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L’abattage controversé de loups reconduit pour 5 ans en C.-B.

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Le programme d'abattage des loups en Colombie-Britannique est controversé depuis sa mise en place en 2015.

Photo : Fourni par Ian McAllister

Le programme d’abattage de loups en Colombie-Britannique a été reconduit pour cinq ans, a confirmé lundi le ministère des Forêts de la province par courriel. Le groupe écologiste Pacific Wild dénonce ce choix, alors qu’une décision de la Cour suprême provinciale est attendue dans ce dossier.

La nouvelle est arrivée aux oreilles du groupe Pacific Wild jeudi. Le controversé programme d’abattage de loups en Colombie-Britannique a été reconduit malgré une large opposition de la part du public et un manque d'action pour protéger l’habitat des forêts anciennes, la cause profonde du déclin des caribous en voie de disparition, écrit Pacific Wild dans une déclaration.

La province soutient devoir réguler le nombre de loups pour protéger les caribous. Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, le ministère des Forêts précise que la reconduction sur 5 ans prend effet cet hiver 2021-2022 et que son programme de réduction de prédateurs a été approuvé en vertu de la Loi sur la faune et de la Loi sur les parcs.

Le ministère affirme que la réduction des prédateurs a eu des effets immédiats et positifs sur les populations de caribous, citant le troupeau de caribous Klinse-za (Scott/Moberly) qui est passé de 42 têtes à 101 depuis le début des mesures de réduction des loups en 2015 en conjonction avec des enclos de maternité.

Résultats d’une consultation publique

En décembre, le ministère des Forêts a publié les résultats de sa consultation auprès du public concernant son programme d’abattage de loups.

Du 15 septembre au 15 novembre, 15 196 questionnaires ont été remplis. Dans l'ensemble, 59 % des répondants se sont dits contre la réduction des prédateurs pour le rétablissement des caribous et 37 % en faveur de la réduction des prédateurs. Parmi les répondants, 86 % sont des habitants de la Colombie-Britannique.

Le ministère souhaite mettre en valeur le fait que 42 % des résidents de la province soutiennent la réduction des prédateurs de caribous. Il précise que les habitants des régions où le caribou est présent ont montré un plus grand soutien à l'application de cet outil de gestion (53 % à 82 % selon les régions), comparativement aux autres régions de la province (22 % à 47 %).

Méthodologie

Le ministère des Forêts a mené un sondage pour le compte du gouvernement de la Colombie-Britannique entre le 15 septembre 2021 et le 15 novembre 2021 auprès de 15 196 Canadiens (à partir de la plateforme en ligne engage.gov.bc.ca/caribou). Des répondants, 86 % étaient des résidents de la Colombie-Britannique. Une marge d’erreur ne peut être calculée sur un échantillon non probabiliste comme celui-ci.

Les trois principales mesures de rétablissement des caribous privilégiées par les répondants sont la protection, la restauration et la gestion de l'habitat. Mais le ministère soutient que : bien que l'opinion publique soit prise très au sérieux, la gestion de la faune en Colombie-Britannique tient compte de nombreux facteurs et est principalement fondée sur la science.

Pour Ian McAllister, conseiller en conservation chez Pacific Wild, l’intention claire [du gouvernement] est de continuer inutilement de faire des loups des boucs émissaires et de les tuer, au lieu de prendre des mesures essentielles pour protéger les forêts anciennes intactes pour les caribous en voie de disparition, tout en veillant à ce que les industries des énergies fossiles n'accèdent pas à cet habitat et ne le fragmentent pas davantage.

Selon lui, sauvegarder et restaurer l’habitat des caribous permettrait à la Colombie-Britannique de contribuer à la lutte contre les changements climatiques tout en protégeant les relations entre prédateurs et proies.

Dans l’attente d’une décision en justice

Une décision de la part de la Cour suprême de la Colombie-Britannique est attendue dans ce dossier. Dans sa poursuite contre le gouvernement, Pacific Wild dénonce un pouvoir d’abattage des loups donné de manière inappropriée aux directeurs régionaux et le fait que la majorité des abattages soient effectués par des civils, sous contrats avec le gouvernement, tirant depuis des hélicoptères.

Pacific Wild a présenté ses arguments fin 2021, mais n’a pas encore reçu de décision de la part d’un juge. Le groupe dénonce l’abattage d’environ 1500 loups depuis le début du programme en 2015.

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