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Québec abandonne l’idée de taxer les non-vaccinés

François Legault, en compagnie de Luc Boileau et de Christian Dubé, lors de la conférence de presse du 1er février 2022.

Le premier ministre du Québec, François Legault, au centre, prend la parole lors d'une conférence de presse sur la pandémie de COVID-19, le mardi 1er février 2022. M. Legault est entouré de Luc Boileau, directeur national de santé publique du Québec par intérim, à gauche, et du ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Québec n'ira finalement pas de l'avant avec l'imposition d'une contribution financière aux personnes qui refusent d'être vaccinées. Après réflexion, François Legault explique avoir pris cette décision pour préserver la paix sociale au moment où la frustration face aux mesures sanitaires s'intensifie dans la population.

L’idée, c’était de mettre en place un incitatif et le projet de loi est prêt. Mais je comprends que cette annonce-là est venue diviser les Québécois et j’ai bien entendu aussi les partis d’opposition être contre cette contribution santé, a expliqué le premier ministre du Québec lors d'un point de presse, où il a également annoncé la réouverture des salles d'exercice et des spas à compter du 14 février prochain.

Pour faire avancer le Québec dans un climat social serein, je vous annonce que le gouvernement ne va pas déposer ce projet de loi sur la contribution santé.

Une citation de François Legault, premier ministre du Québec

Conscient de l'impatience et de l'irritation qu'engendrent les restrictions sanitaires dans la population, le premier ministre a appelé les Québécois au calme, les incitant à travailler à rebâtir des ponts et à se tendre la main en cette période de crise historique.

Je fais un appel à tous, mettons un petit peu d’eau dans notre vin, essayons de se parler et essayons de rassembler les Québécois pour être capable éventuellement de tourner la page.

Une citation de François Legault, premier ministre du Québec

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Une représentation du coronavirus.

Je pense que la contribution santé aurait pu aider à être un incitatif pour certaines personnes. Ça aurait amené un débat pas nécessairement constructif à l‘Assemblée nationale. [...] Mais dans la balance aujourd’hui, je pense que c’est important de protéger la paix sociale.

Extraits de la conférence de presse de François Legault et du Dr Luc Boileau, et réactions de l'opposition à Québec.

Convoi en route pour Québec

Questionné par les journalistes sur les propos véhéments tenus par le syndicaliste Bernard « Rambo » Gauthier, l'un des organisateurs du convoi de camionneurs et de manifestants qui prévoient se rendre à Québec ce week-end pour protester contre les mesures sanitaires, François Legault a déclaré que ce mouvement n'a pas influencé l'abandon de la contribution santé.

Non, il n'y a aucun lien entre Rambo Gauthier et ce que je vous annonce aujourd'hui.

Une citation de François Legault, premier ministre du Québec

Confirmant que des mesures ont été prises par son Cabinet pour assurer la sécurité de l'Assemblée nationale en prévision de cette manifestation, le premier ministre a rappelé que les citoyens ont le droit de manifester au Québec, mais qu'il espère que le tout se déroule dans le respect.

Je pense que les Québécois s'attendent à ce que ce soit fait dans le respect, a-t-il ajouté.

La ville de Lévis met en ligne un guichet unique pour venir en aide aux entreprises en quête de main d'oeuvre.

Levée de boucliers à l'Assemblée nationale

La mise en place de cette contribution santé avait été annoncée le 11 janvier dernier par le premier ministre Legault lui-même pour faire pression sur les citoyens qui refusent la vaccination et qui sont surreprésentés parmi les malades de la COVID-19 dans les hôpitaux.

Cette contrainte financière devait être imposée aux personnes qui n’auraient pas reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19 à l’entrée en vigueur d’un projet de loi qui devait être présenté à l’Assemblée nationale dès la reprise des travaux parlementaires, cette semaine.

Dénoncée sur les bancs de l’opposition comme un projet purement punitif qui ne contribuera pas à libérer des lits dans les hôpitaux ni à soulager le personnel hospitalier, la contribution santé apparaissait de plus comme une entreprise hasardeuse sur le plan légal et éthique.

Pour l'opposition, la contribution santé n’aurait par ailleurs pas eu l’effet escompté dans la mesure où son adoption, son examen, sa mise en place et son application auraient fait en sorte que les premières factures n’auraient été envoyées aux récalcitrants que dans plusieurs semaines, voire dans plusieurs mois.

Ils sont arrivés avec ça sans avis juridique, sans avis de la santé publique, sans études à l’appui… Ils ont lancé cette idée-là, mais ils avaient certainement un sondage qui leur disait que c’était une bonne chose à faire, a déploré la cheffe de l'opposition officielle, Dominique Anglade, mardi matin.

Le gouvernement de la CAQ a niaisé les Québécois pendant un mois sur cet enjeu-là. Il improvise constamment. Il dit une chose le lundi, le contraire le mardi. Vraiment, ils nous prennent pour des valises.

Une citation de Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

Sur quoi se base François Legault quand il prend des décisions?, a demandé pour sa part le leader parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, en point de presse. Moi, je pense que le premier ministre du Québec nous doit de sérieuses explications.

Les Québécois méritent un gouvernement qui sait ce qu’il fait et qui fait ce qu’il dit. Pas un premier ministre qui gère selon ses humeurs du moment.

Une citation de Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire de Québec solidaire

Questionné sur le rôle des gouvernements dans l'émergence des mouvements de camionneurs à Ottawa et bientôt à Québec, M. Dubois a souligné que ce type de manifestations alimentées par la colère se multiplient actuellement partout dans le monde et que ce phénomène n'est pas propre au Canada ni au Québec.

Par contre, a-t-il ajouté, la question devrait être : que pouvons-nous faire ici pour ne pas alimenter ces mouvements avec des mesures comme une taxe vaccinale?

Au Parti québécois, on accuse le gouvernement de jouer au poker avec les Québécois en bluffant avec la gestion de crise.

Le premier ministre joue avec la confiance des gens, c’est inacceptable. C’est de la manipulation de l’opinion publique et il faut que ça cesse, a dénoncé le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.

C’est irrespectueux de l’intelligence des gens que d’envoyer dans l’espace public des bébelles en lesquelles on n’a jamais cru. Tout ça pour tenter de faire oublier la gestion chaotique et la confusion du temps des Fêtes.

Une citation de Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Aucune province au Canada n’a imposé jusqu’ici de contribution financière aux non-vaccinés. Dans certains pays, par contre, notamment en Italie et en Grèce, la distribution d’amendes aux personnes non vaccinées est une pratique établie et somme toute acceptée par la population.

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