•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une manifestation sans embûches : la police de Québec gagne son pari

Une femme tient une pancarte sur laquelle on peut lire : La liberté ne s'injecte pas.

Le reportage de Valérie Gamache

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Chargement de l’image

Après avoir contrôlé les déplacements de milliers de manifestants samedi au centre-ville de Québec, la police a remporté son pari en évitant que ceux-ci s’y installent de façon permanente comme à Ottawa.

Au terme d'une journée où le centre-ville a été paralysé, seulement quelques camionneurs étaient encore stationnés pour la nuit, sous promesse de respecter la loi.

Chargement de l’image

Vers 21 h, quelques camions étaient encore au centre-ville pour y passer la nuit.

Photo : Radio-Canada

Dans son bilan dévoilé en fin de soirée, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) dit avoir arrêté une seule personne. Il s’agit d’un homme de 31 ans qui obstruait la circulation avec sa camionnette.

De plus, 11 constats en vertu de la réglementation municipale ont été remis ainsi que 10 constats en vertu du Code de la sécurité routière.

Même si à l’apogée de la manifestation, des milliers de manifestants se trouvaient au centre-ville, le SPVQ a été en mesure de rouvrir l’accès, dès 21 h, à la partie du boulevard René-Lévesque fermée à la circulation durant l’après-midi.

Des stratégies gagnantes

Les policiers ont utilisé une stratégie d’encadrement et de rétablissement de l’ordre, selon l’ancien directeur adjoint de la Sûreté du Québec (SQ), Marcel Savard.

Ce dernier estime que ces stratégies ont permis au SPVQ d’intervenir rapidement pour empêcher aux manifestants de camper près du Parlement.

Durant toute la journée, les policiers ont fait circuler les manifestants à véhicules et les camionneurs de sorte qu’ils ne pouvaient s’immobiliser sur la voie publique.

Les campements et abris étaient aussi interdits près de l’Assemblée nationale.

Des milliers de personnes

Tout au long de la journée, les manifestants contre les mesures sanitaires ont fait entendre leur mécontentement à coups de klaxon répétés.

De nombreux marcheurs les accompagnaient avec notamment des pancartes pour dénoncer les décisions du gouvernement comme l’imposition du passeport vaccinal.

Vers 17 h, une diminution du nombre de manifestants était observable, même si les automobilistes circulaient encore au ralenti près du centre-ville.

En après-midi, le SPVQ et le maire de Québec ont indiqué que la situation était sous contrôle.

Chargement de l’image

Des milliers de manifestants circulent dans le secteur de la fontaine de Tourny.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Pour la liberté

C'est la liberté qu'on veut. On veut que ça bouge, s'exclame un camionneur de la Beauce au volant de son poids lourd. Un autre camionneur dit : Je me sens comme si j'avais des menottes. C'est le code QR qui m'a fait exploser.

Les manifestants se sont fait entendre à compter de samedi matin, en plus de ceux présents depuis jeudi soir. Plusieurs convois d'automobilistes et de camionneurs se sont déplacés vers la capitale, en provenance de partout au Québec, comme de la Côte-Nord, du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la Beauce.

Cette manifestation est survenue pendant le début des festivités du Carnaval de Québec. L'organisation n'a pas modifié sa programmation, malgré la présence des manifestants.

Devant l’Assemblée nationale, des organisateurs de la manifestation contre les mesures sanitaires ont pris la parole vers midi.

Regardez à gauche, regardez à droite. Je veux que tout le monde se fasse un calisse de gros câlin, a lancé Kevin Grenier.

Au moment de la publication de ce texte, le premier ministre François Legault n'avait pas réagi sur les réseaux sociaux à la manifestation en cours à Québec.

Bruno Marchard en entrevue sur les ondes de RDI

Un mouvement contre les manifestations

Par ailleurs, un mouvement s'opposant aux manifestations est né au cours des derniers jours. Des membres de l’Observatoire des délires conspirationnistes se sont également déplacés vers Québec en matinée pour se faire entendre.

Selon Jean-Sébastien Ménard, administrateur du groupe et organisateur de l'événement Faisons bloc au convoi, les manifestations sont importantes pour la démocratie, mais pas lorsqu'elles accaparent une ville durant une semaine comme c'est le cas à Ottawa.

Chargement de l’image

L'action de visibilité Faisons bloc au convoi sert à affirmer qu'il est possible de critiquer la gestion de la pandémie sans nuire à l'effort collectif pour éliminer le virus.

Photo : Facebook

En période de pandémie, ce n'est pas le temps de manifester aussi longtemps et d'accaparer une ville, de terroriser les populations locales, croit M. Ménard.

Il précise être lui aussi tanné des mesures sanitaires, mais comprend qu’il faille faire des efforts collectifs pour s’en sortir.

Je me pose la question sur qui instrumentalise ce mouvement-là, celui des convois de camionneurs contre le vaccin... Bernard Gauthier, La Meute, des partis sécessionnistes de l’Alberta, je me demande quel est leur agenda caché et qui les finance, s'interroge-t-il.

Avec la collaboration de nos journalistes sur le terrain Hadi Hassin, Pascal Poinlane, Camille Carpentier et Pierre-Alexandre Bolduc

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !