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Commission scolaire autochtone au Yukon : un vote « historique »

Des électeurs se rendent à l'école élémentaire de Takhini.

L'école élémentaire de Takhini, comme sept autres écoles du territoire, sera gérée par la commission scolaire des Premières Nations dès la prochaine rentrée scolaire.

Photo : Radio-Canada / Philippe Morin / CBC

Au Yukon, les résultats préliminaires du référendum qui voient huit écoles du territoire passer sous l’égide de la commission scolaire des Premières Nations suscitent des réactions positives dans les différentes communautés.

Le moment est historique, selon plusieurs. La directrice générale de la Direction de l’Éducation pour les Premières Nations du Yukon, Mélanie Bennett, dit se sentir reconnaissante et être très enthousiaste.

Je pense que je suis surtout reconnaissante d'avoir pu être témoin, d'un groupe d’Autochtones et de non-Autochtones se tenant côte à côte et disant, nous voulons cela, explique celle qui est à la tête de la Direction de l’éducation pour les Premières Nations du Yukon.

Melanie Bennett, en entrevue.

Melanie Bennett est à la tête de la Direction de l’Éducation pour les Premières Nations du Yukon. Elle se dit reconnaissante que la commission scolaire autochtone soit sortie vainqueure d'un référendum.

Photo : Mike Rudyk / CBC

Pour Julianna Scramstad, le moment aussi est unique. Elle a lancé une pétition pour que l’école élémentaire de Takhini, à Whitehorse, puisse être incluse dans le référendum.

Jeudi soir, sur les 190 votes valides, 141 étaient en faveur de la transition vers la commission scolaire autochtone. La résidente de la communauté qui a fait du porte à porte pour parler de l’importance du vote considère ce résultat comme une victoire.

« Je pense que la redistribution du contrôle, du pouvoir et de la direction de l'éducation est importante en soi. Il est important que les Premières Nations aient le contrôle de l'éducation des enfants. »

— Une citation de  Julianna Scramstad, résidente de Whitehorse qui a lancé une pétition pour l'école de Takhini

Allochtone, la femme confie que lorsqu’elle est sortie de l’école secondaire, elle ne savait pas qu’elle avait grandi sur les terres des Kwanlin Dün et du Conseil Ta'an Kwäch'än.

Aujourd’hui, elle espère que les enfants de l’école Takhini auront l’occasion d’apprendre davantage les vues des Premières Nations, ce qu'elle dit être une bonne chose pour leur bien-être.

Un exemple de réconciliation

Selon elle, comme pour Jean-Sébastien Blais, le président de la Commission scolaire francophone du Yukon, il s’agit d’un exemple concret de réconciliation.

C’est vraiment de mettre en pratique cette idée qu’on se réconcilie un petit peu plus les uns les autres et c’est un signe évident du respect qu’on a pour les droits [et] les traditions.

Jean-Sébastien Blais pose devant l'école Mercier.

Jean-Sébastien Blais, le président de la Commission scolaire francophone du Yukon, espère pouvoir travailler avec la commission scolaire autochtone sur des dossiers communs, dans l'avenir.

Photo : Radio-Canada / Laureen Laboret

Il croit que la nouvelle commission scolaire profitera à beaucoup de jeunes du Yukon, qu’ils soient issus des Premières Nations ou qu’ils aient le droit de fréquenter les écoles concernées.

« Ce qui se passe aujourd’hui c’est vraiment une journée historique et on est vraiment fier d’eux. »

— Une citation de  Jean-Sebastien Blais, président de la Commission scolaire francophone

Le président du conseil scolaire de Watson Lake, dont l’école (niveau élémentaire et secondaire) sera gérée par la commission scolaire autochtone, dit avoir hâte de voir comment les choses se dérouleront.

Il ne cache pas que, dans sa communauté, les personnes qui étaient contre un changement l’étaient par manque d’information du gouvernement territorial sur les conséquences d’une telle décision.

L’éducation, c’est très important et nous voulons nous assurer que tous les étudiants qui fréquentent notre école à Watson Lake reçoivent la meilleure éducation possible.

Prochaines étapes

Pour le moment, Melanie Bennett explique qu'à court terme, elle souhaite que tout le monde prenne un moment pour respirer et penser à ce que signifie ce moment.

« Puis, nous devrons mettre nos bottes pour aller sur le terrain et nous mettre au travail. »

— Une citation de  Melanie Bennett, directrice générale à la Direction de l’éducation pour les Premières Nations du Yukon

Jeanie McLean, la ministre de l’Éducation, dit que son ministère a hâte de travailler à assurer le succès de la transition des écoles qui ont voté pour faire partie du conseil scolaire autochtone.

L'étape suivante consiste à envisager la création d'un conseil scolaire par l'intermédiaire des conseillers scolaires. Un certain nombre de discussions sont en cours et nous travaillons avec le comité principal de l'éducation à ce sujet.

Jeanie McLean, la ministre de l’Éducation pose.

Jeanie McLean, ministre de l’Éducation, veut que les écoles qui vont passer sous la gestion du Conseil scolaire autochtone connaissent une bonne transition.

Photo : Radio-Canada / Laureen Laboret

La ministre ajoute qu'il y aura d'autres opportunités dans les années à venir, si d'autres écoles du territoire veulent aussi faire le saut vers la commission scolaire des Premières Nations.

Jean-Sébastien Blais souhaite que les deux commissions scolaires arrivent à travailler main dans la main.

On espère pouvoir s'asseoir avec eux, cette année, et puis engager un dialogue positif avec eux parce qu’on est deux commissions scolaires, on a peut-être des intérêts communs qu’il faudra présenter au gouvernement.

Les résultats officiels du référendum seront communiqués par Élection Yukon lundi 31 janvier.

Avec les informations de Vincent Bonnay, George Maratos et Anna Desmarais

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