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Sécurité des interprètes du Parlement : le syndicat porte plainte

Après deux années de travaux parlementaires en format hybride qui ont causé chocs acoustiques, maux de têtes et nausées aux interprètes du Parlement, le syndicat qui les représente réclame des solutions immédiates.

Plusieurs députés vus par webcam, chacun dans sa fenêtre, sur un écran d'ordinateur.

Après deux années de travaux parlementaires en format hybride qui ont causé chocs acoustiques, maux de têtes et nausées aux interprètes du Parlement, le syndicat qui les représente réclame des solutions immédiates (archives).

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Julie-Anne Lapointe

L’Association canadienne des employés professionnels (ACEP) a déposé mardi une plainte contre le Bureau de la traduction en vertu du Code canadien du travail. Le syndicat lui reproche de ne pas avoir mis en place des mécanismes pour protéger les interprètes des maux causés par l’interprétation à distance au Parlement.

L’ACEP affirme avoir recueilli un nombre anormalement élevé de rapports d’incidents depuis que le Parlement multiplie les séances virtuelles en raison de la pandémie.

Au cours des deux dernières années, des employés ont rapporté avoir subi de la fatigue, de l’épuisement, de la douleur aux oreilles et des acouphènes, des blessures pouvant mener dans certains cas à une perte d’audition permanente.

Les problèmes de son causés par une mauvaise connexion Internet ou l’absence de casque d’écoute et de micro ont créé plusieurs interruptions des services d’interprétation qui semblent persister malgré des avertissements lancés par le syndicat.

On se retrouve dans un contexte où les interprètes, pour assurer leur propre bien-être, doivent prendre des congés ou s'absenter et on pourrait faire face à une situation difficile si on n’a plus les interprètes nécessaires pour le bon fonctionnement du Parlement, a indiqué le président de l’ACEP, Greg Phillips, en entrevue à Radio-Canada.

Entre le 30 mars et le 27 octobre 2021 :

  • 207 rapports d’incidents ont été envoyés au Bureau de la traduction

  • 73 rapports ont signalé des « blessures invalidantes »

  • 24 interprètes ont dû prendre une journée de pause d’interprétation

  • 280 journées de maladie ont été prises par les interprètes

Source : Association canadienne des employés professionnels

Le syndicat reconnaît que certaines mesures ont été prises pour améliorer le sort des interprètes depuis le début de la pandémie. Un plus grand nombre d’élus utilisent un casque avec micro pendant les interventions virtuelles. Des techniciens effectuent également des tests pour s'assurer que l’équipement et la connexion utilisés par des témoins sont conformes aux normes.

En février 2021, la Chambre des communes a adopté à l’unanimité une motion demandant à Services publics et Approvisionnement Canada et à la Chambre des communes de réparer les problèmes sonores lors de l’utilisation de plateformes de visioconférence pour assurer la santé et la sécurité des interprètes.

Casque et microphone obligatoires pour tous les élus

Dans une lettre adressée au syndicat le mois dernier dont Radio-Canada a obtenu copie, le Bureau de la traduction précise qu’à compter du 7 février, tous les participants à une séance virtuelle devront obligatoirement utiliser un casque d’écoute et un microphone, comme le demandait l’ACEP.

Les interprètes du Bureau de la traduction n’interpréteront plus les interventions des personnes n’utilisant pas un microphone approprié , écrit la présidente-directrice générale, Lucie Séguin.

Elle prévoit aussi offrir aux interprètes un service de suivi par des professionnels en audiologie.

Le Parlement compte environ 130 interprètes. Une cinquantaine sont des employés du Bureau de la traduction et environ 75 des interprètes indépendants.

Pour le président de l’ACEP, ces solutions ne répondent pas à tous les problèmes.

Il faut aller encore plus loin, croit M. Phillips. Nous avons des discussions avec le Bureau de la traduction depuis deux ans, si les mesures étaient suffisantes, on ne déposerait pas de plainte. Mais nous avons atteint un cul-de-sac, nous ne voyons pas les résultats souhaités pour assurer la sécurité de nos membres.

Dans une déclaration par courriel, le ministère des Services publics et de l’Approvisionnement, qui chapeaute le Bureau de la traduction, écrit que ce dernier reconnaît les risques comme étant réels pour la santé et la sécurité des interprètes.

Le ministère réitère qu’un certain nombre de mesures ont été adoptées pour protéger les interprètes. La durée des quarts de travail a été réduite pour les interprètes à distance. Par ailleurs, de nouvelles consoles qui préviennent les chocs acoustiques sont maintenant utilisées.

Il assure qu’il collabore avec les syndicats et interprètes pour renforcer ses exigences techniques relatives aux séances virtuelles.

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