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Pourquoi y a-t-il plus de meurtres à Winnipeg qu’ailleurs au Canada?

Un taxi et une voiture de police entouré de ruban jaune.

Proportionellement à sa population, l y a presque trois fois plus de meurtres à Winnipeg qu'ailleurs au Canada, selon Statistique Canada. (archives)

Photo : Radio-Canada

Winnipeg est la grande ville du Canada qui enregistre le plus grand nombre d’homicides par rapport à sa population, comptant 4,93 meurtres par 100 000 résidents en 2020. La police et des experts estiment que plusieurs facteurs entrent en compte, tels que la consommation de drogues et les gangs de rue.

Dans l'ensemble des villes canadiennes, Winnipeg arrive au deuxième rang, après Thunder Bay. La moyenne canadienne est de 1,95 meurtre par 100 000 résidents.

La drogue, les armes et les gangs, selon la police

S'il y a plus de meurtres à Winnipeg, c'est en raison des trois facteurs suivants, comme le résume le porte-parole de la police de Winnipeg Jay Murray : la drogue, les armes et les gangs.

La professeure associée et chef du Département de justice pénale à l’Université de Winnipeg, Kelly Gorkoff, adhère en partie à cette affirmation.

Elle croit toutefois que les inégalités sociales expliquent ce haut taux d’homicides.

Nous avons plus de populations vulnérables qu’ailleurs. Les personnes sans emploi ou sans éducation sont plus à risque d’être impliquées dans des activités criminelles, explique-t-elle.

À Winnipeg, les problèmes de consommation de drogue sont également un problème, selon le criminologue et chef du Département de sociologie et de criminologie à l’Université du Manitoba, Frank Cormier.

Des seringues par terre.

La consommation de drogue est aussi un problème, selon Frank Cormier.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

« La consommation d’alcool, de drogue et d'autres substances est fortement corrélée à la commission de crimes violents. »

— Une citation de  Frank Cormier, criminologue et chef du Département de sociologie et de criminologie à l’Université du Manitoba

Les effets de la colonisation ont aussi une incidence sur le niveau de criminalité, selon lui.

Frank Cormier précise toutefois qu’il faut éviter de faire le lien trop rapide entre la criminalité et le fait d’être autochtone.

Ce n’est pas être pauvre ou Autochtone, en soi, qui est le danger. C’est le fait d’être un Autochtone défavorisé au Canada qui entraîne de plus grands risques d’être impliqué dans un crime, explique-t-il.

L’héritage laissé par les pensionnats autochtones, les mauvaises conditions de vie des Autochtones, le racisme [et] la marginalisation économique [de ces derniers] font qu’ils sont plus vulnérables à commettre ou à subir un homicide, selon le criminologue.

Les gangs de rue sont également moins organisés et leurs membres sont plus jeunes qu'ailleurs au pays, comme l'explique le criminologue.

Toronto, par exemple, a beaucoup de gangs de rue, mais ils sont plus organisés. Et plus ils sont organisés, plus cela maintient la paix entre les groupes. [...] À Winnipeg, les groupes ont tendance à avoir plus de querelles.

Un ruban de police au vent accroché à un poteau électrique.

Selon la professeure Kelly Gorkoff, les inégalités sociales expliquent aussi le haut taux d’homicides observé à Winnipeg.

Photo :  CBC / Travis Golby

Comment prévenir les homicides?

Depuis 2018, la police de Winnipeg a mis en place trois unités pour prévenir le trafic de drogue et d’armes à feu, ainsi que pour intervenir auprès des gangs de rue.

Ces trois unités ont eu beaucoup de succès. [...] Malheureusement, le nombre d’homicides est toujours élevé et nous continuons à travailler à le réduire, précise le porte-parole de la police Jay Murray.

L'agent de police Jay Murray regarde la caméra.

Depuis 2018, la police de Winnipeg a mis en place trois unités pour prévenir le trafic de drogue et d’armes à feu et contrer les gangs de rue, explique l'officier de police Jay Murray.

Photo : Radio-Canada / Radio Canada

L’Unité des armes à feu et des gangs peut avoir un impact [sur le taux d’homicides] si elle travaille correctement, selon Frank Cormier.

Il croit que la police devrait s’efforcer d'assurer une coexistence plus pacifique entre les groupes criminels et qu'elle doit déterminer la provenance des armes qu'elle saisit, les gangs étant souvent impliqués dans les cas de meurtres.

Les homicides impliquant des armes à feu sont en hausse. Nous devons savoir d'où elles viennent, ajoute-t-il.

Kelly Gorkoff croit quant à elle que la police n’est pas la solution pour prévenir des homicides.

Nous l’avons essayé et les taux d’homicides ne baissent pas. [...] Nous avons besoin de meilleures infrastructures pour les populations vulnérables et les fonds pourraient provenir de la police. Ils pourraient provenir de plusieurs autres endroits également.

La prévention implique de mobiliser la communauté pour agir auprès des populations vulnérables qui ont besoin de services sociaux, explique-t-elle.

Frank Cormier partage son avis sur ce dernier point.

Si nous avions tous les mêmes possibilités dans la vie, je vous garantis que le taux de criminalité diminuerait.

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