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Manifestation à Ottawa : les policiers « poussés à leur limite », admet le chef Sloly

Des camions sont stationnés en bordure d'une rue du centre-ville d'Ottawa, au sixième jour de la mobilisation.

Des camions sont stationnés en bordure d'une rue du centre-ville d'Ottawa, au sixième jour de la mobilisation.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Radio-Canada

La police d’Ottawa assure tout faire pour mettre un terme aux manifestations contre les mesures sanitaires qui paralysent le centre-ville de la capitale fédérale pour une 6e journée, mais son chef, Peter Sloly, admet que la solution à la crise pourrait ne pas passer par la police.

C'est ce qu'il a affirmé, mercredi après-midi, au cours d'une mise à jour faite sur la situation aux élus municipaux d'Ottawa.

Il a fait savoir que la possibilité d'un soutien apporté par l'armée est étudiée, même si cette avenue est jugée risquée.

« Ce n'est pas une décision à prendre à la légère. Chaque option est envisagée. Aucune option ne crée une solution simple, sécuritaire [...]. Elles viennent toutes avec des risques importants », a-t-il insisté.

Le bureau de la ministre de la Défense, Anita Anand, a toutefois indiqué, mercredi soir, qu'« il n'y a pas de plan pour une implication des Forces armées canadiennes ».

Parmi les autres scénarios analysés par le Service de police d'Ottawa (SPO), le chef Sloly a mentionné celui d'une réponse politique et d'une injonction judiciaire.

Nos policiers ont été poussés à leur limite. Ils ont été blessés. Ils sont fatigués à un niveau tel que je ne pourrais arriver à le décrire, a-t-il ajouté.

Peter Sloly a, par ailleurs, indiqué que le SPO a pris connaissance de l'implication d'un contingent américain au sein de la mobilisation, tant au niveau de son financement que de son organisation.

« Cette manifestation est locale. [...] Elle touche les résidents d'Ottawa, mais elle est provinciale, nationale et de plus en plus internationale », a déclaré le chef du SPO.

La présidente de la Commission des services policiers d’Ottawa, Diane Deans, a fait savoir qu'elle avait fait des démarches pour que des forces policières d'autres juridictions viennent prêter main-forte à celles de la capitale fédérale.

Pour la conseillère Catherine McKenney, il est clair que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) doit prendre les choses en main sur la colline du Parlement. L'élue estime que cela laisserait le temps aux policiers du SPO d'améliorer la situation en périphérie, dans les quartiers du centre-ville où bien des résidents se sentent excédés.

Les résidents sont laissés à eux-mêmes. [...] Ça ne peut plus continuer. MM le maire et le chef de police, vous avez le pouvoir de le demander et je vous supplie de le faire, a lancé la conseillère.

« Laissez la GRC gérer pour que nos policiers puissent se concentrer sur ce qui se passe dans la communauté. »

— Une citation de  Catherine McKenney, conseillère municipale d'Ottawa

À ce sujet, le chef Sloly a dit qu'il était en communication avec la commissaire de la GRC, Brenda Lucki. Il a soutenu qu’il collaborait avec elle, mais aussi avec des experts pour « élaborer des options afin de mettre un terme à la manifestation en toute sécurité ».

Quant à la série de méfaits qui auraient été commis par des manifestants, le chef de police a réitéré son avertissement. Nous menons des enquêtes, nous procédons à des arrestations et nous déposons des accusations contre les personnes qui ont posé des actes criminels, a-t-il répété à plusieurs reprises, mercredi.

Trois arrestations ont déjà été faites, a-t-il rappelé, ajoutant que d'autres sont à venir. Nous ne disposons pas d'assez de temps pour énumérer la gamme d'activités illégales, dangereuses et inacceptables dont nous avons été témoins [ces derniers jours] et cela a eu un impact incommensurable sur vos vies, la vie de vos familles [ainsi que sur] nos entreprises, a-t-il lancé en faisant référence aux Ottaviens exaspérés.

Peter Sloly pose devant le logo du Service de police d'Ottawa

Le chef du Service de police d'Ottawa, Peter Sloly

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

« Peu importe combien de temps cela prendra, nous allons trouver ceux qui ont commis ces gestes. Nous allons porter des accusations contre eux. Il feront face à la possibilité d’emprisonnement. »

— Une citation de  Le chef du Service de police d’Ottawa, Peter Sloly

Par ailleurs, le chef Sloly a indiqué que des ressources policières supplémentaires allaient être déployées sur le territoire. Des patrouilles de policiers communautaires, des agents de la paix ainsi que des policiers de l’Unité de prévention du crime vont notamment circuler dans le Marché, au centre-ville, dans la Basse-ville ainsi que dans le quartier Côte-de-sable, afin de démontrer un visibilité et d’apporter la sécurité.

Vingt-cinq enquêtes policières sont en cours concernant des incidents survenus dans la foulée de la manifestation de camionneurs et d'autres opposants aux mesures sanitaires. Jusqu'à présent, les coûts du déploiement policier s'élèvent à plus de trois millions de dollars, selon ce qui a a été compilé et communiqué par le SPO.

Avec les informations d'Émilie Bergeron et de Samuel Blais Gauthier

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