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200 millions $ pour la construction de logements abordables au Québec

Une femme retire une pancarte « logement à louer » sur un immeuble.

Les coopératives, organismes à but non lucratif, offices d’habitation et entreprises du secteur privé pourront déposer des projets (archives).

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Un nouveau programme prévoit des investissements de 200 millions de dollars pour la construction de logements abordables au Québec, a annoncé jeudi la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest. Des organismes s'inquiètent toutefois de la nouvelle approche, qui suscite des questions.

Le Programme d’habitation abordable Québec (Nouvelle fenêtre) (PHAQ) permettra d’appuyer financièrement des projets de logements locatifs abordables destinés à des ménages à revenu modeste ou faible ainsi qu’à des personnes ayant des besoins particuliers en habitation, indique-t-on par communiqué.

Il vise à démarrer les premiers travaux dès l’été 2022. Les logements construits devront être offerts à un loyer maximum fixé par la Société d’habitation du Québec (SHQ) correspondant environ au loyer médian, précise-t-on.

Afin de s’assurer de l’abordabilité de ces logements, une période de maintien pouvant aller jusqu’à 35 ans sera exigée, et les taux d’aide seront modulés en fonction de la durée de l’engagement.

Les coopératives, organismes à but non lucratif, offices d’habitation et entreprises du secteur privé pourront déposer des projets.

Il s'agit, selon la ministre Forest, d'un programme complémentaire à AccèsLogis, et non d'un remplacement de ce dernier. Le programme AccèsLogis date de 1997, c’est un programme très lourd, a-t-elle fait valoir en conférence de presse. Lever un programme avec AccèsLogis c’est quatre ans, en moyenne, puis avec le Programme d’habitation abordable Québec, ça peut prendre un an environ.

Nous devons augmenter plus rapidement l’offre de logements abordables dans toutes les régions du Québec, et avec le PHAQ, nous aurons un véhicule beaucoup plus rapide et performant en renfort, a aussi déclaré la ministre Laforest par communiqué.

Nous considérons le nouveau Programme d'habitation abordable annoncé par le gouvernement du Québec comme un pas dans la bonne direction, a déclaré Benoit Dorais, maire de l’arrondissement du Sud-Ouest et responsable de l'habitation au comité exécutif de la Ville de Montréal. Mais il reste évidemment du travail à faire.

Nous allons continuer de prendre connaissance du programme et nous restons à l’affût des annonces à venir concernant les grilles de subventions, les loyers cibles ainsi que les revenus admissibles, a ajouté M. Dorais.

Des organismes inquiets

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) s'inquiètent de la direction que semble prendre le gouvernement avec ce programme.

Ils dénoncent une volonté de privatisation, un flou sur le calcul du loyer abordable et l'absence de cibles de logements à réaliser, entre autres.

On met en concurrence le marché privé et le marché des logements sociaux, qui n’ont pas la même mission, a déploré Marion Duval, co-coordonnatrice et porte-parole du RCLALQ, en entrevue jeudi. Moi, ça m’inquiète.

Tant pour le RCLALQ que pour le FRAPRU, les cibles de loyer doivent être précisées et gagneraient à se baser sur le pourcentage du revenu des locataires.

Près de 200 000 ménages locataires, dont le revenu médian est de moins de 20 000 $ par année, consacrent plus de la moitié de leurs revenus pour se loger au Québec, indique le FRAPRU par communiqué.

De plus, le PHAQ ne prévoit aucun objectif chiffré pour la réalisation de logements sociaux et communautaires, déplore le Front d'action. Questionné à ce sujet, le ministère n'avait pas partagé d'estimation sur le nombre de logements envisagés au moment de publier ce texte.

Autre écueil, il semble que des promoteurs privés pourraient mettre fin à leurs engagements avec le gouvernement après cinq ans, sans que la subvention qui leur a été accordée doive même être remboursée au grand complet, dénonce encore le FRAPRU, une inquiétude partagée par Mme Duval du RCLALQ.

Le programme, publié mercredi dans la Gazette officielle du Québec (Nouvelle fenêtre), prévoit qu'en cas de non-respect de la convention au-delà des cinq premières années d’engagement, le demandeur devra rembourser la part non gagnée de la subvention pour le nombre d’années restant à l’engagement.

Les ménages locataires habitant les logements concernés, eux, seraient laissés en plan, selon le FRAPRU.

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