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L’économie canadienne a perdu 200 000 emplois en janvier

Une femme noire à la recherche d'un emploi devant son ordinateur.

Le taux de chômage a augmenté au Canada dans la foulée du resserrement des règles sanitaires.

Photo : getty images/istockphoto / Valentin Russanov

La Presse canadienne

Ébranlée par la propagation rapide d'Omicron, l'économie canadienne a perdu 200 000 emplois en janvier au milieu d'un resserrement des règles de santé publique pour ralentir le variant du virus de la COVID-19, mais certains indices laissent croire que ce recul sera temporaire et qu'il ne nuira pas vraiment à la reprise.

Cette baisse de l'emploi était la plus forte depuis celle de janvier 2021, lorsque l'économie avait perdu 207 800 emplois, a indiqué vendredi Statistique Canada.

Les pertes d'emplois ont également fait grimper le taux de chômage à 6,5 % en janvier, alors qu'il était de 6,0 % en décembre, mais cette croissance était entièrement attribuable à la hausse du nombre de mises à pied temporaires et de personnes qui devaient bientôt occuper un nouvel emploi, tandis que le nombre de personnes à la recherche d'un emploi a peu varié, a précisé l'agence fédérale.

Pendant qu'Omicron se répandait dans tout le pays, les gouvernements ont réintroduit les limites de capacité et les fermetures de lieux de travail, comme les restaurants, les gyms et les salles de spectacle. La majeure partie des pertes d'emplois ont eu lieu en Ontario et au Québec, qui ont mis en œuvre certaines des mesures les plus strictes de toutes les provinces.

Au Québec, 63 000 emplois ont disparu et le taux de chômage a grimpé de 0,7 point de pourcentage, à 5,4 %, tandis qu'en Ontario, le nombre d'emplois a reculé de 146 000 et le taux de chômage a bondi de 1,2 point, à 7,3 %.

Le secteur national des services d'hébergement et de restauration a été parmi les plus durement touchés, représentant 57 % du déclin total, et les jeunes et les femmes de 25 à 54 ans ont subi les répercussions les plus importantes, a précisé Statistique Canada.

Une pancarte sur laquelle est écrit Fermé, accrochée à la vitre d'un restaurant.

Le secteur de la restauration a été sévèrement éprouvé par la fermeture des salles à manger.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les absences pour raison de maladie ou d'invalidité ont atteint un niveau record en janvier, alors qu'un salarié sur 10 a été absent de son poste. Le nombre d'employés qui ont travaillé moins de la moitié de leurs heures habituelles a augmenté de 620 000, ou des deux tiers, la plus forte augmentation depuis mars 2020.

Ces chiffres pourraient cependant être une source d'optimisme, ont estimé des économistes.

Même si la hausse du chômage a été plus forte que le consensus des prévisions, il y a des preuves que les entreprises ont essayé de garder le personnel sur leur liste de paie pendant la vague Omicron parce qu'elles s'attendaient à ce que le confinement soit de courte durée, et également en raison des difficultés à recruter du personnel au cours des phases de réouverture précédentes, a souligné l'économiste Andrew Grantham, de la Banque CIBC.

La plupart des industries ont vu leurs chiffres sur l'emploi augmenter le mois dernier, le secteur des biens ayant ajouté 23 000 emplois à lui seul.

Vers une hausse des taux d'intérêt

Royce Mendes, directeur général et chef de la stratégie macroéconomique chez Desjardins, a souligné que les cas d'infections attribuables à Omicron ayant probablement dépassé leur pic et que les mesures pandémiques les plus strictes étant levées, la recette pour un autre rebond rapide avec une vague de COVID pouvait commencer.

Ces ingrédients signifient également que les banquiers centraux sont toujours sur la bonne voie pour relever les taux d'intérêt en mars, alors qu'ils cherchent à éviter toute nouvelle inflation, a-t-il ajouté.

La Banque du Canada a maintenu son taux d'intérêt directeur inchangé à 0,25 % le mois dernier, mais a signalé qu'elle se préparait à commencer à le relever dans le but de maîtriser l'inflation pour la ramener à son objectif de 2,0 %.

Tiff Macklem en conférence de presse.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

L'inflation annuelle est passée à 4,8 % en décembre, sa cadence la plus rapide depuis septembre 1991, et le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a prévenu qu'elle pourrait rester inconfortablement élevée aux environs de 5,0 % au cours du premier semestre de 2022.

La prochaine décision de la banque centrale sur les taux d'intérêt est fixée au 2 mars.

L'histoire récente peut donner une idée de l'avenir.

La vague de pertes d'emplois en janvier 2021 a été suivie d'un rebond plus important de 272 500 en février de l'année dernière. L'économie a perdu 198 800 emplois en avril dernier – suivi d'une autre baisse en mai –, mais a rebondi avec un gain de 214 600 emplois en juin.

Le marché du travail canadien a montré une capacité impressionnante à rebondir après les vagues précédentes, l'an dernier, et certaines des conditions qui ont contribué à la reprise, comme l'appétit élevé des employeurs pour l'embauche, sont toujours là, a souligné dans un courriel Brendon Bernard, économiste principal au site d'offres d'emplois Indeed.

Le nombre total d'heures travaillées dans l'économie est retombé sous son niveau prépandémique, plongeant de 2,2 % – sa plus forte baisse depuis avril.

Le salaire horaire moyen a augmenté de 2,4 % d'une année à l'autre, a noté M. Mendes, malgré une pénurie de main-d'œuvre dans des secteurs allant des technologies de l'information au camionnage.

L'emploi a chuté chez les femmes de 25 à 54 ans, entièrement dans le travail à temps partiel, avec la perte de 43 000 emplois.

Plus de 40 % des employés travaillaient principalement à domicile en janvier, alors que cette proportion était plutôt de 25 % au cours des quelques derniers mois, a noté Statistique Canada.

Le nombre total de chômeurs a bondi de 106 000, ou 8,6 %, d'un mois à l'autre pour atteindre 1,34 million en janvier.

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