•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec refrène les plans d’expansion du Collège Dawson

La directrice générale de l'établissement accuse la ministre McCann de prioriser les étudiants francophones.

Chargement de l’image

Le Collège Dawson espère un agrandissement que Québec hésite aujourd'hui à financer.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Chargement de l’image

Le gouvernement Legault confirme avoir demandé au Collège Dawson de « travailler sur des options alternatives à son projet d'agrandissement », et ce, malgré les millions promis au cégep pour des salles de classe supplémentaires.

C'est la directrice générale de l'établissement, Diane Gauvin, qui, la première, a révélé dans un message transmis à la communauté collégiale dimanche que le projet avait subi un sérieux revers à la suite d'une rencontre avec la ministre de l'Enseignement supérieur.

La ministre, Daniel McCann, a informé le collège que son projet d'infrastructure n'irait pas de l'avant, a-t-elle écrit. Le gouvernement a choisi de prioriser, selon ses dires, les étudiants "francophones". Elle a exhorté Dawson à explorer d'autres options, comme la location.

Les 100 millions de dollars évoqués par le passé pour le développement du collège devaient l'aider à agrandir son campus bondé. Car depuis des années, le plus grand cégep anglophone du Québec – qui est aussi le plus grand cégep du Québec tout court – doit composer avec une pénurie de places.

Le manque d'espace à Dawson est documenté depuis longtemps, écrit Mme Gauvin. Sur la base de ses propres normes, le Ministère a reconnu que Dawson souffrait d'un déficit d'espace de 11 200 mètres carrés, soit l'équivalent de 10 étages de bureaux typiques.

Chargement de l’image

La ministre McCann demande au Collège Dawson de revoir ses plans.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Joint lundi, le cabinet de la ministre McCann a confirmé à Radio-Canada avoir demandé à la direction du collège de travailler sur une solution de rechange, tout en spécifiant que la décision finale d'aller de l'avant ou non avec ce projet sera prise et dévoilée dans le prochain PQI [plan québécois des infrastructures], au printemps.

L'agrandissement du Collège Dawson a été ajouté au PQI en 2018. Le projet figurait aussi parmi ceux que le gouvernement souhaitait accélérer avec l'adoption du projet de loi 66 en décembre 2020. Mais depuis, le contexte a évolué, explique l'attachée de presse Valérie Chamula.

Deux facteurs, dit-elle, ont été pris en considération, soit la décision – annoncée au printemps dernier, lors de la présentation du projet de loi 96 – de plafonner les inscriptions dans les établissements anglophones jusqu'en 2029, ainsi que la très forte demande d'espace du côté des cégeps francophones.

Une expansion « nécessaire », selon le PLQ

Le projet d'agrandissement du Collège Dawson est loin de faire l'unanimité.

Des enseignants du réseau francophone sont en désaccord, notamment, tout comme le Parti québécois, qui a déposé une motion à l'Assemblée nationale en février 2021 pour demander, avec l'appui de Québec solidaire, de rediriger les fonds prévus pour l'expansion du Collège Dawson vers les cégeps français. La CAQ s'y était opposée.

La formation de François Legault demeure toutefois inquiète de voir le nombre d’étudiants sans cesse augmenter dans les cégeps anglophones. À Montréal, près de la moitié de tous les étudiants au préuniversitaire fréquentent un collège anglophone.

Chargement de l’image

Marlene Jennings réclame que Québec continue à financier l'agrandissement prévu du Collège Dawson.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La présidente du Quebec Community Groups Network (QCGN), Marlene Jennings, demande au gouvernement Legault de faire marche arrière, arguant que le projet d'expansion du Collège Dawson est essentiel pour améliorer l'environnement d'apprentissage des étudiants.

Dans un communiqué transmis lundi, le QCGN souligne que le projet a été approuvé par l'ancien gouvernement libéral et déplore qu'il soit aujourd'hui attaqué dans les médias par des commentateurs et militants francophones qui s'opposent à un tel investissement dans un établissement de langue anglaise.

« L'annulation de ce projet représente un autre exemple de l'attaque persistante et incessante du gouvernement Legault contre la vitalité de la communauté anglophone du Québec. »

— Une citation de  Marlene Jennings, présidente du Quebec Community Groups Network

David Birnbaum, porte-parole libéral en matière de relations avec les Québécois d’expression anglaise, estime pour sa part que la décision du gouvernement concernant le Collège Dawson traduit une insensibilité aux besoins des anglophones de la province.

Ce gouvernement caquiste semble aimer dépeindre les institutions qui servent fièrement les communautés anglophones comme étant fermées au reste du Québec, a-t-il déclaré. C'est vraiment de la bêtise.

Cette expansion majeure était nécessaire [et] reste nécessaire, a-t-il ajouté, qualifiant la décision du gouvernement caquiste d'injustifiée, de non fondée, et d'indigne sur Twitter.

D'autres combats à mener, souligne le MQF

À l'inverse, le président du Mouvement Québec français (MQF), Maxime Laporte, a fait savoir dans une déclaration écrite transmise à Radio-Canada que, si la nouvelle était avérée, celle-ci représenterait une victoire [méritant] d’être célébrée, car obtenue de haute lutte.

Cela étant dit, la vitalité de notre langue nationale est en proie à des périls infiniment plus graves; des périls structurels, a-t-il ajouté.

Cette décision, par exemple, ne devrait pas servir de monnaie d’échange pour se ménager le courage de renoncer à l’octroi du Royal Vic à McGill [...] ou encore pour persister dans son refus inconsidéré d’appliquer la loi 101 au cégep, selon M. Laporte.

Avec les informations de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !