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Protection des baleines noires : le Canada doit en faire plus selon Oceana

Une baleine noire de l'Atlantique Nord saute hors de l'eau dans la baie de Fundy.

Oceana Canada veut que le gouvernement fédéral mette davantage de mesures en œuvre pour sauver les baleines noires. (archives)

Photo : Nick Hawkins

Oceana Canada exhorte Ottawa à en faire davantage pour protéger les baleines noires de l'Atlantique Nord en imposant une limite de vitesse obligatoire dans le détroit de Cabot, un passage migratoire névralgique pour l’espèce menacée d’extinction.

En 2020 et 2021, Oceana Canada, une organisation consacrée à la protection des océans, a analysé la vitesse des navires qui transitent par le détroit de Cabot, entre la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve.

Sur 3031 passages, l'organisation constate que 68 % des bateaux n'ont pas respecté la limite de vitesse volontaire de 10 nœuds (18,5 km/h) mise en place par Ottawa pour protéger les baleines noires lors de leur période de migration printanière et automnale.

Le taux de non-conformité au cours des deux dernières années était bien trop élevé pour que cette mesure volontaire soit considérée comme un succès, conclut Oceana dans un rapport déposé cette semaine.

Selon Oceana Canada, la vitesse des bateaux est cruciale pour éviter l'extinction de ce mammifère dont la population est maintenant estimée à 336 individus.

Les trois cicatrices sur le dos de la baleine noire.

Plusieurs baleines noires portent des marques de collision avec des navires. Sur la photo, un jeune mâle de 9 ans nommé Wolverine en raison des trois cicatrices rappelant les griffes d'un personnage de Marvel, a été retrouvé mort en 2019 dans le golfe du Saint-Laurent (archives).

Photo : New England Aquarium

Les collisions avec les navires représentent l’une des menaces les plus importantes pour les baleines noires avec les empêtrements dans les cordages de pêche, explique la responsable de campagne d’Oceana Canada, Sayara Thurston.

Au moins 8 des 21 baleines noires mortes en eaux canadiennes depuis 2017 ont perdu la vie après avoir percuté un bateau.

« Quand les navires vont plus vite, ça augmente énormément le risque que l’animal meure s’il frappe un navire. »

— Une citation de  Sayara Thurston, responsable de campagne chez Oceana

Selon Oceana, des études ont démontré que limiter la vitesse à 10 nœuds pourrait réduire de 86 % la mortalité causée par des collisions.

C’est pourquoi Oceana demande à Transports Canada de rendre obligatoire, et non plus seulement volontaire, la limite de 10 nœuds dans le détroit de Cabot, et ce, dès le début du mois d'avril, avant que les baleines arrivent en eaux canadiennes.

Une carte montre les différentes zone où la vitesse des navires est contrôlée dans le golfe.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La zone en gris représente le secteur du détroit de Cabot où Ottawa a mis en place une zone d'essai volontaire de restriction de vitesse, alors que d'autres secteurs du golfe sont soumis à des limites obligatoires.

Photo : Gracieuseté : Transports Canada

D'autres zones du golfe sont déjà soumises à des restrictions de vitesse obligatoires.

On sait que lorsque c’est rendu obligatoire, les navires respectent les limites de vitesse, le taux de conformité est très élevé, rapporte Sayara Thurston. Donc, c’est important de le faire dans le détroit de Cabot aussi, parce que les baleines noires sont des animaux migratoires. Le détroit de Cabot est un passage très important pour eux, chaque année, c'est par là qu'ils rentrent et sortent du golfe.

Oceana demande aussi au gouvernement canadien de mettre en place un plan de gestion permanent plutôt que de présenter des mesures de conservation qui diffèrent d'année en année.

L’organisme estime qu’il y a urgence d’agir, car le que le taux de survie des baleineaux est insuffisant pour contrebalancer la mortalité de l’espèce.

En ce moment, il y a un vrai risque que l’on voie durant notre vie l’extinction de cette baleine, s’il n’y a pas de mesures très importantes mises en place, lance Mme Thurston.

Un cargo déchargé vogue sur la mer.

Oceana Canada soutient que la réduction de la vitesse des navires diminue le risque de mortalité des baleines en cas de collision (archives).

Photo : getty images/istockphoto / Alexey_Lesik

Ottawa ne fait pas de promesse

De son côté, Transports Canada rétorque que ses propres données démontrent que le taux de participation au ralentissement volontaire dans le détroit de Cabot est de 45,2 % pour 2020 et 2021, ce qui est plus élevé que la statistique de 32 % mise de l’avant par Oceana.

Plus précisément, le taux de participation en 2020 était de 37,9 % et de 52,4 % en 2021, il s’agit donc d’une amélioration de près de 15 % en un an, répond par courriel la relationniste de Transports Canada, Frédérica Dupuis. Transports Canada travaille en étroite collaboration avec ses partenaires afin de continuer à améliorer d'année en année les niveaux de participation.

Le ministère fédéral souligne également que 65 000 kilomètres carrés font déjà l'objet de limite de vitesse obligatoire dans le golfe du Saint-Laurent et qu'aucune baleine noire n'est morte dans les eaux canadiennes depuis deux ans.

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