•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des employés de plus en plus jeunes

Mathéo range de la viande surgelé dans un congélateur.

Mathéo Déry, en première secondaire, a eu son premier emploi à temps partiel dans une boucherie.

Photo : Caroline Perron

Les étudiants qui occupent un emploi à temps partiel commencent à travailler de plus en plus jeunes. Parfois, dès l'âge de 12 ans, ils font leur entrée sur le marché du travail.

Mathéo Déry, 12 ans, raconte qu’en voyant son frère et ses soeurs aînés travailler, il a eu envie d’essayer lui aussi.

C’est quand même une expérience assez enrichissante qui procure une source de revenus. C’est sûr qu’à mon âge, je ne fais pas 32 heures par semaine, je fais de petites heures. C’est juste assez pour apprendre un nouveau domaine, indique-t-il.

Louis-Charles, en première secondaire, travaille en tant que caissier depuis deux mois dans une épicerie. Je voulais une expérience de travail, dit-il.

Louis-Charles Chauvette pose et porte son uniforme de travail de l'épicerie.

Louis-Charles Chauvette, 12 ans, travaille depuis environ deux mois.

Photo : Gracieuseté

Les deux jeunes employés affirment qu’ils aiment aller au travail et que jusqu’à présent, ils vivent une expérience positive.

C’est sûr que de travailler avec des gens, travailler avec des clients, je trouve ça vraiment le fun de socialiser, surtout en contexte de pandémie, se réjouit Mathéo Déry.

Louis-Charles et Mathéo sont loin d’être les seuls élèves à intégrer le marché du travail plus jeunes. Depuis une vingtaine d’années, la proportion d’étudiants qui travaillent a presque doublé.

Comment encadrer le travail à un jeune âge?

Le fait d’entrer sur le marché du travail tôt comporte certains avantages.

Développer un sens de l’organisation, apprendre à gérer son argent et comprendre plus rapidement les dynamiques employeur-employé sur le marché du travail sont quelques-uns des bénéfices mentionnés par Peggie Lapointe, coordonnatrice aux services au Carrefour Jeunesse emploi de Rouyn-Noranda.

Photo de Peggie Lapointe.

Peggie Lapointe, coordonnatrice des services au Carrefour jeunesse emploi de Rouyn-Noranda.

Photo : Gracieuseté

Elle souligne cependant que, malgré la pénurie de main-d’oeuvre, les employeurs doivent modérer la quantité de travail qu’ils donnent à leurs plus jeunes employés.

Il faut faire attention parce qu’un jeune de 12 ou 13 ans, il n’a pas le même niveau de maturité pour faire face à un grand lot de responsabilités. Il y en a qui sont super bons, qui réussissent bien, mais il faut être conscient qu'on est encore dans le développement au niveau de l'adolescence et c’est très important de ne pas surcharger l’étudiant, insiste Peggie Lapointe.

Avant l’âge de 14 ans, il faut une autorisation écrite des parents pour obtenir un emploi.

Marie-Claude Lacombe, coordonnatrice au développement d’Action Réussite Abitibi-Témiscamingue, rappelle que le travail ne doit pas nuire aux études ou mener au décrochage scolaire. Elle indique qu’au-delà d’une quinzaine d’heures de travail par semaine, les études peuvent être mises en péril.

L’âge est un facteur de risque, mais le nombre d'heures de travail aussi je dirais. Les inconvénients qui vont arriver, c’est qu’il va y avoir une diminution du rendement à l’école, mais au travail aussi. Il va y avoir de la fatigue et du stress qui vont s’accumuler. Les activités sociales vont diminuer, l'activité physique aussi. La clé, je dirais, c'est de viser l’équilibre, souligne Mme Lacombe.

Mathéo Déry range des tranches de bacon dans la boucherie où ils travaille.

Mathéo Déry, âgé de 12 ans, dit qu'il souhaitait travailler à temps partiel pour acquérir de l'expérience et économiser.

Photo : Caroline Perron

Pour Mathéo Déry et Louis-Charles Chauvette, la conciliation travail et études semble s’effectuer sans accroche.

Je trouve ça vraiment pas pire parce que je ne travaille pas chaque fin de semaine, chaque jour. Donc ça me laisse du temps pour moi et avec l’école ça se gère super bien, conclut Mathéo Déry.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !