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Le réseau d’Hydro-Québec est-il suffisant pour charger tous les véhicules électriques?

Gros plan sur l'aileron avant d'une Chevrolet Bolt lors d'une recharge, un jour d'hiver.

Le réseau d’Hydro-Québec pourra-t-il résister à la demande par temps froid le jour où tous les véhicules en circulation seront électriques?

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

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De nouveaux records de consommation électrique ont été établis récemment. Dernier en date, jeudi matin, un pic de 40 510 MW a été enregistré. Les adeptes des véhicules électriques s’interrogent.

Si la demande explose actuellement par temps de grands froids, qu’en sera-t-il en 2030, quand 1,5 million de véhicules électriques seront sur les routes, conformément au souhait du gouvernement? Hydro-Québec sera-t-elle en mesure de répondre à la demande?

Oui, répond sans hésiter Jonathan Côté, porte-parole à la société d’État. On a des surplus d’énergie au Québec. On serait capables d’alimenter demain matin 1 million de véhicules électriques au Québec sans faire d’investissements majeurs sur le réseau.

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Jonathan Côté, porte-parole d'Hydro-Québec

Photo : Radio-Canada

Daniel Breton, le président-directeur général de Mobilité électrique Canada et ancien ministre de l’Environnement, n’est, lui non plus, pas inquiet.

La recharge des voitures électriques est facile à gérer parce qu’il est possible de la programmer, par exemple en dehors des périodes de pointe. Il n'y a pas d’enjeu de ce point de vue là, souligne-t-il.

En effet, il s’agit là de la recharge intelligente qui se commande à partir de l’écran tactile du tableau de bord du véhicule ou depuis un téléphone cellulaire. D’un point de vue global, Hydro-Québec encourage ses clients à contrôler leur consommation électrique, que ce soit en proposant une tarification dynamique ou avec sa filiale Hilo.

Nouvelle technologie

En déplaçant leur consommation d’électricité en dehors des périodes de pointe, les clients bénéficient de tarifs réduits et voient leur facture diminuer, rappelle Jonathan Côté.

Selon Daniel Breton, modérer nos modes de consommation est la voie à suivre. On est rendus à un point où il faut avoir une gestion intelligente de la demande en électricité pour ne pas gaspiller de l’électricité, pour ne pas gaspiller de l’argent.

Il affirme qu’il n’est pas nécessaire de construire de nouvelles infrastructures, de nouveaux barrages. Ces projets coûtent de plus en plus cher. Avant de regarder comment on peut produire plus d’électricité, voyons comment on peut consommer notre électricité de façon plus intelligente.

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Plusieurs véhicules électriques permettent de différer le temps de recharge de la batterie en le programmant d'avance.

Photo : Radio-Canada

Les propriétaires de voitures électriques disposeront bientôt d’une nouvelle technologie pour recharger leur véhicule qui pourrait se révéler fort utile en cas de pic de consommation électrique : la recharge bidirectionnelle.

Dans ce cas, les bornes servent à alimenter la batterie de la voiture; en même temps, elles permettent aussi de puiser l’électricité contenue dans cette batterie et de la rediriger vers la maison à laquelle elles sont raccordées ou dans le réseau électrique.

Faire fonctionner sa laveuse ou son grille-pain grâce à son quatre roues, ce n’est pas de la science-fiction. C'est plutôt la réalité de demain. La technologie du bidirectionnel a été mise au point, mais elle n’est pas encore déployée au grand public, indique Jonathan Côté.

Ça ne saurait tarder. Des bornes bidirectionnelles et des véhicules compatibles doivent être commercialisés au cours des prochains mois. Hydro-Québec surveille la mise en marché de cette technologie. La société d’État a déjà procédé à des essais dans ses bureaux à Blainville pour voir comment elle peut intégrer de l’électricité dans son réseau de cette façon.

Cela risque de coûter cher

Christian Gagné, professeur titulaire au Département de génie électrique et de génie informatique de l'Université Laval, formule cependant une mise en garde.

Pour avoir un effet significatif sur l'adoucissement des pointes de consommation, il faudrait une adoption massive de cette technologie. En particulier, l'installation de bornes bidirectionnelles, qui risquent de coûter plus cher que les bornes unidirectionnelles, intelligentes ou non.

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Les bornes de recharge pour véhicules électriques, comme celles commercialisées par AddÉnergie pour les particuliers, permettent plusieurs options.

Photo : Radio-Canada

L’universitaire pointe également un autre écueil.

Au Québec, cette idée d'adopter la recharge bidirectionnelle et, de façon plus générale, les technologies de réseau électrique intelligent souffre du fait que l'on a un excellent réseau électrique avec des capacités de production hors du commun. Le besoin de nouvelles technologies améliorant les performances du réseau se fait moins pressant.

Le gouvernement Legault confirme qu’il veut voir circuler 1,5 million de véhicules électriques sur les routes québécoises en 2030, soit 30 % du parc automobile.

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques indique qu’au 30 novembre dernier, il y avait 125 727 véhicules électriques légers immatriculés dans la province. Un chiffre en hausse de 38 % (91 363) depuis le 1er janvier 2021.

D'après les informations de Jean-François Blanchet

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