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Enlèvement du président de Cora : son frère dit qu’il a tout inventé

Nicholas Tsouflidis en entrevue à la télévision.

Nicholas Tsouflidis est président de la chaîne de restaurants Cora.

Photo : Radio-Canada

Le frère de Nicholas Tsouflidis, président de la chaîne de restaurants Cora, estime que ce dernier a simulé son enlèvement pour lui faire porter le blâme et le « discréditer » auprès de la famille. Theoharis Tsouflidis a même craint pour sa sécurité, au point d’avertir la police avant chaque rencontre avec son frère.

Depuis deux mois, un ex-franchisé des restaurants Cora, Paul Zaidan, subit un procès, accusé d’avoir participé à l’enlèvement et à la séquestration de Nicholas Tsouflidis et d’avoir tenté d’extorquer sa mère, Cora Tsouflidou, de 11 millions de dollars.

Le point de vue de Theoharis Tsouflidis n’a pas été présenté au jury, mais Radio-Canada peut le rapporter puisque les jurés sont séquestrés depuis vendredi dans le cadre des délibérations. Aucun verdict n’a encore été rendu.

Le président des restaurants Cora affirme qu'il a été enlevé devant son domicile à la pointe d’un fusil le 8 mars 2017, avant d’être ligoté et placé dans le coffre d’une voiture. Il aurait été gardé captif toute la nuit, enchaîné et menotté, avant que ses ravisseurs l’abandonnent dans un fossé de Laval, quasiment indemne, au petit matin.

Or, selon la défense de Paul Zaidan, Nicholas Tsouflidis aurait inventé cette histoire de toutes pièces pour faire porter le blâme à son frère aîné, Theoharis, et ainsi l’écarter de l’entreprise familiale. Une hypothèse partagée par le principal intéressé.

Theoharis Tsouflidis dit qu’il avait peur de son frère

Selon les notes d’un enquêteur, deux mois après l’enlèvement, Theoharis Tsouflidis doute que toute cette histoire est un scénario de son frère/famille pour le discréditer.

Il dit craindre pour sa sécurité et ne quitte pas l’appartement de sa conjointe puisqu’il s’y sent en sécurité à cause des nombreuses caméras. Il affirme ne pas avoir d’éléments spécifiques pour soutenir cette crainte, c’est un feeling, indiquent les notes policières datées du 5 mai 2017.

Devant le tribunal, le 5 août 2021, lors d’une requête hors jury préalable au procès, Theoharis Tsouflidis a témoigné qu’il était à ce point effrayé après l’enlèvement qu’il avertissait la police avant chaque rencontre avec son frère. Je ne bougeais pas sans appeler l’enquêteur en charge du dossier. Je ne parlais pas à personne, je ne voyais personne, a-t-il affirmé.

L’homme a raconté que sa famille lui avait interdit de se présenter aux bureaux de Cora. Nous avions un conflit familial. Quand l’enlèvement s’est produit [...], ils pensaient que j’étais responsable. C’était terrible. Ça a rendu la situation très, très mauvaise, a expliqué l’homme, qui avait passé 13 ans en Grèce avant de revenir au Québec en 2016 pour travailler dans l’entreprise familiale.

Il croit avoir été floué

L’enlèvement de son frère l’aurait toutefois poussé à s’écarter de l'entreprise quelques mois plus tard. J’ai vu ma mère. [...] La situation avait dégénéré dramatiquement. Je n’avais plus d’argent, alors j’ai décidé de vendre mes parts.

Theoharis Tsouflidis affirme qu'il n'a pas eu accès aux livres comptables pour évaluer le montant qui lui était dû et qu'il n'avait pas les moyens d’embaucher un avocat. Je pensais que mes parts valaient peut-être 2 millions de dollars; 2,5, 3 millions, a-t-il avancé.

La transaction se serait finalement conclue à la résidence de son frère pour 300 000 $ ou 350 000 $, lui laissant l’impression d’avoir été floué.

Avant l’enlèvement, la famille était déjà déchirée par un conflit, puisque Theoharis Tsouflidis, qui avait des problèmes de consommation, n’avait reçu que 50 000 $ en dividendes de sa mère, alors qu’il s’attendait à recevoir 200 000 $.

Theoharis Tsouflidis n’a pas été appelé à témoigner devant le jury au procès. Son fils et lui ont été soupçonnés d’avoir pris part à l’enlèvement. Toutefois, le ministère public a indiqué que les soupçons policiers à leur égard ont été dissipés trois semaines après les événements dans le contexte d'une enquête qui a duré plus d'un an, peut-on lire dans une décision préalable au procès.

Avec 36 témoins à l’appui, la Couronne a tenté de convaincre le jury que Nicholas Tsouflidis a véritablement été victime d’un enlèvement et que la preuve circonstancielle démontre l’implication de Paul Zaidan. Son cellulaire a été géolocalisé près des lieux du crime, et il aurait acheté une tablette électronique liée à la demande de rançon et du matériel qui a servi à la séquestration de l’homme d’affaires. L’accusé aurait aussi loué la voiture et la maison qui ont servi au crime.

Paul Zaidan n’a présenté aucune défense.

La peine maximale pour enlèvement ou extorsion est l’emprisonnement à perpétuité. La séquestration est passible de 10 ans de pénitencier.

Les procureures aux poursuites criminelles et pénales sont Sarah Beaudry Leclerc et Karine Dalphond. L’accusé est représenté par Hovsep Dadaghalian et Christopher Lerhe Mediati. Le procès est présidé par le juge de la Cour supérieure François Dadour.

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