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Trudeau craint le potentiel de violence des manifestations à Ottawa

Plan rapproché de Justin Trudeau en conférence de presse, sur fond de drapeaux canadiens.

Justin Trudeau

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

La Presse canadienne

Le premier ministre Justin Trudeau s'est dit préoccupé par le potentiel de violence à l'occasion des manifestations prévues en fin de semaine sur la colline du Parlement par des camionneurs et d'autres personnes se joignant à eux.

Bien sûr, je suis inquiet, a déclaré M. Trudeau dans une entrevue vendredi avec La Presse canadienne.

« Un certain nombre de personnes sont là sans vouloir inciter à la violence, mais il y aura, comme nous l'avons entendu, un petit groupe de personnes qui constituent une menace pour elles-mêmes, les unes pour les autres et pour les Canadiens. »

— Une citation de  Justin Trudeau

La police d'Ottawa a mis en garde contre le potentiel de violence des extrémistes qui ont rejoint, ou dans certains cas aidé à organiser, le convoi de camions qui a commencé à converger vers la capitale du pays vendredi.

Le prétendu convoi de la liberté a été présenté comme une protestation contre la vaccination obligatoire imposée par le gouvernement fédéral aux camionneurs transfrontaliers, même si la planification de l'événement a commencé avant que la politique ne soit établie.

Alors que les principaux organisateurs ont déclaré que la violence ne serait pas tolérée durant l'événement, des militants d'extrême droite et suprémacistes blancs s'y sont accrochés, certains appelant à des balles, à une révolution massive ou à une émeute semblable à celle des insurgés qui ont pris d'assaut le Capitole américain il y a un an.

Le problème est que cela s'est transformé en quelque chose de beaucoup plus vaste qui ne représente pas ce que vit la grande majorité des camionneurs ni même la grande majorité du point de vue des Canadiens à ce sujet, a déclaré M. Trudeau.

« Les Canadiens ne sont pas représentés par cette minorité très troublante de Canadiens, petite, mais très bruyante, qui s'en prend à la science, au gouvernement, à la société, aux ordonnances et aux conseils de santé publique. »

— Une citation de  Justin Trudeau

Une grande partie de la colère est dirigée personnellement contre M. Trudeau, et de nombreux partisans du convoi affichent des pancartes et des drapeaux arborant des jurons contre le premier ministre. Certains ont réclamé qu'il soit jugé pour trahison ou tabassé.

Cela ne m'inquiète pas que ce soit personnel. C'est en quelque sorte ce à quoi vous vous inscrivez lorsque vous vous présentez aux élections, dans une certaine mesure. Vous savez qu'il y aura beaucoup de gens qui ne seront pas d'accord avec vous et qui exprimeront ce désaccord [...] Cela vient avec le territoire, a-t-il déclaré.

Mais les menaces de violence ne devraient pas venir avec le territoire pour quiconque se présente pour servir, que ce soit en tant que politicien, en tant que représentant local ou même en tant que responsable de la santé publique ou médecin [...] Cela n'a pas sa place, a-t-il fait valoir.

Des manifestants brandissent un drapeau au passage d'un camion.

Des manifestants se sont massés dans l'axe de l'autoroute 20 au Québec pour saluer le passage des convois de camions en route pour Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Kolya H. Guilbault

De la désinformation, selon Trudeau

L'enceinte parlementaire a été effectivement fermée pour le week-end. Les députés, avertis que certaines personnes tentent d'étendre la manifestation à leurs domiciles et bureaux de circonscription, ont reçu des conseils sur la manière de rester en sécurité.

Les organisateurs ont élaboré un protocole d'entente exigeant que le Sénat nommé et la gouverneure générale usurpent effectivement l'autorité du gouvernement élu et suppriment toutes les ordonnances de vaccination et autres restrictions de santé publique – une impossibilité constitutionnelle.

M. Trudeau a déclaré que c'était typique des théories du complot qui propagent la désinformation sur la pandémie et le fonctionnement des gouvernements démocratiques.

Ils font un très bon travail pour paraître raisonnables ou avoir l'air légitimes en utilisant de faux experts ou un langage pseudo-légaliste [...] et malheureusement, ils sont juste assez intelligents pour attirer des gens qui sont par ailleurs raisonnables et qui vont se dire : ''Oh, cela semble vraiment officiel'', et ils se font piéger par une terrible désinformation.

Il a noté que les manifestants utilisaient le cri de ralliement attrayant de la liberté.

Mais M. Trudeau affirme : La liberté la plus importante est la liberté pour les Canadiens qui font les bonnes choses de pouvoir traverser et aller au-delà de cette pandémie, la liberté de voir leurs proches, la liberté de pouvoir savoir que leurs enfants sont en sécurité alors qu'ils vont à l'école, que nos entreprises vont pouvoir traverser cette pandémie.

Et la façon d'y parvenir est de faire confiance à la science, de suivre les règles de santé publique et de se faire vacciner. C'est ce à quoi défendre les droits et libertés [ressemble], a déclaré le premier ministre.

M. Trudeau a reconnu que la pandémie, qui dure depuis près de deux ans, frustrait tout le monde, mais que la plupart des gens ne descendent pas dans la rue avec un niveau de vitriol qui, franchement, ne représente pas le vaste, vaste, vaste nombre de Canadiens un peu partout qui ont démontré un sens de l'unité et d'être là les uns pour les autres, qui est remarquable et exemplaire sur la scène mondiale.

Il a souligné à plusieurs reprises que près de 90 % des Canadiens - ainsi que près de 90 % des camionneurs - ont fait ce qu'il fallait en se faisant vacciner pour se protéger et protéger leurs proches.

« Les gens doivent savoir que cette manifestation ne représente pas les camionneurs et ne représente pas les Canadiens. Elle représente un très petit groupe de Canadiens très en colère [...] qui essaient vraiment de se déchaîner. »

— Une citation de  Justin Trudeau

C'est pourquoi, a-t-il dit, le pays a besoin d'un leadership raisonnable et responsable qui se concentre sur la sécurité des Canadiens.

Il a critiqué le chef conservateur Erin O'Toole pour avoir promu comme priorité l'accommodement des non-vaccinés.

M. O'Toole, qui a l'intention de rencontrer certains des camionneurs, a appelé au calme et à une manifestation pacifique. Il a également dénoncé les personnes du convoi qui épousent des idées racistes et extrémistes. Mais il n'a pas repris certains de ses députés, y compris la cheffe adjointe Candice Bergen, son prédécesseur Andrew Scheer et le porte-parole en matière de finances Pierre Poilievre, qui ont apporté un soutien sans réserve au convoi et ont joint leurs voix pour accuser M. Trudeau d'être une menace pour la liberté des Canadiens.

Le fait que M. O'Toole recherche un avantage politique [...] n'est vraiment pas le genre de leadership responsable dont les Canadiens ont besoin, a déclaré M. Trudeau.

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