. Mais d’autres s’inquiètent de voir le parti prendre un virage à droite.

Il retire son masque.

Erin O’Toole

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Moi, je suis élu pour représenter le Parti conservateur du Canada, qui pour moi est un parti progressiste-conservateur. Il doit rester progressiste-conservateur, a mentionné le député de Portneuf–Jacques-Cartier, Joël Godin.

Cet apparent conflit n’est pas un schisme, croit Garnett Genuis, l’un des députés qui ont demandé une révision du leadership de M. O'Toole. Il y a certainement des questions sur lesquelles, de temps en temps, on a des opinions différentes, mais c'est assez variable, a-t-il déclaré en mêlée de presse.

On n’a pas un caucus divisé. On est des gens qui s’adorent, qui s’aiment, mais il y avait des divisions qui ne devaient pas être là. Et maintenant, ça doit être réglé, a ajouté Pierre-Paul Hus, un député conservateur de la région de Québec.

Erin O'Toole avait des positions qui ne plaisaient pas à tout le monde, a concédé Gérard Deltell, qui s’est fait retirer sa fonction de leader à la Chambre des communes . Et c’est le lot de tout parti politique, soit dit en passant. Mais nous avons ce processus qui permet au caucus de porter une révision sur le chef, et ils ont voté et ont décidé. Cela dit, je ne suis pas un démocrate à géométrie variable et j’aurais bien entendu souhaité que M. O’Toole reste, mais les gens se sont prononcés et on regarde en avant, a-t-il ajouté.

D’autres candidats à la chefferie

Quelques candidats potentiels ont déjà manifesté leur intérêt pour succéder à Erin O’Toole.

Outre Pierre Poilievre, qui est le premier candidat à s’être déclaré officiellement, Patrick Brown, Leslyn Lewis, Peter MacKay, Michael Chong et Vincent Guzzo se sont dits intéressés.

Vincent Guzzo au micro de Catherine Perrin

L'homme d'affaires québécois Vincent Guzzo pourrait se porter candidat à la chefferie du Parti conservateur du Canada.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

La candidature de M. Guzzo ne fait pas l’unanimité, puisqu’il avait déjà fait partie de l’équipe d’organisateurs d'Erin O’Toole au Québec, avec un bilan mitigé.

Et ce n’est pas la première fois que M. Guzzo songe à se présenter à la tête du PCC. Lors de la dernière course, en 2020, il avait affirmé avoir amassé les 1000 signatures requises pour s’inscrire, mais il avait finalement renoncé, en déplorant les règles trop strictes et l’échéancier trop serré.

Les candidats devaient en effet déposer une mise de fonds de 200 000 $ et soumettre une liste de 300 signatures de membres du parti, pour une période de mise en candidature de moins de deux mois.

Les modalités de la prochaine course à la chefferie du Parti conservateur du Canada n’ont pas encore été dévoilées, mais de nombreux députés souhaitent que le nouveau chef soit élu d’ici au mois de septembre.

Comme le gouvernement Trudeau est minoritaire, des élections risquent de survenir avant l'échéance officielle de 2025, et les conservateurs veulent déterminer qui sera leur candidat au poste de premier ministre du Canada.

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