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La nouvelle gestion pandémique en Saskatchewan critiquée par des experts

Le premier ministre de la Saskatchewan Scott Moe marche avec un masque.

Des experts en santé de la Saskatchewan avancent que la pandémie a été politisée par le gouvernement provincial. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Michael Bell

Joseph Elfassi

L’assouplissement des mesures sanitaires prévu à partir du 7 février en Saskatchewan ne fait pas l’unanimité au sein du corps médical. Quatre experts en santé critiquent la fin des tests PCR gratuits et la transition vers des bilans hebdomadaires plutôt que quotidiens.

Professeure titulaire au département de santé publique et d’épidémiologie de la Faculté de médecine de l’Université de la Saskatchewan, Anne Leis se demande pourquoi on a choisi ce moment pour annoncer cette nouvelle phase dans la gestion provinciale de la pandémie, en entrevue à l'émission Point du jour.

On comprend qu’on veut continuer à vivre, on veut s’assurer que la vie reprenne ses droits, mais c’est fait trop rapidement, a-t-elle expliqué.

Le gouvernement envoie un signal comme quoi on en a fini avec le virus alors qu’on n’en a vraiment pas fini avec le virus , affirme l'associée de recherche au département de microbiologie médicale et de maladies infectieuses de l’Université du Manitoba Julie Lajoie.

Le gouvernement prive les Saskatchewanais d'informations pertinentes pour prendre leurs propres décisions en fonction de leurs propres niveaux de tolérance au risque, poursuit-elle.

Le professeur-chercheur en immunologie et en virologie à l'Institut national de la recherche scientifique à Laval Alain Lamarre s'interroge également sur la date choisie par le gouvernement.

Moi, ce que je préconise en général, c'est qu'on relâche les mesures de façon graduelle, explique-t-il, avec un écart de quelques semaines entre les assouplissements, afin de voir les effets sur les niveaux des hospitalisations, s'il y en a.

Se faisant l'écho des critiques du chef de l’opposition, Ryan Meili, Anne Leis avance que le gouvernement continue de politiser la pandémie.

Il faut aller dans cette direction, a-t-elle poursuivi. Mais, pourquoi le faire maintenant? Alors que nous avons des taux d’hospitalisations supérieurs à tout ce qu’on a connu! Plus élevés qu’en octobre! Ça n’a pas de sens.

La présidente du Syndicat des infirmières de la Saskatchewan, Tracy Zambory, est du même avis.

« Les changements aux mesures doivent être basés sur l'avis d'experts et non sur des idéologies politiques. »

— Une citation de  Tracy Zambory, présidente du Syndicat des infirmières de la Saskatchewan

Selon la Dre Leis, la Saskatchewan a décidé que la pandémie était derrière elle, sans considérer l’impact que la nouvelle approche peut avoir sur certaines franges de la population.

« Qui va en faire les frais? C’est le système de santé. Et c’est les gens qui attendent des opérations, des traitements contre le cancer, qui vont en faire les frais, et ça, c’est absolument inacceptable.  »

— Une citation de  Anne Leis

Selon la Dre Leis, les enfants de moins de 5 ans sont les grands oubliés de la pandémie en Saskatchewan.

Moi, ce qui m’étonne, explique-t-elle, c’est qu’on ne parle pas de ces petits enfants qui n’ont pas été vaccinés. Ils sont aussi très vulnérables, et ils peuvent infecter toute la famille.

Avec les informations de Gregory Wilson et Noémie Rondeau

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