•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Route 170 à Saint-Bruno : un nouveau tracé doit être étudié, selon l’UPA

La route 170 à Saint-Bruno l'hiver.

L'UPA estime qu’un nouveau tracé doit être analysé pour le prolongement à quatre voies divisées de la route 170 à Saint-Bruno.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Patry

Radio-Canada

L'Union des producteurs agricoles (UPA) au Saguenay-Lac-Saint-Jean estime qu’un nouveau tracé moins dommageable pour les terres agricoles doit être étudié pour le prolongement à quatre voies divisées de la route 170 à Saint-Bruno.

Aux yeux du président régional de l’UPA, Mario Théberge, aucun des trois corridors analysés par le ministère des Transports (MTQ) pour compléter le lien routier entre Alma et La Baie n’est convenable.

L’organisation réfléchit de son côté présentement à un scénario de tracé plus au nord, qui passerait presque entièrement dans la forêt.

Mario Théberge estime que le tracé sud du MTQ entraînerait une perte de terres agricoles, qui se retrouveraient enclavées entre Saint-Bruno et la future route.

Comment voulez-vous que le cultivateur soit à l'aise d'aller cultiver le 200 mètres qui reste, qui est comme perdu. Traverser quatre voies avec de la machinerie agricole, c'est presque hasardeux, a-t-il déploré. Ce qui arrive, c'est que la municipalité va dire : "Le bout de terrain qui est enclavé entre la route et le village, on va te l'acheter." C'est comme ça que les municipalités agrandissent leur périmètre.

Mario Théberge mentionne que des situations similaires se sont produites lors de la construction de l'autoroute 70 à Jonquière.

C'est le tracé sud qui avait jadis fait l'objet d'un consensus au Lac-Saint-Jean. L'idée initiale était alors de rejoindre la route 170 existante vers Roberval.

Carte présentant la bonification dans le projet de réfection de la R-70 à St-Bruno vers Alma.

Le ministère des Transports étudie trois nouveaux corridors dans le projet de lien routier entre Alma et La Baie, en plus d'une simple réfection des routes 169 et 170.

Photo : Ministère des Transports du Québec

Quant au corridor central, présenté aux citoyens de Saint-Bruno par le MTQ lors d’une consultation publique en novembre, l'UPA estime qu’il affecte de façon trop importante les terres agricoles.

C'est sûr que pour le ministère des Transports, c'est ce qu'il y a de plus économique. Mais nous autres, les budgets du ministère des Transports, ça nous préoccupe pas. C'est pas nos problèmes, a-t-il lancé. On les a, nos problèmes financiers, avec nos coûts de production.

Le nouveau corridor central présenté par le MTQ à l’automne longerait le rang 5 pour aller rejoindre la route 169, au sud du tracé nord proposé. Le corridor nord, qui touche un quartier résidentiel, avait suscité l’inquiétude des citoyens, puisqu’il pourrait entraîner plusieurs expropriations.

« On va s'occuper de nos problèmes et ils géreront les leurs. Mais c'est pas vrai qu'ils vont dérouler de l'asphalte sur les plus belles terres drainées, parce que c'est ce qui est le moins coûteux. »

— Une citation de  Mario Théberge

Être consulté à chaque étape

Mario Théberge souhaite que son organisation soit consultée à chaque étape du projet. Il ne croit pas que les élus qui siègent au comité de suivi du MTQ sont bien placés pour représenter les producteurs agricoles.

Ça nous heurte sur nos convictions, que ces gens-là vont le faire de la même façon qu’on le fait. Ils ont leurs intérêts, ils ont leurs avantages, nous autres on a nos contraintes qui ne sont pas les mêmes. C’est même pas conciliable, estime-t-il.

La mairesse d’Alma, Sylvie Beaumont, le maire de Saint-Bruno, François Claveau, ainsi que le député caquiste de Lac-Saint-Jean, Éric Girard, font partie des membres du comité de suivi.

Mario Théberge devant ses champs à Normandin.

Le président de l'Union des producteurs agricoles du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mario Théberge

Photo : Radio-Canada

C’est pour ça que nous on les a avisés [le MTQ], en disant que tous les projets, le projet, à chaque fois qu’il y aura une étape, on veut être consulté. Ils ne l’ont pas dit publiquement qu’ils étaient d’accord avec ça. Mais ils n’auront pas le choix. Parce que nous autres, c’est que si on sort, ils vont nous trouver sur leur chemin, a lancé Mario Théberge.

Lors de la seconde consultation tenue en ligne mercredi, cette fois pour les citoyens qui ne demeurent pas à Saint-Bruno, des participants avaient déploré l’absence de l’UPA dans le comité de suivi du projet. Un tracé avait aussi été proposé par des citoyens.

Dany Hubert, directeur général des grands projets routiers du Nord et de l’Est du Québec au MTQ, a indiqué mercredi que les questions agricoles sont régulièrement soulevées à la table par les élus. Il avait aussi rappelé qu'une fois le tracé établi, la route ne prend qu'au maximum une largeur d'environ 90 mètres et non les quelques centaines de mètres des corridors présentés sur les tableaux.

Mario Théberge a également déploré que son organisation n’ait pas été invitée lors de la première consultation publique en novembre.

Le corridor choisi par le MTQ sera présenté lors du dépôt de l'étude d'impact environnemental l'automne prochain. Il sera ensuite possible que le dossier se transporte dans des séances du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Les travaux doivent commencer dans un horizon de cinq ans. La première section réalisée à Chicoutimi a débuté en 1981.

Avec les informations de Laurie Gobeil

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !