•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le prix du lait augmente, les producteurs du Bas-Saint-Laurent sont soulagés

Des pintes de lait dans un étalage d'épicerie.

En novembre dernier, la Commission canadienne du lait a recommandé une augmentation de 8,4 % du prix du lait à la ferme (archives).

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Mercier

Depuis mardi, les consommateurs québécois paient plus cher pour leur lait. Cette hausse, ordonnée par la Commission canadienne du lait (CCL) donnera un peu de répit aux producteurs laitiers qui ont vu leurs coûts de production augmenter de façon importante au cours des derniers mois. Elle aura toutefois un impact considérable sur les petits producteurs fromagers.

Des centaines de producteurs laitiers du Bas-Saint-Laurent ont vu leur marge de profit fondre comme neige au soleil au cours des derniers mois. La hausse des coûts de transport, des engrais, de la nourriture pour le bétail et des assurances a fait grimper leurs dépenses, sans que leurs revenus, eux, aient augmenté.

Dans plus de 50 % des cas, les producteurs n'arrivaient pas avec leurs coûts de production, explique le propriétaire de la Ferme Ciboulette, à Saint-Pierre-de-Lamy, Sylvain Ouellet. Cette hausse [du prix du lait] est la bienvenue, dit-il.

Selon le Syndicat des producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent, les dépenses des producteurs ont connu des augmentations allant jusqu'à 30 % dans certains postes budgétaires. C'est vraiment une augmentation historique, indique son président, Gabriel Belzile. C'est pourquoi il était primordial, selon lui, que le prix du lait soit ajusté.

« L’augmentation qu'il y a là, c’est vraiment pour combler le manque. On ne peut pas dire qu’il y a une augmentation de salaire là-dedans. »

— Une citation de  Gabriel Belzile, président du Syndicat des producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent

Le prix du lait a augmenté de 8,4 % à la ferme, ce qui se traduit par une hausse allant entre 4 et 6 % pour le consommateur dans les marchés d'alimentation. L'importance de la hausse dépend de la quantité de matières grasses dans les produits. Plus il y en a, plus l'augmentation est importante.

Des impacts pour les producteurs de fromages québécois

Si la hausse du prix du lait a pour effet de soulager les producteurs laitiers, elle aura un tout autre impact chez les transformateurs. À la Fromagerie le Détour, à Témiscouata-sur-le-Lac, le prix des produits devra être haussé d'environ 1,50 $ du kilogramme pour compenser l'augmentation du coût de la matière première.

Gros plan sur le fromage Grey Owl.

La Fromagerie le Détour devra augmenter le prix de ses fromages pour pouvoir éponger la hausse du prix du lait (archives).

Photo : Éric Labonté, MAPAQ

Dans notre réalité à nous, petits comme on est, cette augmentation importante du lait aura une conséquence inévitable. On est sur un marché concurrentiel avec de gros joueurs, ce qui fait en sorte que ça limite notre marge de manœuvre, déplore sa copropriétaire Ginette Bégin.

« On n’a pas le choix d’augmenter nos prix pour les consommateurs. C’est pas parce que ça nous fait plaisir, il faut survivre. »

— Une citation de  Ginette Bégin, copropriétaire de la Fromagerie le Détour
Une femme devant une fromagerie.

Ginette Bégin, copropriétaire de la Fromagerie le Détour, à Témiscouata-sur-le-Lac

Photo : Radio-Canada / Fabienne Tercaefs

Elle craint cependant que cette hausse de prix joue en faveur des fromages européens, qui sont davantage disponibles dans les marchés d'alimentation depuis l'accord de libre-échange conclu en 2016 entre le Canada et l'Union européenne.

Les consommateurs québécois pourraient donc être tentés de choisir d'autres produits que ceux fabriqués au Québec pour payer moins cher, ou de tout simplement délaisser les produits laitiers.

D'après des entrevues réalisées par Fabienne Tercaefs

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !