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Un groupe demande un moratoire sur les carrières de gravier en Ontario

Vue aérienne d'une carrière de gravier en Ontario.

Une coalition ontarienne affirme qu'il y a déjà assez de carrières dans la province pour répondre à la demande, alors que l'industrie affirme que les besoins sont en croissance.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Radio-Canada

La Coalition pour la réforme des carrières de gravier (Reform Gravel Mining Coalition) demande un moratoire sur l'ouverture de nouvelles carrières, pour protéger plusieurs écosystèmes fragiles.

Les membres de la coalition affirment que l’industrie dispose de suffisamment de sites à l’heure actuelle pour répondre à la demande et que l’expansion met en danger plusieurs espèces.

L'extraction de gravier n'est pas une activité bénigne, a déclaré Graham Flint, coprésident de la coalition.

« Elle détruit l'environnement naturel et nuit aux communautés. Son produit est la source de matériaux pour les autoroutes et de l'étalement urbain, qui accélèrent la crise climatique que nous devons maîtriser. »

— Une citation de  Graham Flint, coprésident de la Reform Gravel Mining Coalition

Selon M. Flint, la coalition a été formée en réponse à des décennies de création chronique de carrières dans la province.

Il dit que la province a autorisé l’industrie à extraire 13 fois plus de gravier que ce qui est actuellement utilisé.

M. Flint explique que depuis des années plusieurs communautés luttent chacune de leur côté pour freiner ce genre de projet.

Certains d’entre nous ont estimé qu’il était temps de former une coalition pour sensibiliser l'ensemble de la province aux problèmes auxquels ces communautés individuelles font face, poursuit-il.

Un manque de contexte, réplique l’industrie

Sharon Armstrong, porte-parole de l’Ontario Stone, Sand and Gravel Association (OSSGA), croit que la Coalition présente un portrait incomplet de l’extraction du gravier.

C’est décourageant pour l’industrie, car les entreprises travaillent fort pour être responsables et être des intendants de la terre, déclare-t-elle.

« Les opposants partagent toutes sortes d’informations qui sont souvent conçues pour faire peur à la population et faire de la désinformation. »

— Une citation de  Sharon Armstrong, porte-parole de l’Ontario Stone, Sand and Gravel Association

Elle explique que même si la province a accordé plusieurs permis dans les dernières années, il faut plusieurs années avant que l’extraction commence.

Elle indique aussi que la demande continuera d’augmenter dans les prochaines années, notamment avec l’augmentation de la population.

Mme Armstrong affirme aussi que l’industrie des agrégats est relativement propre.

Selon elle, la principale source de pollution de l’extraction du gravier est le transport. Et donc pour cette raison, il est vraiment important d'être proche du marché […] pour limiter les émissions.

C'est ce que souligne aussi Mario Villeneuve, vice-président de Villeneuve Construction, une entreprise de Hearst qui possède plusieurs carrières.

Tu veux une source [d'agrégats] proche, pour minimiser ton empreinte carbone, affirme-t-il. À la minute que tu ajoutes 10 km de distance, tu dois ajouter 3 camions [pour le transport].

« C'est toujours notre rôle d'avoir le moins d'impact environnemental possible. »

— Une citation de  Mario Villeneuve, vice-président de Villeneuve Construction

M. Villeneuve est cependant d'accord avec la Coalition pour ce qui est des besoins actuels. Je crois que la province est bien desservie comme c'est là.

Des espèces menacées

Les propos de l'Ontario Stone, Sand and Gravel Association ne rassurent pas Rhonda Kirby, qui s’oppose à l’expansion d’une carrière près de chez elle, à l’est de Blind River, depuis près de 10 ans.

Lorsque nous avons regardé les plans du site et que nous avons réalisé l'ampleur du projet, nous avons été assez inquiets, car il va détruire un grand nombre d'habitats vulnérables, déclare Mme Kirby.

« [Nous avons] des zones humides d'importance provinciale, au moins cinq espèces en péril. Donc, il y aura des impacts environnementaux importants. »

— Une citation de  Rhonda Kirby, résidente de Blind River

Cela inclut les dommages causés à un écosystème qui abrite l'une des plus grandes populations de tortues de Blanding, une espèce en voie de disparition.

Une tortue sur le sol.

La tortue de Blanding ou tortue mouchetée est une espèce menacée.

Photo : Jeffie McNeil

Nous avons eu deux ans d'étude sur le terrain, et c'est probablement l'une des populations les plus denses d'Amérique du Nord, dit-elle.

Nous avons la recherche universitaire examinée par les pairs et publiée. Nous avons donc commencé à nous battre plus fort pour nous assurer que cette carrière ne soit pas exploitée, avec cette population unique [de tortues] dans cet habitat sensible, conclut Mme Kirby.

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